A quelques jours de sa première date à Paris aux côtés de Christopher Rau et Jacques Bon, on réécoute le dernier EP d’Henning Severud, plus connu sous son patronyme Telephones. Avec l’intéressé, j’ai essayé de décrire ces quatre tracks qui donnent le sourire et surtout une incroyable envie de danser.

Telephones est norvégien. C’est donc naturellement qu’il signe en 2010 sa première sortie sur Full Pupp, le label house de Prins Thomas – ce dernier faisant d’ailleurs un remix aux petits oignons de la face A1 du « Kanal/Turkis EP ». Soignant ses productions, le second maxi d’Henning Severud sort trois ans plus tard sur Sex Tags UFO, le label de son compatriote Dj Fett Burger. C’est avec ce dernier qu’il compose « Rytmenarkotisk », track au nom imprononçable mais aux sonorités disco-house bien agréables. C’est par ailleurs de cet EP que découle la rencontre avec Gerd Janson, et la future collaboration sur Running Back. « Sex Tags UFO had just released the “Rytmenarkotisk collaborative 12” I did with my friend DJ Fett Burger, and I knew Gerd liked that record. I had some more tracks in the pipeline I wasn’t sure where to put so Fett Burger, who’s a good friend of Gerd, suggested I send them there. And I did. ».

Arrive 2014 et la troisième production d’Henning Severud sur le label berlinois Love On The Rocks. Entre temps, le Norvégien a migré vers le sud et s’est installé dans la capitale allemande, où il commence sérieusement à sillonner les clubs. Il travaille sur ce dernier label avec des ténors de la disco house comme Massimiliano Pagliara ou le duo Discodromo. L’année se poursuit, et comme Henning l’explique, notre ami Gerd Janson est à l’affut des tracks en cours. Le temps est arrivé pour la première sortie de Telephones sur le beau label de M. Janson, et si le cheminement est intéressant, l’aboutissement est digne d’une fin de conte : belle et magique.

Juno Records parle de « The Ocean Called EP » comme de « la meilleure sortie de loin sans aucun doute » de Telephones. Et l’artiste d’acquiescer : « – I’m happy to hear that, because I pretty much agree, haha! It’s definatly the most elaborated and worked-on release I’ve done so far, so I’m really glad to see it doing so well ». Henning n’a pas tort de parler d’élaboration tant la technique de ces quatre tracks est poussée. Il nous livre une house percutante sans faire mal, des rythmiques bien placées sans surjouer, un tempo parfait sans temps mort.

Comme beaucoup, Telephones essaie, s’amuse, et laisse ses sens prendre le dessus. « I don’t follow a fixed process, it changes from time to time, idea to idea. Sometimes I’ll have a melodic idea, or a rhythmical pattern to start off with, and just jam and play around with that and record and re-record stuff in the process. Layering things, trial and error, unintended accidents or well planned things ». On a beau citer de belles créations à chaud, le travail reste un facteur essentiel de la réussite. « Some of the tracks were started over two years ago, then worked with on-and-off in periods, and some are newer. So it’s been marinating for quite some time ». La technique est là, et Henning Severud prend son temps. Ce n’est pas nous qui le lui reprocherons tant le résultat est agréable d’écoute.

A parler d’influences, on se perd entre les ténors. Malgré une patte disco et tropicale assumée, Telephones avoue s’inspirer des « Derrick May, early Underground Resistance and Mad Mike, Mr Fingers, Ron Trent » avant de parler sans trop en citer des musiques des Baléares dont on retrouve l’empreinte dans « The Ocean Called EP ». L’EP a quelque chose d’aquatique et d’ensoleillé, on quitte vite notre Paris brumeux pour les plages de Palma de Majorque, et à en croire l’itinéraire musical proposé par Henning, on ne s’arrête pas là : « Bergen-Rimini-Chicago-Honolulu-Detroit-Jupiter-Manchester is a sonic route. Yes, music is definitely a vehicle to travel and transport in a non-geographical sense ». Place au voyage.

 

Vous pouvez retrouver Telephones à la Java le 4 décembre, et sinon sur sa page Facebook.

Amaury.