Si aujourd’hui l’artwork d’un EP ou d’un album n’est en aucun cas à dissocier de son contenu c’est parce qu’il reflète une certaine idée de l’art et de la conception que l’on peut avoir de la musique. Réussi, il donnera un tout autre visage à la pochette d’un vinyle ou même encore aujourd’hui d’un CD, bâclé il donnera le sentiment d’apriori avant même d’avoir pu écouter ne serait-ce qu’un seul morceau qui le compose. Stefan Marx est la magicien derrière de nombreuses covers que l’on a pu voir défiler ces dernières années sur les labels Mule Musiq, Playhouse et bien évidemment Smallville Records.

La patte, la signature, le style, tous ces éléments qui définissent un artiste et ses compostions sont la quête d’une vie. Savoir se démarquer et se construire sa propre identité fait partie intégrante de toute carrière artistique.
Pouvoir identifier une oeuvre à la seule force de l’oeil marque une certaine reconnaissance et un ancrage profond dans la culture. Si certains optent pour un procédé de réalisation et de conception complexe, d’autres se dirigent vers une démarche simple presque enfantine mais terriblement séduisante.

Stefan Marx qui a fait ses gammes en étudiant la Typographie et les Sciences des Arts et de la Communication à l’Université des Sciences Appliquées d’Hamburg a depuis ses débuts décidé d’orienter son travail vers un dessin affichant des formes au traits discontinus et inégaux.
Comme pour faire passer un message, le natif de Schwalmstadt excelle dans une forme de dessin qui parait pourtant si facile.
Au premier abord, il est difficile de s’immiscer dans son univers mais après avoir vu plusieurs exemples du panel pourtant très large de l’artiste, on comprend rapidement l’esprit et on intègre sa logique.
Optant en majorité pour le noir et le blanc, Stefan Marx sait aussi transposer ses formes aux couleurs vives tout en restant dans cette simplicité naturelle.

On retrouve ainsi cette patte spécifique et unique qui a créé toute une sorte d’émulation autour de son travail qui a été exposé à maintes reprises en Europe notamment par le collectif  The Side Effects of Urethane ou encore dans des revues spécialisées tels que The Art of Rebellion ou Street Logos
Connu dans le monde du skateboard, il a lancé en 1995 son propre label de T-shirt Loosy Livin Company allant dans la mouvance street-art.
Adulé par ses pères, il enseigne aujourd’hui son art à l’Université du Bauhaus à Weimar.

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Songs From The Beehive & Asper Clouds 

Mais c’est bien le rapport qu’il entretient avec la musique qui nous intéresse ici, le destin de Stefan Marx est étroitement lié à celui de Smallville Records. Créé en 2006 par Julius Steinhoff et Just von Ahlefeld aka Smallpeople ainsi que Peter Kersten aka Lawrence (qui a par la même occasion crée Dial) à Hamburg, Smallville Records est aussi et avant tout un disquaire. Label par la suite, il s’est construit une identité dès les premières sorties en partie grâce à la qualité de leur production mais aussi grâce à l’apport de Stefan Marx. En effet, l’artiste ne peut être séparé du mouvement Smallville tant sa touche spéciale et unique a apporté au développement d’un label aujourd’hui respecté en Europe pour son esthétisme et ses beats léchés. Et c’est avec brio qu’il a réussi à créer et mettre en forme un univers qui s’est imposé naturellement au fil des sorties.

Dans la continuité du travail effectué à Hambourg, Jacques Bon et Pantha Du Prince ont ouvert Smallville Records à Paris qui a aujourd’hui fusionné avec DDD pour devenir le disquaire La Source. Stefan Marx est l’auteur de la fresque qui orne la devanture en verre du shop et continue son travail en collaboration avec tous les artistes du label. Passant d’un noir et blanc conceptuel pour le «Salty Days» de Smallpeople à un arc-en-ciel de couleurs pour l’«Asper Clouds» de Christopher Rau.
Si Smallville Records sort du lot c’est aussi grâce aux artorks du graphiste qui donnent une certaine idée de ce que l’on va écouter, donnant un apriori positif et une volonté d’aller à la rencontre du reste de la discographie Smallville.
De même lorsque l’on tombe sur un vinyle du label chez un disquaire, le visuel saute aux yeux et s’empare de nos mains avant même qu’on ait décidé quoique ce soit.
Son talent indéniable et son travail avec le label d’Hambourg a vite attiré l’oeil du boss de Mule Musiq, Toshiya Kawasaki ainsi que celui de Playhouse à la barbe longue Ata.

Stefan Marx a par ailleurs reçu le prix Lichtwark qui récompense tous les 5 ans à Hamburg un artiste qui a eu un impact sur le monde des arts visuels . Les deux prochaines sorties sur Smallville Records seront signés Smallpeople et Lawrence, Stefan Marx est encore au crayon et il ne déçoit pas une nouvelle fois.

Le site de Stefan Marx

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Smallville 5 Years Anniversary’s artwork – Point Ephémère 

Thibault

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