Un Mot Une Image fait sa rétrospective estivale chez les plus grands, avec une sélection de clichés d’un des photographes français les plus illustres, Jacques Henri Lartigue.

Qui pourrait ainsi se vanter de faire sa première exposition au MoMa de New York, d’être le sujet exclusif quelques mois plus tard d’un portfolio du célèbre magasine Life, ou même d’avoir réalisé le portrait officiel d’un Président de la République ?

Avec la – modeste – étiquette de photographe du XXè siècle, le français a saisi durant tout un siècle (1894 – 1986) la société française, des sorties mondaines de la Belle Epoque qu’il côtoie lors de courses automobiles et autres promenades endimanchées aux premières vacances du Front Populaire qu’il photographie depuis la Riviera, à Saint Tropez ou Cannes. Photographe par passion, il n’a jamais ambitionné exposer ses chefs d’œuvres avant la rencontre avec le conservateur du MoMa, qui en fera la star que l’on connait aujourd’hui.

En toute modestie, j’ai associé ses clichés à ses dires, tirés de ses mémoires.

 
“Zissou in his tire boat”, Chateau du Rouzat, 1911

 Zissou dans sa bouée gonflable, Chateau du Rouzat, 1911.

« C’est la joie de vivre et le surréalisme. »

Zissou et Medeleine Thibault dans le bob 1911

Zissou et Medeleine Thibault dans le bob, 1911

« Faire un sport rapide, c’est vivre dans la fantastique contrée des atomes de secondes. »

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M. Folletête avec son chien Tupy, 1912.

« Je ne suis pas photographe écrivain peintre, je suis empailleur des choses que la vie m’offre en passant. »

 Bibi et Denise Grey à bord du Dahu II. Juillet 1926

Bibi et Denise Grey à bord du Dahu II. Juillet 1926

« Je sais que beaucoup, beaucoup de choses me demanderont de les photographier. »

Jacques Henri Lartigue

Gérard Willemetz et Dani Royan 1926

« Ce n’est pas l’appareil qui prend la photo. Ce sont les yeux, le cœur, le ventre, tout ça …  »

Jacques-Henri Lartigue, Sala au rocher de la vierge, Biarritz, 1927

Sala au rocher de la vierge, Biarritz, 1927

« La photographie est magique. »

Vera, Villepion, Arlette et Bibi. Cannes, mai 1927

Vera, Villepion, Arlette et Bibi, Cannes, mai 1927.

« Je ne m’occupe pas d’eux ; je suis en train de préparer mon cinéma et mon appareil de photo. Tout le monde s’affaire, parle, rit. Simone est là, et mon amour pour elle est là aussi ; je le sais – et non seulement cela, mais que, même, il enveloppe tout. Seulement, je fais comme s’il n’y était pas et je feins de ne pas m’en occuper. C’est un peu comme de la lumière ou du parfum : c’est là, ça reste là, mais on n’a besoin de rien faire pour que ça y soit. »

zissou la baule, 1929

Zissou, La Baule, 1929.

« Je vais pouvoir tout photographier. Tout, tout. Maintenant, je n’aurai peut-être plus de chagrin de rentrer à Paris, puisque j’emporterai tous les portraits de ma campagne. »

Chou Valton. Playa de La Garoupe, Antibes 1932

Chou Valton. Playa de La Garoupe, Antibes 1932

« Cela ne se termine pas en queue de poisson . Cela se termine comme le bout d’une falaise. Est-ce que j’aurai le vertige au bout de la falaise ? »

Tournage du film Les Aventures du Roi Pausole Cab d'Antibes, 1932

Tournage du film Les Aventures du Roi Pausole, Cab d’Antibes, 1932.

« La joie et  la gaieté féminines sont un soutien pour moi, et les chauds  rayons d’un sourire de femme sont aussi beaux que la  lumière du soleil du midi… ou que le silence. »

Hendaye, 1934

Hendaye, 1934

« Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie : toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment »

Jeanine et Lhemann. Royan, 1966.

Jeanine et Lhemann. Royan, 1966.

« La plage, c’est l’endroit le plus immense de la terre. On peut y courir sans limite et personne ne vous crie de faire attention. Rien n’empêche plus mes yeux de voler, de voguer sans fin. »

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« Mon égoïsme m’effare. Il y a en moi un spectateur qui regarde sans se soucier d’aucune contingence, sans savoir si ce qui se passe est sérieux, triste, important, drôle ou non. Une espèce d’habitant d’étoile venu sur terre uniquement pour jouir du spectacle. Un spectateur pour qui tout est marionnette, même – et surtout – moi ! »

 

 

Post Scriptum.

Pour finir en anecdote synesthésique, Lartigue a été central dans l’œuvre de Wes Anderson. On retrouve son frère Zissou dans le personnage principal de The Life Aquatic joué par Bill Murray Steve Zissou, ou certains de ses clichés dans Rushmore, en toile de fond de salles de classes. Quand les grands rencontrent les grands …

 

Crédits photo – Ministère de la Culture-France/AAJHL

 
Amaury.

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