Alton Miller est un pionnier de la house de Détroit. Après de nombreux séjours à Chicago en compagnie de Derrick May, il fonde le mythique club Music Institute avec Chez Damier et George Baker à Détroit en 1987. Rencontre avec l’artiste pour parler de cette période presque surréaliste, de son enfance bercée au Philly sound, de sa vie à Paris ou en Afrique du sud et de ses actualités.

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Bonjour Alton,

Grandir dans les années 1970 t’as permis d’être témoin de l’émergence et du développement de la “progressive dance music”, comment était-ce? Surtout ici, à Détroit.
Dans les années 1980 ici à Détroit tu as raison, c’était de le début de la “progressive dance music”, j’étais jeune, avec moins de cheveux blancs (rires), et plus de souvenirs. C’était un temps incroyable puisqu’en plus de d’expérimenter et d’écouter de la dance music à son state le plus précoce (du milieu à la fin des années 1970), j’ai pu sortir en club pour en écouter. Je qualifierai cette période de période post disco. En 1980, j’ai fait l’expérience de mon premier club, un club underground nommé L’Uomo sur East 7 Miles, juste en sortant de l’autoroute. C’était une période magique, beaucoup de musiques. Et c’était intéressant d’être là pour voir le changement et la progression, comment des artistes majeurs qui étaient plus disco, ont évolué musicalement en s’adaptant aux changements pour entrer dans cette nouvelle ère ou alors ont fini par faire autre chose. Il y avait beaucoup de choses qui venaient d’Europe également. La fin des années 1970 jusqu’au milie des années 1980 est pour moi la période la plus productive en terme de dance music.

Tu as été beaucoup influencé par les légendes de la house de Chicago que sont Frankie Knuckles ou Ron Hardy – quelle est pour toi la différence entre la house de Chicago et celle de Détroit ? As-tu déjà assisté à un set de Frankie?
Je pense que la différence principale, entre la house de Détroit, Chicago et même New York, est que nous n’avons jamais eu de vraie culture underground à Détroit, il n’y avait pas de clubs où on pouvait sortir tard, pas de clubs où l’on pouvait arriver à quatre heures du matin et repartir à deux heure de l’après-midi. Et les gays et les hétéros ne se mélangeaient pas. Et tu n’es pas sans savoir que la house music est une musique noire, gay, latino et il n’y a jamais eu ça à Détroit, jamais. La seule chose qui y ressemblait un peu c’était le club L’Uomo avec Ken Collier. Et je suis sur qu’il y avait des choses qui se passaient à Détroit dans la communauté gay dont nous ne savions même pas qu’elles existaient, contrairement à Chicago. Quand j’allais écouter Frankie pendant cette période bénie, tout le monte était là. Les membres des gangs, les Noirs, Blancs, hétéros, gays et c’était la plus grande différence.
Maintenant d’un point de vue musical et en ce qui concerne la house music, nous sommes partis de là et nous avons fait notre propre musique – et la techno est créé sur ça aussi, c’était vraiment une musique autonome, une chose sur son île. Donc quand vous dites House, c’est un sous-genre d’un sous-genre ici à Détroit. Avant la techno, il y avait la house – ou plutôt ne disons pas house, disons progressive dance music ou disco si tu veux remonter un peu plus. Donc le disco est la mère de tous ces fragments. Musicalement, la house de Détroit est plus une expérimentation basée sur le funk et des fragments de disco. La house de Chicago est plus profondément influence par le disco mais avec une touche de funk également, et le disco new-yorkais est juste une épidémie de disco.

