Session Victim c’est ce duo à l’énergie débordante qui avait sorti son premier album il y a 2 ans, The Haunted House of House, qui revisitait les prémisses de la House dans un style bien particulier entre disco et soul.
Une énergie qui se ressent à la fois dans les productions mais bien entendu en live où les deux compères se donnent littéralement à fond, que ce soit avec les boites à rythme ou la guitare basse qui tient une place relativement importante dans tous leurs morceaux.

Une certaine maturité se ressent à la première écoute de See You When You Get There, sans jamais décevoir et en surprenant toujours par la tournure des choses.
En ne déviant jamais de leurs influences, toujours cette même ligne directrice, à nouveau l’album ne sortira qu’en vinyle, le digital passe à la trappe. Les deux allemands étant aussi adeptes des sessions mix endiablées où les galettes s’enchainent avec volupté.
La qualité de la production est un exemple pour tout producteur. D’une justesse incroyable l’album raconte une histoire à chaque morceau, des drums au piano, des percussions aux voix.

Mais c’est la recherche constante de nouveaux horizons tout en gardant un groove implacable qui surprend.
Les rythmes changent à chaque morceau, on peut ainsi trouver une ballade enfantine avec un morceau certains connaissaient déjà peut-être Hyuwee, on découvre ainsi la palette extrêmement large de Session Victim, ne cherchez plus c’est ce qu’il vous faut pour une sieste dans l’herbe dans la plus douce tranquillité.
On note par ailleurs la présence plus importante de vocals ce qui n’était pas forcément le cas du précédent album où l’instrumental prenait le pas sur le reste.
Inversement Stick Together – comme l’indique le titre – ne vous lâche pas, tribal à souhait ; l’évolution du morceau est géniale, petit à petit la mélodie aux accents Pink-Floydien vient se mêler au tam-tam. Le groove reprend le dessus avec la ligne de basse jusqu’à ce qu’un synthé hypnotisant vienne clore le tout. Crystal Maze est entre les deux, une rythmique hip-hop légèrement accélérée, là où les mouettes se font entendre et où un piano mélancolique suit les percussions, une nouvelle fois la basse ravira les connaisseurs.

Cette basse qui ajoute toujours de sa splendeur, certains qui douteraient d’elle seront plus que conquis, on l’entend parfaitement et elle change totalement la tournure du morceau.
Eos Place donne l’impression de revenir un temps en arrière, sonnant comme une instru où les synthés s’entremêlent. A la fois planante et mélodieuse, Session Victim influe son groove au ralenti, notre tête ne peut empêcher ce va-et-vient de la tête.

Make People Dance surprend car il joue sur deux terrains, les sonorités douces sont vite effacées par une vocale qui s’avère de plus en plus noire et les percussions s’accélèrent devenant plus agressives pour enfin retrouver les notes de départ pour une mélange savoureux et surtout audacieux.
Car c’est bien ces sonorités joyeuses à l’accent acoustique qui composent plusieurs morceaux, alliant jazz et soul, souvent aiguës qui donnent le sourire et rebooste le moral comme avec Do It Now et Hey Stranger.

On retrouve un peu voire beaucoup de Good Intentions (ce morceau qui donnait les larmes aux yeux à Move D) dans Never Forget, on imagine Matthias Reiling se lâcher comme jamais sur un titre qui caractérise à lui seul le groove de Session Victim, entre la vocale qui raisonne et le piano volontairement endiablé. On ne résiste pas à l’appel du pied.

Enfin le titre éponyme See You When You Get There tire clairement son épingle du jeu, notamment dans son évolution et sa complexité, difficile à décrire mais terriblement séduisante. Tout monte en intensité jusqu’à la fin pour nous laisser à l’apogée sans redescente.

Session Victim nous apporte ici une oeuvre complète, où les morceaux sont tous plus aboutis les uns que les autres (au même titre que l’artwork), tout est mieux produit, mieux agencé et il semble maintenant difficile de faire mieux.

Thibault

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