L’élégance est sans doute le mot qui désigne à la perfection les productions de Smallpeople et dans une moindre mesure les sorties de Smallville Records. Après avoir écumé différents labels tels que le Running Back de Gerd Janson ou le Frank Music de Johannes Albert, les deux compères reviennent faire leurs gammes avec un nouvel EP sur le label Hambourgeois trois ans après leur album remarqué Salty Days. 

On revient toujours à ses premiers amours. Si la première sortie de Smallpeople se retrouve sur la discographie du label Laid, c’est par la suite que son histoire prend un peu plus d’ampleur. Aujourd’hui plus matures dans leur production, les hommes à casquettes et au sourire gêné, à la tête du disquaire Smallville situé à Hambourg, sortent un nouvel EP sur le label éponyme. L’artwork est toujours signé Stefen Marx dans une simplicité extrême mais beau à voir.
Quittant les rythmes tribaux et les percussions efficaces de leur passage sur Running Back, Smallpeeps retrouve les caractéristiques spécifiques du style Smallville. L’ésthétique des kicks et claps et la beauté des synthés ont construit l’image et la renommée du label. Leur travail représente une certaine idée et vision de la musique électronique, dans la sobriété.

Le titre éponyme «Lowrider Anarchy» rappelle avec insistance les morceaux du créateur du label Lawrence ou sous son alias Sten, le synthé brumeux utilisé avec un arpégiateur crée une atmosphère angoissante au même titre que le clap insistant en fond. La construction du morceau est dramatique, l’intelligence du duo Allemand est à juger sur le long-terme et non sur l’écoute par bribes. C’est sur ce genre de morceau que l’on se rend compte de la dimension qu’a pris Smalleople et de la maturité engrangée.
Chacun des trois morceaux font preuve d’une construction complexe et d’une évolution significative, on part d’un point A pour arriver à un point B avec une finesse non négligeable et les synthétiseurs utilisés sont magnifiés.

«Blissful Limbo» était lorsque les premiers extraits avaient été diffusés celle qui s’annonçait comme une ballade onirique dans les limbes. On a l’impression de voyager dans les cieux, le kick agressif et le clap se marient à merveille avec la boucle de piano. Le temps s’écoule avec le morceau, un synthé spatial arrive progressivement donnant à l’atmosphère un brin de volupté. Le morceau conviendrait parfaitement pour l’accueil au sein d’un hypothétique paradis. En parfaite opposition avec le précédent morceau, «Blissful Limbo» exprime son titre avec une certaine idée de la beauté.

Dans un style plus agressif mais qui vient surnager entre les deux premiers morceaux, «Lazy Lama Legend» se construit autour d’une bassline efficace aux apparences acid. Dans la lignée de l’esprit de l’EP, on retrouve un synthé qui donne le ton et a la force de faire évoluer le morceau à lui seul. Le morceau monte en intensité jusqu’à retomber et retrouver la boucle agressive du début.
Smallpeople fait à nouveau étalage de tout son talent, affirmant un peu plus un style élégant et plein de sobriété. Une esthétique naturel se dégage du tout. Un album serait en préparation pour dans peu de temps.

Thibault

 

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