Tu es à l’origine du Music Institute avec Chez Damier et George Baker, comment cela est arrivé ? Est-ce que tu pourrais nous décrire l’atmosphère de ce club légendaire ?
George Baker et moi étions amis depuis le lycée, nous avons même lancé une ligne de vêtements ensemble quelque part en 1987. Au même moment, nous commencions à être vraiment dans la musique et nous voyagions beaucoup, à Chicago, New York ou Toronto – on est allé au Paradise Garage, à la Twilight Zone à Toronto, on allait aux soirées privées dans le loft de Frankie Knuckles ou dans les évènements de Ron Hardy. Nous avons aussi rencontré Chez Damier en 1986, il est de Chicago mais déménageait à Détroit à cette époque. Il y avait aussi un autre gars que j’admirais beaucoup, Tony Hohner. Nous sommes allés à l’université du Michigan ensemble pendant une année, et il était tellement dans le clubbing, il connaissait tout sur Frankie et Ron, Tony a vraiment été l’introduction clé, avec Derrick [May]. On a commencé à sortir tous ensemble, à chiller et à voyager considérablement d’une ville à une autre jusqu’à ce que ça nous frappe naturellement, “ouvrons un club”. Nous avons commencé par organiser des soirées privées dans un loft à Harmonie Park [Downtown Detroit] en 1987. Nous savions déjà qu’on voulait trouver un endroit pour notre club, on avait déjà acheté le soundsystem, mais il nous a fallu quelques temps avant de trouver le bon endroit. Le premier était sur le campus de l’université Wayne State [au coeur de Détroit], c’était un building où il y avait une rampe, comme au Paradise Garage, donc on a d’abord essayé d’avoir celui-la mais on ne pouvait pas se le permettre. Quelques mois après ça, on a trouvé le building 13/15 Broadway [Downtown Detroit], ça nous a pris environ un an pour le remettre d’apoint et nous avons tout méticuleusement fait dans l’esprit de ce que nous avions vu avant, et de tous ces voyages dans d’autres clubs. Et c’était parti ! On voulait s’assurer qu’on était fidèles à ce qu’on avait expérimenté, un soundsystem béni des Dieux, un grand espace, très simple, et ouvert de minuit à ce que la dernière personne ne quitte les lieux. Derrick May et D Wayne étaient les résidents le vendredi soir, et Chez Damier et moi-même le samedi soir. Pendant la semaine, c’était notre job de créer, d’inspirer et de préparer le weekend qui arrivait, et quand je dis preparations, je parle des remix que nous faisions. Derrick viendrai dans le club essayer des morceaux sur le soundsystem car il commencait Transmat aussi à cette époque. C’était un très bon moment pour être dans la ville, le début de la techno ! L’atmopshère était incroyable, une immense ligne tout autour du bâtiment, et c’était un club de membres, il fallait avoir sa carte pour y rentrer.

Et comment devenait-on membre ?
Une fois ou deux dans l’année, tu viendrais au club signer et payer, et on te donnerait une carte de membre. C’est drôle parce que j’ai rencontré un mec l’année dernière qui se balade toujours avec sa carte de membre dans son porte monnaie, incroyable ! Notre but le plus important était de rester honnête par rapport à ce que nous expérimentions, et je pense que nous sommes arrives plutôt proche de but et de ce que nous voulions recréer, c’était phénoménal !

J’aurais voulu être assez âgée pour être témoin de tout cela…
Tu sais je dis souvent la même chose (rires), j’aurais aimé être plus jeune à l’époque, bien sur j’étais assez âgé pour y assister mais pas pour assister à la creation, quand j’allais au Paradise Garage c’était à partir de 1985, et le club a fermé en septembre 1987. Et c’était la même pour Frankie mais pas pour The Musix Box qui était une exception. 

Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur The Music Box?
Ah The Music Box… Je dis souvent aux gens, si tu as été au Musix Box ne serait qu’une fois dans ta vie, ça changera pour toujours ta manière de penser la dance music. C’était le club de Ron Hardy à Chicago, comme une version chicagoan du Loft à New-York, et oh my god, c’était incroyable ! Si le monde allait bientôt disparaitre, c’est l’endroit où tu voulais être (rires). Tout ce dont tu as besoin c’est d’une fois, une toute petite fois! Evidemment, nous y sommes retournés de nombreuses fois, et maintenant que j’y pense, j’ai été chanceux de pouvoir profiter de The Music Box à son apogée, très chanceux ! C’était vraiment l’underground, rien d’autres que les docks autour, en-dessous de la rue à cause de l’eau toute proche.

Tu as ensuite commencé à voyager et vivre dans d’autres endroits du globe. Comment était-ce? Qu’est-ce que ça t’a apporté en terme de musique?
Nous avons fermé le Music Institute en 1989, on n’y arrivait pas, justement à cause d’une culture club pas assez forte dans la ville, ces mondes ne se mélangeaient pas. Les gens de Détroit, ils n’étaient pas habitués à ça, la dance culture n’était pas assez forte, ça a marché mais ça ne s’est jamais vraiment implanté parce que les gens n’ont pas grandi dans ce genre de culture. Ils n’avaient de grands frères ou soeurs, ou d’oncles, des gens pour leur instiller et la radio était un facteur important. Nous n’avions pas un soutien important ici pour la dance ou la house music, ils ne jouaient pas la musique, et si tu ne connais pas cette musique, tu ne connais pas la culture qui va avec.

