Passé le réveillon du 31, avec son ratio “échec total/soirée de folie” d’environ 50/50, les plus téméraires s’aventureront encore fin janvier dans le XIIIe ou à Belleville, suivre les grandes parades du nouvel an chinois au rythme des tambours et des pétarades. Et puis, les mots « nouvel an » retournent parmi les locutions bannies, celles dont la seule évocation provoque sueurs froides et rires nerveux. Aux premiers jours de printemps, lesquels marquent pour nombre d’entre nous la fin toute récente d’une période d’hibernation, le nouvel an perse avait bien des chances de passer inaperçu.

C’était sans compter le collectif Open Minded, qui nous a concocté une soirée à la hauteur de l’événement. En plus d’un plateau réunissant trois DJs d’origine perse, Nima Gorji, Behzad et Afshin Djoon, les festivités se prolongent avec une exposition photo, un foodtruck et un live de percussions traditionnelles.

Sur les cimaises, le photographe d’origine franco-perse Yegan Mazandarani, présentera pour l’occasion une série de tirages issus de ses voyages en Iran. Un aperçu de son travail est déjà visible sur sa page facebook. Des clichés sobres, loin de toute dramatisation excessive. Les cadrages en biais, les ombres marquées et l’affection pour les scènes de rue rappellent le style et l’humanisme de certains photographes de l’agence Magnum, à l’image d’un Sergio Larrain.

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Côté dancefloor, les DJs auront préparé chacun pour l’occasion un set inédit, mêlant musiques traditionnelles et électroniques. On est impatients d’entendre comment le globe-trotter Nima Gorji intégrera cordes et percussions à sa tech-house épurée et profonde. Né au Danemark de parents iraniens, Nima plonge dans la musique électronique à l’orée des années 1990, devenant vite résident d’un club mythique de Copenhague, le Rust club, où il joue avec de nombreux artistes comme Kerri Chandler. Le mélange des cultures est au coeur de sa musique, comme elle le sera pour Behzad, moitié du duo résident de la Concrete Behzad & Amarou qui livrera probablement un set plus musclé, tandis qu’il y a fort à parier que l’infatigable Afshin fera honneur à sa réputation de digger. Asfhin est une figure de la nuit parisienne à qui on doit la création du Djoon il y a 13 déjà. Naviguant dans les contrées soulful, l’artiste a un flair certain et ouvrit les portes de son club à de nombreux DJs qui connaitraient plus tard succès important à l’image de Theo Parrish, Peven Everett ou Floating Points.

En cas de fringale, un foodtruck servira d’authentiques kébabs (brochettes d’agneau marinées), ce qui nous changera du sempiternel grec indo-turko-algérien de 5h du mat.

Tous les ingrédients pour une soirée qui démarre tôt pour s’étendre dans une longue nuit qui s’annonce bien moins hivernale que de saison. Une fête de la culture iranienne qui confirme que les collectifs parisiens ont, eux aussi, la culture de la fête.

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-La rédaction

L’event Facebook par ici.

Crédit photo : Yegan Mazandarani