Le white label dans le monde du vinyle désigne un disque dont le macaron ne laisse aucune information ni sur le label ni sur l’artiste. Longtemps utilisé par des structures indépendantes ou minimes, il est l’objet de convoitise et de spéculation qui alimentent toutes sortes de légendes et autres anecdotes. Le très jeune label français Hostom s’en inspire pour se recentrer sur l’essence même de la musique. Récit. 

L’histoire a doucement agité le bouillonnant monde de la musique électronique en cette rentrée. C’était dans toutes les conversations ou du moins toutes les interrogations, nul ne pouvait prétendre connaitre la réponse ou bien même détenir une information. Une page Facebook créée le 11 août dernier, un artwork simpliste avec une tête portant un chapeau masquant des yeux avec la mention Hostom 001 et un événement intitulé White Label Party.

Le mot circule, les premiers prévenus informent les autres et toute une effervescence se crée autour d’une chose dont on ne connait encore rien, le pari fait par les fondateurs du label est osé mais fonctionne.
Pareille campagne de communication est une réelle innovation, surfant sur la vague du renouveau de la scène parisienne que l’on décrit dans de nombreux médias.

C’est la semaine suivante que les deux faces du premier vinyle font leur apparition, rien n’est laissé au hasard : la chaîne Youtube CMYK se charge d’uploader les morceaux et une date de sortie approximative est donnée.
On sait l’importance du relais des djs qui prennent sous leurs ailes certains labels ou  sorties, les faisant connaître à un public plus large. Ce fut le cas avec Raresh – membre du trio RPR – qui a joué et joue ce premier disque estampillé Hostom (voir ici).

La justesse technique des deux morceaux est remarquable, on s’interroge tout de suite sur l’identité de l’artiste, renforçant un peu plus le côté mystérieux de cette sortie. L’objectif d’Hostom semble avoir été atteint, créer une émulation autour, une sorte de sentiment supérieur qui, appuyé par l’ignorance et le questionnement, donne une valeur toute autre.

La face A rappelle certains synthés de Sevensol & Bender, le rythme est énergique – à l’image de la dernière sortie de Malin Génie sur Oscillat Music – et se calque sur un jeu de percussions efficace qui semble s’accélérer et s’intensifier. La boucle travaille le morceau tout le long et ne perd jamais en intensité.

La face B vient assoir une dimension plus rêveuse, plus lente en apparence, plus travaillée en alternant entre des phases sans basses où les deux boucles de synthés s’affirment et dirigent le morceau et des phases avec le jeu de percussions au complet et les basses.
On a ici deux titres relativement différents, jouant sur deux tableaux, l’un plus club, plus entraînant, l’autre résolument plus atmosphérique jouant sur les temps faibles.

Resident Advisor a annoncé quelques jours avant la soirée qu’un des artistes du line-up était derrière le Hostom 001, de quoi à nouveau relancer les débats. Le contrôle de l’information est géré d’une main de maître par le label : le mur de l’événement n’est pas accessible et les commentaires intelligemment modérés, aucune information n’a encore filtré à ce jour. Seuls les personnes qui étaient présentes ce soir là savent. Et c’est tant mieux.

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La page Facebook Hostom

 

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