L’équipe d’High Five Magazine a eu la chance d’assister au Macki Festival en ce début de mois de Juillet, au nord-ouest de Paris. Pendant deux jours pleins, le petit jardin municipal de la charmante bourgade de Carrières-sur-seine avait des allures de parc d’attraction pour jeunes adultes. Compte-rendu.

Samedi premier juillet. Seize heures. Si l’année précédente la foudre avait clôturé le week-end suite à presque toute une après-midi de pluie fine, Zeus et sa bande avaient visiblement d’autres plans pour cette quatrième édition. Dès quinze heures, les nuages se dissipaient, l’air se faisait plus léger et les premiers rayons apparaissaient déjà. Les novices s’en amusaient franchement lorsque les plus initiés n’esquissaient qu’à moitié un sourire de surprise. Depuis plusieurs années, ils ont pris l’habitude de voir la Mamie’s défier toutes obscures prévisions météorologiques à la ferme de Nanterre, à grands coups de disco, house et danses du soleil (note pour les provinciaux ; si vous préparez un week-end Paris, prenez donc un week-end-ferme-du-soleil, vous aurez tout gagné). Samedi premier juillet, donc. Seize heures. Et grand soleil. Naturellement, cette année, le Macki est placé sous son égide : les dieux sont avec nous.

Et quelle bande de fidèles !

On commence avec San Proper, chargé de faire monter la sauce après un set de Margie malheureusement passé inaperçu, les festivaliers ayant préféré ripailler sur la pelouse près de l’entrée. L’Amstellodamois, habitué de Paris, a tout de suite su où il foutait les pieds en nous livrant un set de house simple, ponctué par quelques entractes ethniques plutôt bienvenues. Parfait pour taper du pied dès dix-sept heures.

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San Proper – © Remy Golinelli

Nous nous sommes ensuite dirigés pour la première fois vers le main stage où la formation jazz Cortex, emmenée par un Alain Mion toujours aussi fringant, a surpris plusieurs festivaliers par son aisance (et sa décontraction).. « Hé, attends, c’est pas mal ce groupe non ? » m’a dit une amie en dansant, comme pour répondre aux sorties du pianiste au micro. Et vous auriez dû voir sa mine ravie lorsque le groupe a joué son hymne Mary & Jeff, qui paru sortir pour de bon des oubliettes après tant d’années. Merci Cortex !

Mais il était déjà temps de retourner vers le stage 2, où nous attendaient Antal et Hunee. Nous savions que la pièce maîtresse du line-up, estampillée « Rush Hour 20 years » allait nous ravir, mais nous attendions-nous à cela ? Non. Nous avons assisté à un set constellé de pépites sorties du catalogue de Rush Hour et de trouvailles d’Hunee, dont la maestria n’a cessé de progresser ces derniers mois. Loin de vouloir nous comporter en auditeurs béats, nous avons craint que la sauce finisse par redescendre (presque 4h de set, en festival, c’est long). Mais ce moment n’est jamais venu, et les abords ont fini par être bondés tant ce raout sonnait juste. Ceux qui étaient présents se souviendront sans doute toujours du moment où les deux compères ont joué en entier Ain’t no mountain high enough d’Inner Life, épitomé définitif de la disco. Non seulement ces moments sont rares, mais encore faut-il des louangeurs pour les raconter. Nous sommes de ceux-là.

Nous nous sommes malgré tout fait violence pour faire un détour vers le Camion Bazar, et, comme d’habitude, nous n’avons pas été déçus. Si les ingrédients sont toujours les mêmes (énergie, excentricité, communion), la soupe est toujours aussi bonne et, à notre grande surprise, complémentaire à ce qui se tramait sur les autres scènes.

On en profite aussi pour mentionner le groupe sud-africain BCUC, qui, aidé de sa basse hargneuse, a mis le public du main stage au diapason. Une vraie bonne surprise !

Enfin, la journée s’est achevée avec le live de Soichi Terada, tout à fait à l’aise sur le main stage alors que jusqu’ici aucun groupe électronique n’y avait joué. Le Japonais, qui venait lui aussi fêter les 20 ans de Rush Hour, a facilement conquis le public du Macki grâce à des versions live de ses classiques « Got to be real » et « Do it again ». Il n’a cependant pas été gâté par son heure de passage tardive, la foule, sans doute fatiguée, s’étant amincie à vue d’oeil.

Un set d’Andrés au Rex et deux heures de sommeil plus tard, nous voilà de retour au QG. Les mines un poil déconfites mais ragaillardies par les performances de la veille (on vous a dit pour Antal et Hunee ? ), nous avons assisté à la mise en jambe remarquée des Chineurs de Paname. Simple, entraînant, joyeux, voilà de quoi clore le procès en illégitimité voulu par quelques aigris. Alors oui, un bon crew, de bon goût peut émerger du ouèbe. La preuve. 

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Soichi Terada – © Remy Golinelli

Nous avons prolongé l’allégresse avec un Folamour très en forme et assurément à la hauteur des prods qu’il sort régulièrement (ce type est-il capable de faire un mauvais morceau ?). On regrettera un manque de spontanéité et de variété, son set étant millimétré, mais nous chipotons : on passe tout à ceux qui jouent du Cerrone le dimanche au soleil.

En revanche, le set de Mall Grab fut une vraie déception. Sans être trop exigeant -les sets de l’Australien nous ayant pourtant jusqu’ici ravi-cette fois, ce fut raté. Ou du moins comme l’impression de voir un automate jouer une sélection sans saveur, le tout avec des basses outrancières. Le bougre est même allé jusqu’à massacrer Ye Ye de Daphni, d’une qualité médiocre et coincé entre deux morceaux surannés. On alla se consoler auprès du Camion Bazar, aussi impeccable que la veille, les paillettes et les déguisements loufoques en plus. Même les festivaliers en barques quelques mètres plus loin se dandinaient. 

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Mezigue – © Remy Golinelli

Et si nous aurions volontiers passé la soirée là-bas, le Main Stage nous réservait encore quelques belles surprises. Parmi elles Los Wembler’s de Iquitos, venus du Pérou, qui nous a tenu éveillé un bon moment alors que la fatigue de week-end commençait à se faire sentir. Sept bonhommes tout sourire nous ont joué une cumbia au poil, jusqu’à réaliser un tour de force assez spectaculaire : faire de ce moment un rendez-vous œcuménique alors que la programmation des autres scènes (Mall Grab, rrrr) n’avait rien à voir. Et si, sur la timetable, cette formation inclassable n’était censée jouer qu’une demi-heure, nous jurerions que cela a duré bien plus longtemps (1h30-2h ?), et tant mieux. Un très bel exemple de ce qu’est le Macki : des têtes d’affiche qui ameutent, mais aussi de bien jolies prises de risque.

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La fine équipe – © Remy Golinelli

Enfin, sorti directement des tréfonds du dancefloor et émergeant encore à peine sous son bob, un Mézigue sauvage apparu. Très attendu, le bonhomme fut fidèle à sa réputation ; sec, technique, énergique. Peut être même un peu trop drum’n bass pour la foule aux abois. L’ami laissa place ensuite à ses compères de la Mamies pour un closing totalement à l’image du festival. Les dieux bien avec nous.


A l’année prochaine !

 

Easterpop

 

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