Le nouvel EP de Waajeed, Shango, vient de sortir. Focus sur ce qui se dessine comme une des meilleures sorties de l’artiste à ce jour.

Lorsque l’on a entendu les sonorités de Shango pour la première fois, c’était au festival Movement à Détroit, à la fin du mois de mai. On ne savait pas que c’était la prochaine sortie de Waajeed, on a juste beaucoup aimé le morceau qui passait, et dégainé notre téléphone pour immortaliser le moment, premier set du festival sous un soleil radieux. Il fut aussi surprenant que plaisant de découvrir l’EP de l’artiste il y a quelques jours, qui nous replongea dans cet agréable souvenir.

Le morceau en question s’intitule Shango, il est central dans l’EP au titre éponyme sorti le 23 juin dernier. Sur le site de son label, Dirt Tech Reck, Waajeed qualifie lui-même l’atmosphère du morceau de « millenial Blaxploitation vibe » ou en français, atmosphère de Blaxploitation (ces films des années 1970 fait par et pour des Noirs américains, bien souvent d’un degré de funkyness jamais égalé, Shaft ou Superfly en sont probablement les deux exemples les plus connus) à la mode de la génération Y. Les drums qui ponctuent le morceau sont présents dès la première seconde, graves et rythmés, puis s’effacent temporairement pour laisser place à des notes claires, aux sonorités des musiques africaines. Un morceau qui donne immédiatement l’envie de danser, de bouger son corps pour répondre aux sonorités.

Le second morceau de l’EP, « Better Late Than Never » et son clavier très funky n’est pas sans rappeler l’héritage musical de Waajeed et le clavier de Stevie Wonder dans plusieurs morceaux. Mêlé à des effets et sonorités plus downbeat le morceau est un voyage dans les influences musicales. « Winston’s Midnight Disco » enfin, qui allie le son électro de Détroit, la ville natale de Waajeed, et les drums de sa terre natale, l’Afrique.

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Avec Shango EP, Waajed puise ses influences musicales dans son parcours, et ses racines africaines, qu’il incorpore à une dance music plus classique, qu’il qualifie comme « his birthright », ses droits de naissance, imprescriptibles, d’enfant de Détroit. Waajeed a grandi à Détroit, dans le quartier de Conant Garden, connu pour avoir été le quartier d’enfance de J Dilla et un des quartiers de Détroit qui réunissait nombre de familles noires américaines de classe moyenne supérieure ayant des professions libérales. En 1991, Waajeed et ses acolytes T3, Baatin et J Dilla s’unient sous le nom de Slum Village, qui deviendra un des plus grand collectifs de hip-hop, et certainement un des plus connus de Détroit. Il s’installe plus tard à New York, avant de revenir à Détroit où il fonde Dirt Tech Records avec des premières collaborations avec Mike Banks, Theo Parris et Amp Fiddler, respectivement figure emblématique de la techno, de la house, et du funk de Détroit.

On avait déjà beaucoup aimé l’EP « Church Boy Lou » sorti en 2015 sur Dirt Tech Rech, un concentré de house aux gros accents gospel. Avec ce nouvel EP, Shango, Waajeed continue son aventure artistique en réaffirmant ses origines, à la fois de Détroit, et d’Afrique, pour un savant mélange de sonorités qui donne un disque réussi.

Pour vous procurer le vinyle, c’est sur le site de Dirt Tech Records par ici.

 

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