Et Mojo dans tout ça?
Mojo est à tout jamais une part importante de mon histoire musicale, de la manière dont je vois et je comprends la musique, et dans la programmation musical en tant que DJ. Il jouait de tout ! Il a présenté Détroit, si ce n’est pas le monde, à des gens comme Prince, B52, Parliament Funkadelic, à toutes les heures de la journée et tous les jours ! Je ne pense pas que quelqu’un d’autre faisait ça dans le pays, c’était juste de la bonne musique, jazz, funk, disco, progressive, de tout ! Et de transposer ça dans la dance culture, c’est précisément là où ça s’est arrêté. Nous n’avions pas de DJs importants comme Timmy Regisford sur WBLS [radio new-yorkaise], la seule fois où c’est arrivé, c’était avec Ken Collier qui avait une emission sur WJLB au début des années 1980. Mais c’était avant le début de la house et de ce que nous faisions, et ça s’est arrêté, tout est devenu underground, vraiment très underground ici à Détroit, tu n’en entendais pas parlé, tu ne savais pas que ça arrivait. C’était un des facteurs qui a directement mené à la fin, les gens ont commencé à voyager de plus en plus, Derrick était là de moins en moins, j’ai déménagé à Toronto pour une année et fait une émission de radio là bas. J’ai commencé à m’intéresser plus à la production, donc quand je suis revenu à Détroit, en 1991, 1992, j’étais déjà dans la production et ça là que ça a vraiment commencé pour moi. Chez Damier était toujours dans la ville, il travaillait à KMS [le label de Kevin Saunderson, fondé en 1987] donc j’ai commencé à produire sur KMS, ou sur ses sous-labels. Chez Damier and Ron étaient déjà lancés donc nous avons produit de plus en plus. C’est à cette période que j’ai aussi fait mon premier voyage transatlantique pour jouer en Italie avec Derrick. A cette époque je travaillais pour Transmat [le label de Derrick May, fondé en 1986] et je signais des hits en dehors du label, c’était juste après Strings of Life et Nude Photo, des hits comme Energy Flash de Joey Beltram.

Tu peux nous en dire un peu plus?
Oui, c’est une histoire incroyable, je me souviens amener le vinyle à Ken Collier, il venait d’ouvrir un club sur 7 Mile et Woodward, appelé Heaven. Un vrai club black gay, si tu entendais parler, tu en entendais parler. J’y étais souvent parce que c’était un des seuls endroits où je pouvais aller, et écouter de la house et de la dance music sur un sounsystem de qualité. Et Energy Flash, il l’a joué, joué, tellement joué qu’il a cassé le vinyle !
J’ai commencé à produire plus à cette époque mais aussi à jouer plus, j’appelle ça ma “période d’adulte”. Ensuite j’ai déménagé à Paris en 1996 et voilà ! Je suis devenu un de ces artistes de jazz, musiciens, écrivains, photographes et danseurs qui ont déménagé à Paris pour être accepté et créer inconditionnellement. J’étais vraiment dans une période de maturité, j’ai joué en Europe, enregistré de la musique, et rencontré des gens incroyables avec qui je suis toujours ami aujourd’hui. Paris tient incontestablement une grande place dans mon coeur. Et puis je suis revenu, je suis devenu un père de famille, j’ai fondé mon propre label en 1999, quelque chose comme ça. J’avais sorti mon premier album entre Paris et Amsterdam l’année d’avant. Etre en Europe vous fait vraiment voir les choses différemment, vous pouvez être objectif et sortir de ce que vous connaissait, de votre zone de confort. C’est d’une grande richesse.

