Depuis la première édition du Macki Music Festival l’an dernier, l’envie de retrouver le parc de Carrières-Sur-Seine se faisait ressentir et surtout, de faire la fête de manière décomplexée. L’esprit de l’union de Cracki Records et de la Mamie’s régnait à nouveau au-dessus de nos têtes le temps d’un week-end. Retour en mots et témoignages sur deux jours de musique et d’excentricités en tous genres. 

Un des meilleurs arguments du festival était sans aucun doute le lieu, verdoyant, presque reposant et proposant une réelle expérience. Et l’on imagine que si il a de nouveau pu être exploité par les deux collectifs, le travail avait été effectué avec un grand respect vis-à-vis de la mairie de Carrières-Sur-Seine et tout simplement à travers l’esprit prôné par le Macki.
A la différence de l’année dernière, les deux scènes étaient regroupées dans le grand parc, comme nous l’explique Victor Petolat – membre de la Mamie’s notamment – «On avait décidé de recentrer tout sur le parc, il y avait vraiment une grande vie sur tout le site». Ce changement n’était pas négligeable car il donnait une toute autre valeur à l’espace occupé par le festival. On entrait par les grilles avec l’impression de pénétrer un autre univers, coloré et joyeux.
«Par rapport à l’édition précédente, on l’a vécu vraiment différemment, on était mieux organisé, moins de stress et du coup l’impression de voir le festival avancer de lui-même» poursuit Victor.
Le festival semblait en effet tourner tout seul, on se sentait à l’aise à travers les différents espaces aménagés, rencontrant les mêmes personnes et échangeant avec les autres. On avait le sentiment d’assister à une fête foraine géante où chacune des activités attiraient les foules et décrochaient un sourire aux festivaliers.

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© Rémy Golinelli

«On a beaucoup aimé la scénographie, simple, faite main. Tout cela dégageait de l’innocence et de l’amour, un grand bravo. Les ateliers aussi étaient dans la même lignée, avec Playtronica et la Zack Line par exemple» nous confie Benedetta du Camion Bazar – qui se trouvait être la deuxième scène du festival cette année.
Playtronica, c’est ce collectif russe qui était présent le samedi et le dimanche et qui avait la particularité de proposer un atelier de musique sur légumes. On pouvait ainsi se retrouver à jouer Gypsy Woman sur des poireaux, des poivrons, des courgettes reliés avec des électrodes à un ordinateur, produisant ainsi des portions du fameux morceau de Cristal Waters. A côté, on pouvait jouer les funambules sur une corde sonore ou marcher sur des palettes sonores.
«On a trouvé ce festival très raffiné et très simple en même temps. Une programmation éclectique et musicale (pas juste des djs, mais beaucoup de groupes et musiciens), très variée et classe, un spot hyper beau, un beau parc au bord de l’eau, difficile de faire mieux» rajoute Benedetta. On avait plus vraiment l’impression d’être à un festival et c’était tant mieux.

© Rémy Goli

© Rémy Golinelli

La musique battait déjà son plein le samedi, Chester Watson lassait place à Silk Rhodes, le chanteur était entouré de ses deux muses à sa droite et à sa gauche. Entre apostrophes au public et envolées soul, les hostilités étaient lancées.
Le temps de jeter un oeil au Camion BazarRomain Play et Nico 100 Coins – des fêtes Alter Paname – commençaient à attirer du monde, le groupe Moodoïd montait sur la scène principale. Le festival se remplissait petit à petit et malgré une bonne ambiance, on sentait les gens encore trop timides pour se déchainer «On a trouvé que le second jour avait été plus impactant pour le public. Ça a mis un peu plus de temps à partir samedi même si il y avait Tony Allen, c’était quasi religieux et aussi Floating Points, mais ça a très bien fini» nous confirme Victor. Tony Allen était accompagné d’une groupe de musiciens et faisaient résonner les notes de son dernier album avec justesse, et oui il y avait quelque chose de spécial dans sa performance, une aura particulière.
C’est peut-être finalement la performance de Floating Points qui a définitivement chauffé le public à blanc, un récital de soul, de funk, de techno, de house. Progressant dans sa technique et dans le choix de ses morceaux, l’artiste anglais a définitivement franchi un cap après la fin de sa résidence au feu Plastic People. On pouvait ainsi entendre Love Call de Ramsey & Co mixé à la perfection.

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© Rémy Golinelli

«Pour moi la découverte de Trio Combo Brazil, qui a mis le feu, ils jouaient tôt et ont poussé les gens à se lever» s’exclame Victor. Ils jouaient en 2ème le dernier jour du Macki Music Festival. La suite était encore plus excitante, Nightmare On Wax alternait entre récit de l’histoire du groupe, moments de calme et explosions sonores dans un rythme génial. La foule commençait déjà à sauter partout avant l’arrivée d’Onyx. «On savait pourquoi ils étaient [Onyx] là, niveau énergie, ils ont fait le show, puis il y avait le concert de Nightmare On Wax». Non sans rappeler la performance de Lords Of The Underground l’année précédente, le trio a réveillé des envies de pogo dans la fosse, dans la digne ambiance des concerts de hip-hop, jouant avec le public et rendant hommage aux grands noms disparus de la scène. On profitait quelques instants des envolées acid couplées à la 808 de Syracuse avant de rejoindre le Camion Bazar où l’esthète Mad Rey entamait son live.
De la version de la D.KO Night au Rex Club quelques mois auparavant, on ne retrouvait presque rien. La comparaison avec Mr. G n’est pas anodine, d’une énergie impacable, l’artiste a réussi à faire littéralement sauter les gens devant lui.
On retrouvait la grande scène et le début du live de l’anglais Romare, entre samples méconnus et pads house intelligemment assemblés, l’ensemble était amené avec brio et dans la plus parfaite cohérence.
Jeremy Underground venait clore le festival d’une manière élégante jonglant entre tous les styles et donnant un dernier frisson aux festivaliers.

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© Rémy Golinelli

«L’idée est de faire du Macki un festival auquel les gens peuvent se rendre les yeux fermés, sans regarder la programmation» nous confie Donatien – membre de Cracki Records. C’est là aussi le charme du Macki Music Festival, les risques pris et la volonté de faire découvrir des artistes méconnus ou faire venir des légendes.
«L’an prochain on va encore plus pouvoir s’amuser sur l’espace et travailler sur les flux de village, sur toutes les activités» termine Victor. Le résultat était déjà probant, la prochaine édition n’en sera que plus réussie.

Bonus «Il y a eu l’interview pour Sourdoreille, on a eu un problème au niveau de la prise de son, on a dû la refaire en fin de soirée, avec l’équipe de Rose et Rosée, on a fait n’importe quoi, c’était bien drôle. Ou aussi quand le festival s’est terminé et on est partis boire des coups pour fêter ça au bar. Revenus au Camion, il y avait un couple qui essayait de dormir (?) ou autre, dans le Camion même, au milieu des câbles et des disques en vrac et qui a failli nous chasser! On était tellement surpris qu’on n’a même pas réussi à les engueuler» raconte Benedetta. Une parfaite illustration de la folie qui régnait à Carrière-Sur-Seine.

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Merci à Victor, Donatien et Benedetta pour leurs mots et participations.

La page Facebook du Macki Music Festival

Crédits Photos – © Rémy Golinelli

 

 

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