Retour sur la dernière partie de la célébration des trois ans du collectif Dure Vie qui avait lieu à La Machine samedi dernier. Après avoir invité Jus-Ed ou Around7 notamment, Dure Vie nous avait concocté un line up des plus alléchants mélangeant pointure de Détroit avec Andrés et révélation européenne avec Liem, récit.

Cela faisait un moment que nous attendions cette soirée, attirés par une programmation éclectique de haute volée. Avec une affluence plus que correcte probablement déchargée par la pluie et les innombrables oeufs en chocolat, la soirée se révèle être un moment de plaisir remplie de découvertes musicales.

Andrés tout d’abord, figure mythique de Détroit, aussi à l’aise dans la house que dans le hip-hop. Le meilleur ami de Moodymann, étroitement lié à Mahogani Music, s’est fait connaitre dans le monde de la house avec le chimérique et groovy morceau New For U sorti sur son label La Vida en 2012. D’origine cubaine par son père, Humberto “Nengue” Hernandez, chanteur et fameux percussionniste, Andrés a baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance et navigue entre les genres selon ses envies. C’est du hip-hop qu’il se rapproche naturellement dès l’enfance, et grand bien lui fasse car il finira par être DJ pour le mythique groupe de Dilla, Slum Village. Dès lors il enchaine les productions et se fait une réputation dans le hip-hop et plus tard, la house.

Si sa carrure imposante surplombait la salle centrale, c’est surtout la façon dont il a amené petit à petit les gens là où il voulait que l’on retiendra. D’une technique sans failles entre vinyles et CD, en scratchant le strict minimum, Andrés a magnifié sa sélection musicale d’un soir. Alternant avec intelligence les morceaux de tous genres, il a construit son set sans temps morts. Le seul reproche qu’on pourrait lui faire est de ne jamais laisser un morceau plus d’une minute, la frénésie du mix l’emportant sur le reste. N’hésitant pas à couper court à une boucle entraînante, il relançait d’un morceau hip-hop qui claquait sur les enceintes. Toujours juste et créatif, il a une nouvelle fois confirmé tout le bien que l’on pensait de Détroit et de ses congénères.

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Andrés

Liem quant à lui, est la révélation de la fin 2015, cet allemand dont le morceau If Only l’a propulsé au rang d’étoile montante de la musique électronique (voir notre review ici). Originaire d’Hamburg la ville rêvée, le DJ en est au tout début d’une carrière qui s’annonce plus que prometteuse. Dure Vie l’avait donc invité pour sa première date à Paris, ce que Liem a visiblement eu envie de fêter, sirotant sa bouteille de Jack Daniels pendant son warm-up. Niveau musique, le DJ a commencé par une heure de son très house, groovy et laissant la part belle aux instruments comme le piano. La deuxième partie de son set s’oriente vers une house plus musclée, qui laisse à Liem tout le plaisir de se trémousser derrière les platines. Son plaisir intense de se retrouver dans la capitale française se ressentait à chaque faits et gestes, d’une énergie débordante, son sourire et sa fougue faisaient des émules dans le public qui se prêtait au jeu. Jusqu’à ce que, tel un Moodymann des grands soirs, il se saisissait de sa fameuse bouteille pour faire profiter quelques heureux au premier rang.

SE62, l’Ukrainien de My Love Is Underground prenait le relais d’Andrés, nous étions déjà passés à l’heure d’été, il ne pouvait  en être autrement qu’une techno tapageuse teintée de quelques sonorités house – dont l’intemporel Let’s Groove de George Morel.

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Liem

Côté chaufferie, le premier back to back est orchestré d’une main de maitre par les DJs Serraw et Akil, deux DJs estampillés Dure Vie dont le set se révèle  une agréable surprise. Juste le temps de danser sur l’excellent 4 Club Use Only de Delroy Edward signé sur L.I.E.S. qu’on remonte découvrir le set de Liem (ah le kiff de pouvoir aller d’une salle à l’autre quand vous faites une soirée à La Machine…). Hold Youth prennent ensuite le relais dans la Chaufferie, armés de nombreux vinyles et prêts à en découdre. Cette house énergique jouant sur les percussions et parfois planante n’a laissé personne indifférent. Les deux frères, Ark et Pit Spector se chargeaient ensuite de clore la soirée, moins en phase que d’habitude, ils ont tout de même collé le sourire à tout le monde dans la salle.

 A & T.

Crédit photo Rémy Golinelli