Tu as vécu en Afrique du Sud un moment, comment était la vie là bas, et la scène électronique ?
C’était génial ! Je suis parti là bas pour jouer quelques dates, j’étais censé y passer un mois mais j’ai fini par y rester six mois entre 2011 et 2012. C’était le vin, les femmes, le son tu vois…et la nourriture (rires). J’aime aller dans d’autres endroits et faire l’expérience de la culture sur une longue période de temps. Aller aussi loin que l’Afrique, et c’est aussi l’endroit dont je viens tu sais, dont mes ancêtres viennent, je devais y rester un moment. J’entendais parler de gens qui allaient en Afrique du Sud dès le milieu des années 2000 et qui me raconter comment la scène house là bas était plus importante que la scène hip-hop, ce que je pensais impossible mais c’est vrai ! Enfin maintenant, je pense que le hip-hop gagne plus d’audience et commence à rattraper la house. La dernière fois que j’étais là, après avoir fait mon set, un DJ hip-hop a commencé à jouer mais pas dans l’esprit KRS1, EPMD, Gang Starr ou Run DMC, je parle plutôt – et je vais rester politiquement correct (rires) – à ce que les gens appellent hip-hop de nos jours et je m’arrêterais là. Mais la scène musicale en Afrique du Sud est énorme, ça alimente toute une culture, tu peux entendre de la house dans le taxi, dans une épicerie, à la télévision ou la radio, c’est incroyable ! Mais tu n’es pas sans savoir que le pays n’est pas si loin de l’apartheid passée, il y a des endroits extrêmement pauvres, sans éléctricité et ressources. Quand je conduit à travers la ville, je me demande comment ces gens peuvent encore vivre comme ça. Mais ce pays est aussi magnifique, l’Afrique est magnifique. Une fois que vous sotrez de la ville et que vous commencez à conduire dans les différentes provinces c’est incroyable ! Et c’est l’Afrique, la mère patrie ! A cet instant, c’est probablement un des rares endroits où la musique conduit tout le reste. Mais ça ne conduit bien sur pas les gens là pour les diamants, ça c’est certain.

Qu’est ce que tes parents écoutaient quand tu grandissais, quelles sont tes influences musicales familiales?

Ma mère et ma tante – un autre de mes héros – avaient l’habitude d’organiser ces soirées dans les années 1970 dans la maison de ma tante. Elle préparait tout la semaine d’avant, ses sets pour qu’elle n’ai pas à jouer chaque disque. Ses soirées étaient phénoménales ! Le samedi soir toute la rue, depuis East Jefferson Avenue jusqu’à la rivière, était remplie de voitures. Elle cuisinait aussi, et ils allaient à Chicago acheter de l’alcool parce que ce n’était pas taxé. Elle jouait du RNB et du disco, enfin le disco et le RNB ne faisaient qu’un à l’époque, et tout ce qui venait de Philly étaient des hits énormes comme Harold Melvin and The Blue Notes, The O’Jays, etc. J’ai grandi en écoutant le Philly sound. Je me levais le matin pour aller à l’école, il n’y avait que la radio AM, pas de stéréo et la première chose que j’entendais c’était The Love I Lost de Harold Melvin and The Blue Notes, c’est incontestablement disco mais aussi RNB, tu vois ce que je veux dire. Ma tante préparait ses cassettes, et le samedi soir j’étais allongé sur mon lit, et elle vivait dans la maison d’à côté de la notre donc j’entendais la musique, les basses, du Philly sound pendant trois heures. Et le lendemain, j’allais dans sa maison et observais toutes les réminescences d’une grande, grande house party (rires).
A la fin de sa vie, elle m’a donné beaucoup de vinyles, des 12inches. Je me souviens très bien, elle m’avait donné Miss You des Rolling Stones notamment. Avant même que je ne sorte en club, le samedi soir la maison se tranformait en dancing house, on jouait de la musique et tout le monde dansait. Il y avait beaucoup de James Brown, de Philly sound, elle aimait vraiment la musique. Comme je l’ai dit c’est vraiment une de mes héros, et une vrai DJ et promotrice (rires). A mes yeux j’ai grandi dans la meilleure époque musicale parce que tu pouvais danser sur tout, tout était funk, le rock était funky, le jazz était funky, il y avait toujours un backbeat. Même si c’était à 108bpm, c’était toujours… comme Do You Want to Get Funky With Me de Peter Brown, c’est probablement un des morceaux les plus lents, et pourtant il y a ce beat, ce beat constant. C’était une très bonne période musicale pour moi ! Demande à un quelqu’un de soixant dix ans et il te dira que Motown était la meilleure période, mais les années 1970 étaient vraiment incroyables. Peut-être que c’est parce que ça a joué un rôle essentiel dans ce que je fais aujourd’hui, mais c’était génial. Et n’oublions pas la salsa, ce n’était pas ma culture donc c’est venu après mais j’écoute beaucoup de salsa. C’est la percussion, je suis à fond sur les percussions et les tambours donc tout ce qui a avoir avec ça, l’afrobeat, Fela Kuti, Fania All Stars, d’Hector Lavoe au magnifique percussioniste de Parliament Funkadelic, Idris Muhammad, tous ces grands musiciens. Tu sais qu’ils ont fait un “percussion day” au musée afro-américain Charles Wright ? Et je l’ai raté !

