Un vieux recueil qui sent la poussière. Voilà ce qu’étaient devenues les synesthésies. Jusqu’à ce que les notes du pianiste Keith Jarrett trouvent la photographie d’Elise Boularan.
Seul ce morceau, Tokyo Encore, suffira encore et encore.



Ces photos d’Elise Boularan, ces silences et ces absences, je les imagine se dévêtir sous le subtil toucher de Keith Jarrett. J’imagine le pianiste susurrer un secret, à voix basse et de façon réservé. Et peu à peu, je m’immisce dans cette intime photographie, hésitant parmi les limbes des lieux désoeuvrés.

Le vieux vinyle tourne encore et encore et la brume m’emporte dans une poisse magnifique. Surgit la lumière fatigué ; elle a fait son temps. Son pauvre rayon enmbrasse les visages innocents. Une joue, un air, une mélodie, tout cela tourne en rond.

Les visages filent. Les expressions, elles, se gravent. Il en va ainsi de la bonté, de la quiétude et de la tranquillité. Toutes se mêlent dans une expression première et indélébile, que l’on octroie à l’individu au premier coup d’oeil. Je les vois, je les entends, ces absences s’oublient.

Jarrett joue encore et encore. Les notes vertigineuses m’égarent dans le vide et je crois tituber. A l’entendre, la fierté disparaît. On doute obligatoirement … Un bête orgueil disparaît et c’est la photographie qui saisit par son vide. Et quel vertige.

Des races.

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