Synesthésie : Edwin Koo et Abida Parveen.

 

Le temps d’attente du bus est souvent riche en rencontres en Asie.

Il y a quelques jours. Cela fait une grosse demi-heure que j’attends le bus qui me ramènera chez moi. Casque sur les oreilles, je suis assis et mon regard se perd dans la circulation active à cette heure. Un homme s’assoit à côté de moi, et me tapote l’épaule. J’enlève mon casque : la discussion s’engage. Le type est Pakistanais. Les classiques « Que fais tu ? D’où viens tu ? C’est beau Paris ? » sont de mise, je commence à chercher une excuse pour mettre fin à cette conversation qui ressemble comme deux gouttes d’eau à trois quarts des débats qu’un Européen peut avoir ici.

 

Mais la pluie se mettant à redoubler et le bus n’arrivant pas, les banalités laissent place à un vrai conte pour enfants. Mon nouvel ami commence à me raconter sa vie à Islamabad, les vrais-faux sur les idées reçus du Pakistan, son émerveillement devant les 28.000 personnes rassemblés dans un même stade pour écouter Aviici (sic) la semaine dernière à KL. On parle de religion, de voile, d’abstinence. Du terrorisme. Beaucoup ça, le terrorisme. Al Quaeda lui fait peur, autant qu’à nous européens.

Au fil des histoires de kalachnikovs et de musique occidentale, il me demande si je veux voir le Pakistan. « Of course dude ! ». Il sort alors son smartphone, énorme comme l’impose la mode asiatique, et me connecte au portfolio d’Edwin Koo.

« You will see, he was awarded for the UNICEF Photo of the Year for his work in Pakistan, it is wonderful ».

Et en effet, c’est wonderful. Avec des portraits serrés, des scènes banales de la vie, et beaucoup de soldats, le Singapourien met des images sur ce que me raconte mon collègue d’arrêt de bus depuis une grosse demi-heure maintenant. En noir et blanc, ses photos capturent à la perfection la vie pakistanaise, les visages de cette société en constante guerre sont pour certains dépités, pour d’autres remplis d’une joie enfantine.

La série Paradise Lost illustre pour mon ami parfaitement ce qu’est le Pakistan aujourd’hui : entre ruralité et violence, religion et jeunesse, les 46 clichés allient le visuel aux mots qu’on peut lire ici et là sur le pays.

 

Ces quelques images liées à la musique d’Abida Parveen, et nous voilà partis à Islamabad. L’artiste vedette nationale lie avec un talent indéniable percussions et chants traditionnels pakistanais, en puisant ses morceaux dans la tradition soufie musulmane. Bien que ne parlant pas un mot d’ourdou – à mon grand dam, les mots d’amour de la chanteuse pakistanaise font échos et sont orchestrés avec une musicalité qui séduit.

Enfin, pour les derniers sceptiques, DJ Koze s’est permis de clore son dernier podcast XLR8R avec le titre suivant, inattendu mais fort agréable.

 

 

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A retrouver ici, les autres clichés d’Edwin Koo.

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Amaury.

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