Tu sembles proche de Derrick May, comment vous êtes vous rencontrés et comment qualifierais-tu sa musique ?
J’ai rencontré Derrick pendant ma seconde au lycée donc en 1982-83. Je crois qu’il avait déjà terminé le lycée, je l’ai rencontré dans une arcade de jeux vidéos à vrai dire, il travaillait, vendait des tokens (rires), je me demande s’il se rappelle de ça ! Mais on s’est vraiment rapproché pendant l’été 1984, c’était notre Summer of Love (rires), puisque c’est à ce moment là que tout a pris forme, que l’on a rencontré des gens qui nous amenaient dans cette direction, George et moi. On a commencé à trainer beaucoup avec Derrick, avec Eddie Folwkes aussi. On était vraiment dans la mode, on avait acheté quelques machines, commençaient notre propre ligne et être dans ce milieu, c’est ce qui nous a ouvert d’autres portes, vers des gens qui organisaient des soirées à Détroit et qui étaient beaucoup plus progressifs, plus visionnaires. Derrick allaient à Chicago avant que nous y allions car il avait de la famille là bas, moi-même j’y suis né mais j’ai grandi à Détroit. On a commencé à aller très souvent à Chicago, essentiellement pour voir Ron Hardy. A ce moment, nous avions la même mission, nous nous étions déjà définitivement séparés de ce qui existait à Détroit en terme de mainstream. On savait qu’il y avait autre chose, on savait qu’une autre culture existait dans d’autres villes et on voulait en faire partie. Donc nous avons fondé le Music Institute et Derrick a été un élément clé dans cette histoire, son énergie et là d’où il vient, en termes de DJing, il le fait dans l’esprit de Ron Hardy, c’est certain. En plus de ce qu’il a traversé en grandissant, car je pense que c’est ce que l’art est, une représentation de ce que tu traverses, de ce que tu expérimentes, de ton histoire, de ton ADN. Il faisait aussi de la musique avec Juan [Atkins] et on a fait quelques séjours chez lui à Ypsilanti et on allait dans son studio pour des sessions et je sais que Juan a été une grande influence pour Derrick. Mais là encore, tu apprends de tes mentors puis tu aposes ta pate et ça devient tienne. Donc peu importe ce qui se passe dans son esprit musicalement, c’est comme ça (rires). C’est pour ça que je dis laisse la musique parler pour toi, raconte ton histoire à travers la musique. Quand on trainait ensemble et qu’on commencait à peine, je me rappelled conduire à travers Détroit avec Derrick et George, et on écouterait un mix de Derrick pendant deux heures en conduisant. On était avant Strings of Life, avant Nude Photo, c’était vraiment le tout début, juste une 808, peut-être un clavier, et un séquenceur et c’était tout. Le minimalisme dans toute sa fome (rires). On a perdu tellement de choses en chemin, je suis sure que si Derrick avait gardé tout ça, depuis le tout début, ce serait juste… waouh (rires)! Strings of Live est une œuvre d’art mais j’ai écouté des morceaux encore meilleures, vraiment incroyables !

Pour finir quelles sont tes actualités en ce moment ?
Kai Alce a organisé une Music Institute Night en mai dernier pendant la semaine du Movement à Détroit. C’était la première fois que nous rejouions ensemble avec Chez Damier depuis l’époque du club, c’était une nuit particulière et une atmosphère incroyable. On a sorti un EP sur NDATL Records un peu après la soirée. J’ai partagé les platines avec Theo Parrish, Joe Claussell et d’autres encore durant l’été et je continue à jouer un peu partout. J’ai sorti un EP au début du mois d’août nommé More Positive Things sur le tout nouveau Adeen Records et je viens d’en sortir un second il y a quelques jours, The Vault, sur le très bon label du DJ italien Volcov, Neroli. Un album est en chemin, à paraître début 2017 sur Sound Signature.

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Amp.

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