On a récemment pu avoir la chance de rencontrer le producteur, DJ et professeur (!) Ben Vedren. L’occasion pour nous de se pencher sur la famille Concrete, sur le renouveau de la nuit parisienne.

(scroll down for english)

 

High Five Magazine : Salut Ben. J’espère que tu vas bien. Tes lives, notamment ceux pour la Concrete, ont largement contribué à te faire connaître du public parisien. Que représente pour toi cette grande famille, celle de la Concrète ? Comment en es tu venu à devenir résident pour eux ?

 

 

Ben Vedren : En effet, mon parcours « public » est assez récent, même si cela fait pas mal d’années que je travaille dans la musique.
 Cette famille de la Concrète est avant tout pour moi une aventure humaine avec cette formidable sensation de stimuler la scène musicale électronique, ainsi que le public, qui est très réceptif et demandeur. Il y a une énergie formidable et une volonté d’avancer dans le même sens tout en se laissant porter. C’est hyper grisant. Cela fait bientôt un an que je suis résident aux Concrete, tout se passe bien. Je les ai rencontré ainsi : Mon EP sur Minibar était sur le point de sortir, et Cabanne qui venait de rejoindre l’agence m’a présenté à Brice (l’organisateur des Concrètes). Tout s’est enchainé naturellement.

 

 

 

 

Concrete incarne en partie le renouveau de la nuit parisienne. Depuis un ou deux ans maintenant Paris revit. De nouvelles soirées prennent forme, le public se diversifie, se régénère. On pourrait même penser que Paris a son propre son, comme celui métallique de Berlin. Comment perçois tu ce renouveau ?

 

 

 

Ce qui se passe à Paris en ce moment est hyper excitant, il y a une vraie énergie qui profite à tout le monde, aux artistes, aux promoteurs comme au public.
 Au niveau musicale, le spectre est large. J’ai l’impression qu’il s’agit plus d’une envie, d’une énergie commune plutôt qu’un style musical particulier. 
Des nouveaux artistes de qualité émergent, les anciens sont revigorés. Pour l’instant tout cela reste assez impalpable pour moi, c’est plus du ressenti; J’attends vraiment la suite avec impatience…

 

 

 

Tu as récemment signé ton premier EP sur Minibar. Un EP intitulé « I Know You Know ». Peux-tu nous parler de ce début ? 
D’autre part, chaque musicien ou producteur a ses lubies, sa façon de produire. Comment construit tu un morceau ? Quel est ton processus magique ?

 

« I know You Know » est effectivement mon premier EP en solo. J’ai une affection toute particulière pour ce disque, car il constitue un tournant dans mon parcours musical. 
Et le fait qu’il sorte après mon remix de Carl Craig sur Planet E était très intéressant, car c’était l’occasion de pouvoir faire entrevoir une autre facette de ma musique, d’être large dès le départ. Rien de cela n’était prémédité, tout s’est déroulé encore une fois naturellement.

 

Quand à la construction d’un morceau … Je suis aussi formateur sur Ableton et comme je le dis souvent à mes stagiaires, la musique c’est comme la cuisine ! 
Si tu veux faire un bon plat, tu as besoin de choisir de bons ingrédients et de savoir comment tu vas les cuisiner.
 Pour les ingrédients, aujourd’hui on a plus que l’embarras du choix. J’ai une préférence à travailler avec du matériel hardware. Ce qui m’intéresse principalement est de m’amuser quand je crée, donc je préfère tourner des boutons plutôt que de cliquer sur une souris ! 
Mais tout cela reste des outils et je ne suis pas de ceux qui prônent le tout analogique comme la qualité ultime. Pour moi l’essentiel est de bien connaitre ses outils, et de les pousser le plus loin possible. Ca c’est la partie « blouse blanche ». 
Je pense qu’il est aussi important de faire évoluer régulièrement d’instruments, d’en essayer de nouveaux; pas uniquement pour faire évoluer l’esthétique sonore mais aussi pour se stimuler, se sortir de sa zone de confort. 
Pour le processus d’écriture, j’ai l’habitude de travailler avec le mode session d’Ableton qui me permet de pousser ma boucle le plus possible; ensuite j’enregistre live et finalise l’édition et le mix du morceau dans le mode arrangement.

 

 

 

 

Tu as joué récemment pour les Nuits Sonores, un des plus grand festivals de musique électronique en Europe, peut-être le meilleur en France puis au Weather Festival en Mai dernier à Paris. Était-ce ta première fois aux Nuits Sonores ? Comment s’est passé le Weather ?

 

 

Oui, je connais assez bien les Nuits Sonores; j’y ai participé les 2 précédentes éditions en tant que formateur Ableton dans le cadre de masterclasses technopol-scv; C’est un festival incontournable en France. J’aime particulièrement « La Bulle« , il y a une belle programmation et l’ambiance est hyper conviviale, toujours dans un lieu spectaculaire.


Quand au Festival Weather, J’ai beau faire parti de la team, je dois dire en toute objectivité que j’ai été réellement bluffé par l’événement; enfin un festival digne de ce nom à Paris! Et c’était un réel honneur de jouer entre ces 2 grands messieurs que sont Robert Hood et Kerri Chandler.
 Je pense que le festival a de belles années devant lui.

 

 

 

 

Comme tu l’as dit, tu es professeur de MAO, et notamment grand expert d’Ableton. Bien que tu aies récemment décidé de pousser ta carrière musicale en avant, peux-tu nous dire ce que t’apportes quotidiennement ce métier de professeur ?

