Alors que nous nous apprêtons à fêter 25 ans de musiques électroniques du Rex Club, High Five revient sur ce club mythique et sur l’année passée qui n’a rien à envier à la programmation de ces prochaines semaines. Cela fait maintenant vingt cinq ans que résonnent les bpm endiablés de la musique électronique dans l’enceinte du club, vingt cinq années qui ont permis au Rex de se forger une solide réputation internationale en même temps qu’une place de choix dans le cœur des clubbers.

Le Rex est un haut lieu de la culture parisienne, un de ces endroits dont on ne soupçonne pas qu’il ait pu accueillir un aussi grand nombre de musiciens et de courants artistiques. Car Le Rêve – son nom initial – était déjà un lieu où l’on venait danser dans les années 30, classe et art déco, à l’image du Grand Rex inauguré en 1932. Il épouse ensuite les prémices de l’électronique dans les années 1970 autour du disco et des communautés noire et gay puis adopte un virage rock dans le milieu des années 1980, toujours en proposant la crème de la crème d’ici et d’ailleurs, des Rita Mitsouko au Red Hot Chili Peppers. 1988 marque une étape décisive avec la première soirée électronique, Jungle, qui a lieu le jeudi soir sous l’impulsion de jeunes anglais venus tout droit de l’Hacienda (club de Manchester inscrit au Panthéon de la musique électronique et connu pour avoir été l’un des premiers à jouer la musique de Detroit et Chicago) avec dans leurs bagages, de l’acid house et un tout jeune DJ français, Laurent Garnier. Celui-ci lance la fameuse soirée Wake Up quatre ans après avec le même désir d’inviter ceux qui ont posé les premières pierres de la techno et la house et qu’il ira chercher jusqu’à Detroit (il le raconte à merveille dans son livre Electrochoc). Cette soirée rencontrera un public important en même temps qu’elle s’inscrira dans l’imaginaire de l’histoire de la musique électronique en France et l’année 1995 marquera un tournant définitif dans la programmation du Rex qui devient uniquement électronique. Depuis, le club a vu défiler bon nombre d’artistes, plus ou moins connus, mais toujours dans une volonté de diffuser une musique, un message et une ambiance qui auront touché plusieurs générations.

Joe Claussell, Jerome Sydenham et Kerri Chandler 

Depuis janvier, se sont succédés des artistes venus du monde entier et nous voulions leur rendre hommage à commencer par les plus célèbres, Carl, Derrick et Kevin en tête. Kerri Chandler et ses joyeux lurons (Joe Claussell, Jerome Sydenham et DJ Deep) avaient pris la relève en Février dernier, une soirée qui nous avait profondément marqué (à lire ici).

Phuture

Cependant, on aura rarement vu une aussi grande symbiose entre les artistes qu’à la Deconstruct Label Night d’avril en même temps qu’un ordre de passage parfaitement organisé pour l’un des meilleurs voyages musical de l’année (Joey Anderson, Dj Qu, Levon Vincent et Anthony Parasole). Le live d’Octave One était magistral : entre leur présence quasi mystique et le « vaisseau mère » d’instruments qu’ils avaient apporté pour l’occasion, leur performance restera dans les mémoires. On tenait également à souligner la venue d’Anthony Shakir, pas pour une « 25 » mais qui est gravée dans les annales, il n’avait certes pas l’air commode mais quand il a commencé à jouer, plus rien n’existait à part sa techno brute et mélodique, à l’image de Detroit. On ne sera jamais assez reconnaissant non plus de l’avoir associé à Smallpeople qui, à la suite de Shakir, nous ont offert un set céleste magnifiquement terminé par leur morceau, Salty Days qui servait de support aux lyrics profonds de Transition d’Underground Resistance, une idée de génie ! Phuture, Lil Louis, Patrice Scott, Theo Parrish, Joe Claussel et tant d’autres ont illuminé et fait vibrer les murs du Rex tout au long de l’année nous offrant des plongées dans la house mythique de Chicago, la techno de Detroit ou les tréfonds de la musique noire américaine quand les papa européens comme Lolo ou Sven nous ont permis de redécouvrir l’immensité de leur talent et de la culture musicale qui est la leur.

Joey Anderson et Anthony Parasole

Autant de soirées et de souvenirs mémorables qui ne font qu’accroitre notre culture musicale et notre amour pour ce club de légende. Une petite pensée pour les gens car ce club ne serait pas ce qu’il est sans eux, les rexeurs bien sur – des dizaines de rencontres se sont faites ici – mais aussi et surtout aux gens qui y travaillent, de la direction artistique au physio, des vigiles aux bar(wo)mens, du vestiaire aux techniciens qui investissent les lieux tous les weekends et contribuent aussi au charme de ce club particulier. L’émotion prend le pas, sortons les violons !
Alors merci le Rex, merci d’oeuvrer autant pour la scène américaine qu’européenne, merci de rester un club démocratique où les populations se mélangent et bon anniversaire !

Octave One
 

Alia et Des Races.

Du 23 octobre au 17 novembre c’est l’apothéose avec un mois d’anniversaire complètement fou
Les ciné-rex animés par Jean-Yves Leloup et ses invités continuent le 24/10, 31/10, 07/11 et 15/11 
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Photos crédit Alban Gendrot et Maxime Chermat 

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