En ce mois de février, High Five vous propose une petite visite du Trouw, le fameux club de la capitale hollandaise, réputé parmi les meilleurs au monde et qui fermera malheureusement ses portes à la fin de l’année. On ne saurait que trop vous recommander d’aller y faire un tour avant la fin tragique car le Trouw réunit tellement d’avantages qu’il va être difficile de tous vous les citer…

Trouw

Fondé en 2009 par Olaf Boswijk, directeur artistique et DJ à ses heures perdues (https://soundcloud.com/trouwamsterdam/olaf-boswijk-job-jobse-trouw-op-zondag), le club se trouve dans une ancienne imprimerie à l’architecture typiquement industrielle et s’il fallait dégager un esprit général, ce serait celui d’une atmosphère unique soutenue par un idéal artistique s’étendant bien au delà de la musique. Car le lieu n’est pas un simple endroit de nuit mais bien plus un centre culturel où se côtoient un restaurant (petits prix et ambiance cool au menu), un club, un lieu d’exposition et d’autres espaces (dont une buvette qui propose aux clubbers des fruits et des esquimaux à partir de 2h du matin) en plus d’une fondation artistique faisant de l’endroit un tout dans lequel vous aurez envie de passer du temps, beaucoup de temps…

La démarche artistique est un des principal atout du lieu et la fondation met en place des expositions en collaboration avec différents acteurs artistiques de la ville comme le Stedelijk Museum, fameux musée d’art contemporain réouvert en 2012. Celui-ci avait été fermé en 2004 pour des normes de sécurité puis délocalisé, le temps des travaux dans une ancienne tour industrielle qui abritait aussi au 11ème étage un certain Club 11, connu pour être en réalité l’ancêtre du Trouw lancé par la même équipe. Alors forcément, lorsqu’on sait que tout ça a commencé par une cohabitation avec une des plus grandes collections d’art contemporain du monde, on comprend que la suite ne peut être qu’un délice pour toute personne avide d’expérience pluriartistique. Mais le Trouw c’est aussi une manière d’amener l’art à être vu par un public différent de celui des musées comme l’explique lui-même Olaf, une manière d’inciter le clubber, dans sa routine nocturne, à profiter d’une expérience artistique normalement réservé aux espaces d’exposition plus classiques. Rien que la piste en elle même ravira les yeux des esthètes, ce grand espace aéré fait de béton et de verre où flottent des néons de couleurs s’accordant parfaitement avec le lieu pour une déco des plus simples et minimalistes.

Club 11

L’entrée du Club 11

Côté musique maintenant, même si le Trouw ne fait pas que ça, on peut vous dire que le son reste leur motivation première et ça se voit. Le soundsystem tout d’abord, assez hallucinant, tient au Funktion One mais surtout au fait que l’usine était déjà insonorisée lorsque l’activité d’impression fonctionnait encore (pour parer aux nuisances du voisinage). On s’attend naturellement à un son plutôt « froid » pour un lieu en béton avec une très grande hauteur sous plafond mais il n’en est rien et on est (très) agréablement surpris par un son bien plus chaud et de très bonne qualité. La programmation artistique  est quant à elle un florilège de ce qui se fait de mieux aujourd’hui, le club mettant un point d’honneur à chérir la scène locale (Tom Trago, San Proper ou les excellents résidents tel que Patrice Baumel) tout en pratiquant un choix artistique éclectique mais toujours de qualité (Omar S, DVS1, Prosumer, James Holden, Soul Clap pour ne citer qu’eux mais la liste est longue…). Les sets ont des longueurs que nous qualifierons d’incroyables en comparaison des nuits parisiennes (mais qui devraient être la norme partout) comme ce dimanche de janvier où Patrice Baumel nous catapulte en orbite pendant quatre bonnes heures avant de laisser la place à James Holden, génie musical qu’on ne présente plus et créateur de l’excellent label Border Community, qui reprend les commandes pour un set de plus de cinq heures et un voyage dont on est pas encore complètement revenu…

Tom Trouw

Tom Trago’s birthday

Olaf Boswijk tient à entretenir avec les DJs une relation plus profonde que le simple booking et les invite souvent à diner avec l’équipe au Trouw (on y installe alors une table gigantesque pour une diner auquel on aimerait tous participer), à les suivre et à nouer des liens qui se ressentent dans l’attitude des DJs à l’égard du Trouw, dans leur manière de jouer lorsqu’ils sont dans cet endroit et irrémédiablement dans l’ambiance générale qui est parmi les meilleures qu’on a pu voir à ce jour. Du staff aux vigiles en passant par les barmens, les gens sont adorables ce qui contribue à renforcer le très grosse vibe de love qu’on ressent dans et pour cet endroit… Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, le Trouw ne déroge pas à la règle mais pour une raison qui pansera notre peine, celle d’aller se réinventer ailleurs. L’endroit doit fermer depuis 2011 et ne cesse de repousser la date fatidique mais pas trop quand même comme l’explique si bien Olaf Boswijk : « nous croyons en cette nature éphémère qui nous pousse à réaliser nos rêves maintenant plutôt que demain et qui créé aussi cette énergie particulière avec le public ». Et ce n’est pas nous qui dirons le contraire ! Alors vous êtes prévenus, il vous reste 10 mois !

PS : pour parfaire ce petit séjour hollandais, on vous conseille vivement d’aller jeter un oeil sur le nouveau Stedeljik Museum, merveille d’alliance architecturale classique et contemporaine qui abrite une des plus grandes collections d’art moderne et contemporain du monde et, évidemment, de profiter de Rush Hour, la boutique de vinyles du label éponyme qui réunit de très belles pépites sonores

Trouw Amsterdam : Wibautstraat 127-131, 1091 GL Amsterdam ; prix 20 euros l’entrée (mais avant minuit cela varie entre 8 et 10 euros – pas de prévente pour la dernière année)

La page Facebook du Trouw ici

Rush Hour Records : Spuistraat 98, 1012 TZ Amsterdam (la page Facebook ici)

Stedeljik Museum : Museumplein 10, 1071 DJ Amsterdam (les expositions en cours et collections ici)

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Alia.

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