 

 

Les formations que j’anime en partenariat avec technopol sont avant tout un lieu d’échange; entre les stagiaires et moi et aussi les stagiaires entre eux. c’est un peu un club de rencontre!
 Le côté humain est donc pour moi le principal apport; apres d’un point de vue plus personnel, quand tu expliques une technique a tes eleves; tu as besoin de la formuler de la manière la plus parlante possible, voir de trouver des images; j’ai remarqué que ce process te permet d’intégrer de manière plus profonde tes connaissances; et puis il y a bien sur les echanges d’idée qui sont hyper enrichissant aussi.

 

 

Que nous réserves tu au futur ? Quelles seront tes prochaines sorties et productions ?

 

Pas mal de projets à venir, je prefere garder la surprise

 

 

Pour clore cette discussion, j’ai pour tradition de poser une question légère. Danser toute la nuit, jouer, s’amuser donne nécessairement faim. Quel est ton plat favori pour se remettre d’aplomb le lendemain ?

 

 

 

 Une pizza !

 

 

 

Merci à toi Ben.

 

 

 

 

par Des Races.
 
Plus d’infos : 
 
 
 
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A Conversation with Ben Vedren

 

 

We recently had the chance to discuss with Ben Vedren. A great ocasion to discover the Concrete family from the inside, to converse about the reviving of Paris nightlife. Thanks Ben !

 

 

High Five Magazine : Hello Ben, how are you?

We get to know you better due to your livesets, in particularly those for Concrete. Concrete is like a big family. You became one of their main resident. How did it happen?

 

 

Ben : Well, my « public » career just began recently, but I work in the music industry for some time now. Above all, the Concrete’s family represents an adventure. It’s quite exciting how we stimulate the musical electronic scene, along with the Parisian public. The public is so receptive while the expectations are high. Concrete assembles a unique energy strengthen by the will of going further. This is heady!

I am a Concrete resident since a year now, and everything going well. I’ve met them quite simply. At that time, my EP on Minibar was just released. Cabanne introduced me to Brice (Concrete promoter and director). It happened by itself.  

 

 

 

Concrete embodies the renouveau of Paris nightlife. It’s a fact! Paris is rising from ashes. New parties are organized. The public is diversified. It’s quite nice to see that our town is well living! I tend to think that there is a unique Parisian sound, as there is one for Berlin or London. How do you apprehend this renouveau?

 

 

What is going on in Paris is so exciting, there is a true energy extended to everyone, from the artists to the promoters, and the public indeed.

Musically, the choice is quite open. I’ll define it more like a desire, a whish, a common energy instead of a particular musical style. Talented artists are emerging while the old ones are reviving. At the moment, this is quite intangible for me. It’s hard to define, as I only feel it. I can’t wait to see what it will be next. 

 

 

 

 

You’ve recently released you first EP called « I Know You Know » on Minibar. Tell us a bit more about this EP. How do you process when you’re making a track?

 

 

I Know you Know is my first EP by my own. I’ve a particular tenderness for this Ep as it’s a turning point in my career. It’s interesting to notice that my EP was just released after my remix for Carl Craig on Planet E. I had the opportunity to present a large panel of my musical choice. But it wasn’t planned. Once again, everything came naturally.

 

Concerning the construction of a track, as you know it, I’m an Ableton tutor. I often repeat to my interns that music is like cooking. If you want to make a good dish, you first select the good ingredients. Then you figure out how to cook them. Concerning my ingredients, the choice there is nowadays an abundance of choices. I prefer to work with some hardware stuff. What I like is turning pots instead of clicking on a computer. But these are only tools. I’m not one of these all-and-only analogic stuff workers. Knowing perfectly its tools is the most important. You can push them hard then. This is for the white coat part.

I also find important to live with its time. Getting to know other instruments, trying new ones is essential. It allows you to develop an aesthetic sound but not only. It stimulates you, it forces you to be creative. Concerning the writing process, i’m used to work with Ableton mode session. I can push the loop as far as i want. Then I record in live and finalise the edition and mixing in the arrangement mode.

 

 

 

You recently played at the Nuit Sonores, which is one of the most amazing electronic festival in Europe. Was it your first time there? The weekend after, you were playing between Robert Hood and Kerri Chandler at Weather Festival. Could you tell us a bit more about these two wonderful events?

 

 

I know quite well the Nuits Sonores. I’ve participated there for the two former editions as an Ableton tutor. It’s a unique festival in France. I particularly like the «  Bulle », what a lovely place. The line-up is wonderful, all combined with a friendly atmosphere and charming locations.

Well, as you know, I’m part of Concrete’s family. I have to admit that I was really astonished by the festival. And I’m being impartial right here. Finally we have a decent festival in Paris. I was honoured to play between these two big names. I think the festival was a success; It still has many years to go.

 

 

 

As you mentioned it, you’re an Ableton tutor. Tell us a bit more about it. What does it make to be that kind of teacher?

 

 

I direct formations in partnership with Technopol. These formations are above all a place of cultural exchange, between the interns and me and between themselves. We could say it’s a meeting club.

The human aspect is the main input. From a personal point of view, when I teach, I have to explain some skills to my students. I need to reformulate the process to be understood clearly. I need to use some images, some metaphors. I’ve remarked that this process is also profitable for me, as I incorporate my knowledge deeper. Exchanges are enriching too, indeed.

 

 

 

What’s next? New releases, new productions?

 

That’s a secret! You’ll discover soon enough.

 

 

At last, let’s end this conversation in a funny way. As you know it, partying, dancing, having fun could lead you to eat a horse. What’s your special meal after throwing a good party? 

 

 

 A pizza! 

 

 

 

Merci Ben. See you soon in Paris.

 

 

 

 

by Des Races.

 

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