Cette synesthésie là est l’une des plus évidente qui m’est venu à l’esprit, et pourtant tout semble opposer les deux meilleures joueurs de Kora, cet instrument mélodieux à cordes, utilisé principalement en Afrique, et la photographe russe Alexandra Demenkova.
Résumons brièvement avant d’attaquer les similarités étonnantes, les sensibles convergences de ces 3 artistes. Toumani Diabaté et Ballake Sissoko sont tous les deux originaires du Mali. Les deux artistes, joueur de Kora, se sont tous les deux forgés une solide réputation mondiale après la sortie d’un album, retentissant de talent, où leurs multiples cordes se mélangent avec harmonie.
Quand à elle, Alexandra Demenkova, est, au peu d’informations collectées sur elle, une photographe russe vivant entre St-Petersbourg et Amsterdam. Ces photos, en noir et blanc, sont l’instant d’un moment, la liberté d’un geste dénué de sens, des scènes de vue belle dans leur quotidien.

> Toumani Diabaté & Ballake Sissoko – Bi Lamban (youtube)

Qu’est ce qui rapproche donc ces trois artistes ? En quoi leur musique et photographie respective fusionnent – elle (parfaitement) ?
Evidemment cette notion de liberté. Outre l’aspect technique et musical, Diabaté et Cissoko manient la Kora avec une telle dextérité qu’après tant d’écoute de Yamfa, la stupeur d’une telle beauté est toujours aussi saisissante. Il en ressurgit un désir fort, primaire et instinctif de liberté. Liberté au sens de philosophique de licence, soit la totale animalité. L’épanouissement même de la volonté de chacun, au grand dame des intérêts collectifs.
Queen Be, délicat morceau, saisit aussi par cet apport de voix touchante, rouge comme l’ocre d’une terre battue par mille pas. Colorée comme cet espace rêvé, cet univers inventé que chacun se représente.
Toumani Diabaté et Ballake Sissoko offrent à chacun cette liberté de voyager. Liberté car libre à soit d’aimer ou non, mais chacun aura force de reconnaitre la puissance d’une musique universelle.
Quand à Alexandra Demenkova, ses photographies d’une lointaine Russie, coincées sinon figées dans quelques vestiges du fier passé soviétique, ses photos à l’instar du régime déchu respirent la joie de vivre, l’air pure d’un bonheur simple, l’admiration de moments fugaces. Fustigeant ce surplus moderne, acclamant l’âge d’or des plaisirs bons vivants, combien il est alors aisé de faire cette parallèle.
Toumani Diabaté, Ballake Sissoko et Alexandra Demenkova offrent cette même possibilité, à travers leurs arts respectifs, d’ouvrir nos horizons occidentaux, de s’ouvrir à un monde fourmillant d’un bonheur autre, d’un art de vivre autre, d’une réalité autre.
Dés lors, nous n’avons aucune raison de refuser ce périple.
Pour conclure, un autre morceau de Toumani Diabate cette fois ci associé au grand maitre Ali Farka Toure.
Des races.

 

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