L’été arrive bientôt à son terme, et la musique a plus que jamais résonné au travers des différents lieux et événements qui nous ont été proposés ces deux derniers mois. Les collectifs ont redoublé d’efforts pour proposer des environnements propices à la fête, à la liberté et toutes ces valeurs sans cesse revendiquées par leurs porte-paroles. Parmi eux, le Macki Music Festival se tenait pour troisième fois de suite dans le parc de la mairie de Carrières-sur-Seine. Retour sur un quasi sans-faute.

Reconduit pour la troisième année consécutive, le Macki Music Festival a définitivement quitté le statut de jeune pousse qu’on lui apposait à ses débuts. La maturité de ses organisateurs s’est vraiment fait ressentir durant cette édition 2016, des choix des artistes à la configuration du site du festival.
Toujours dans le déni des superproductions où se côtoient le Weather Festival, le Dekmantel et autre Dimensions, la création des collectifs parisiens la Mamie’s et Cracki Records promeut cette culture alternative, avec des artistes qui ne font pas la une mais qui gagnent en qualité.
Une confiance renouvelée du maire de Carrières-sur-Seine, présent durant le week-end, n’a fait que renforcer les liens entre le festival, le lieu, la ville et ses habitants.
Et cela se ressent lorsque l’on parcourt le parc toujours aussi atypique et chaleureux bordant la Seine, les enfants y jouent tandis que les trois scènes respirent ensemble.
Si l’année dernière, le Camion Bazar constituait la seconde scène, elle fut cette année délocalisée au fond du site. Un choix intelligent et réfléchi, on pouvait ainsi profiter des élucubrations musicales du fantasque Romain Play et consorts sans risque d’entendre les basses des autres scènes.
La petite et la grande scène étaient habilement réparties au niveau du système son, ne se répondant jamais et laissant aux artistes l’entière liberté de diriger l’auditoire.
Les différentes activités habituelles étaient présentes dont le collectif russe Playtronica, adepte des fruits et légumes sonorisés. Les membres de la station de Radio lilloise Radial, recevaient Gary Gritness, Jacques, Mad Rey ou encore Acid Arab pour des conférences musicocentrées.
L’amusement va de pair avec la danse, et tout était une nouvelle fois mis à profit afin de rendre notre expérience toujours plus agréable.

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Dan Shake – © Rémy Golinelli

La première journée bénéficiait d’un temps clément – souvent rare les deux dernières années – et d’une programmation avec des dj sets et concerts, marque de fabrique du festival.
Discomatin, collectif – et label – qui a remis au goût du jour les musiques soul, disco et funk au format after, ouvrait la petite scène dans l’énergie qu’on lui connait. La suite était d’autant plus réjouissante avec l’Anglais Dan Shake qui, trois heures durant, dans la plus parfaite cohérence, alternait entre des morceaux tous plus électriques les uns que les autres.
Le fresco mix du Undicisco de d’Alexander Robotnick a fait des émules et l’énergie montait petit à petit. Lorsque la pluie pointa le bout de son nez, il n’eut aucune difficulté a lancer le Rain de Kerri Chandler remixé par Atjazz, un clin d’oeil évident. La sélection n’était donc pas avare de remix, le Venus de Cheek revisté par Dj Gregory venait s’ajouter à la longue de liste de morceaux qui ont chauffé la foule avant le deuxième live de Mad Rey dans le parc fleuri de Carrières-Sur-Seine.

A peine cinq minutes passées que le BPM avait déjà augmenté d’un cran. Impossible de résister à la tentation de suivre le rythme et d’accorder ses pas de danse avec la frénésie ambiante. Réputé pour sa faculté à provoquer des tachychardies, le producteur phare du label D.KO Records n’a une nouvelle fois pas lésiné sur les synthés et les percussions.
Pendant ce temps, le Camion Bazar n’hésitait à couper court aux sonorités électroniques pour nous emmener au vent, dans les grandes largeurs qu’on lui connait. Acid Arab commençait sur la grande scène, moins en jambes que d’habitude et peut-être trop prévisible, il était difficile de résister à nouveau aux appels du pied de Romain Play.
Cette première étape laissait présager d’excellentes choses pour la suite, la foule toujours au rendez-vous, souriante et bonne enfant, était attendue le lendemain.

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Antal – © Rémy Golinelli

Le temps aura eu raison de l’abnégation de certains, mais les plus motivés se retrouvaient à nouveau près la Seine pour faire la fête. Sous une pluie fine et finalement sporadique tout le long de la journée, ce dimanche s’annonçait comme une expérience à part entière. Harvey Sutherland va dans ce sens «J’ai eu une expérience géniale au Macki, la foule était belle et chaleureuse» avant de rajouter «c‘était la taille parfaite pour un festival, à la fois intimiste et accueillant». La programmation se répartissait de la même manière que la veille, le crew Cracki ouvrait la grande scène et la batterie du morceau Weekend de Class Action réveillait les organismes fatigués de la veille.
A côté, Antal, présent lors de la première édition (voir ici), s’élançait dans un récital. Un moment toujours spécial pour lui «J’ai encore une fois passé un excellent moment, le crew est super et arrive toujours à ramener un public attentif, connaisseur et passionné. J’espère pouvoir être encore présent les prochaines années». Il se raconte même qu’un canapé aurait slammé seul parmi la foule. Acenda O Farol de Tim Maia prenait une toute autre dimension sur l’excellent système son de la petite scène, bravant les gouttes d’eau, le public reprenait avec le sourire le refrain sans hésitations. Suivait le génial Step by Step pour parfaire la copie du boss de Rush Hour .

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Playin’ For The City – © Laura Chichmanov

Dans le même temps, l’Australien Harvey Sutherland commençait son live muni de son clavier Juno «J’ai senti que mon live et mes morceaux étaient appropriés, le système son était pur et le lieu génial», toujours aussi juste dans l’exécution de ses morceaux. Playin’ For The City prenait le relais, après un retour remarqué et réussi au Djoon puis au New Morning sous l’impulsion du collectif Breafly Established. La chanteuse aux allures de gourou calait sa voix à la perfection sur les rythmiques d’Oliver Portal et les envolées de Gary Gritness. Haranguant la foule mouillée mais transcendée, tandis qu’à côté, jour de Quart de finale oblige, les supporters assistaient à la démonstration des bleus.
Jacques faisait figure d’OVNI sur la programmation mais comme souvent, ce fut une grande réussite. Un mélange entre une rockstar, déchaînée sur le devant de la scène, et un homme tout en retenue, faisant ainsi régner une atmosphère spéciale.
La tension est une nouvelle fois montée d’un cran vers la fin, lorsque la Mamie’s et Cracki retournaient la scène de leur festival, devant un auditoire acquis à leur cause, presque possédé.

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