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(Translation below)
De la folie des hommes naissent des événements mémorables, le festival Eastern Electrics fut une folie de ses organisateurs et restera mémorable pour ses participants.
Par un line-up électronique grandiloquent, une ambiance estivale et un lieu imprononçable mais accueillant, le pari est admirablement réussi.
Les herbes brûlées par le soleil – trop rare en ces contrées – de Knebworth Park ont ainsi soutenues les milliers de pieds de danseurs fous et jamais rassasiés en beats virevoltants et assourdissants.
Prenez un champ immense, concoctez une préparation rigoureuse avec une dose de folie britannique, placez-y quelques-uns des DJs les plus talentueux – de la house à la techno – de la planète et invitez les afficionadosdu genre à bouger leurs corps trois jours durant ; vous obtiendrez peut-être un festival réussi.
Un événement de la sorte n’est jamais gagné d’avance et on ne peut que s’y rendre investi d’un certain doute !
La musique sera-t-elle à la hauteur ? L’atmosphère sera-t-elle festive ? L’emplacement est-il propice à un tel défouloir ?
Quid du sound system ? De la population ?
Beaucoup d’interrogations auxquelles le groupe des Eastern Electrics ne pouvait répondre, mais admettons d’avance qu’il réunissait un maximum de chances positives de son côté, et ce dès le départ de la course.
Discutons musique, avec une équipe d’une telle violence, même en imaginant la défaillance de plusieurs leaders, la qualité était assurément de mise.
Brassant les genres musicaux de l’étiquette « électronique », on peut l’illustrer en citant les trois têtes d’affiche annoncés par le festival : Moderat, Richie Hawtin et Masters At Work, l’Eastern Electrics ratisse large.
On aura connu pire en terme d’éclectisme. 
Douvres
Voyage vers la terre promise
L’excitation préalable à une rencontre de la sorte fait sans nul doute partie du bonheur ou du malheur final, elle était absolument au rendez-vous.
Le voyage fut un périple long de plusieurs heures, alors qu’il est possible de l’exécuter en un rien de temps.
Mettre une journée pour se rendre au Nord de Londres en venant de Paris, c’est un avant-match sans pareil, une sacrée veillée d’armes.
On se jauge, on parle, on suppose, on fatigue, on râle et on se convainc de dormir pour tenir ; même coincés entre un commissariat de campagne et une autoroute.
Les plus excités ne peuvent même pas prendre de bain pour se calmer, un enfer.
En y repensant, avoir bien senti et bien reniflé la traversée de la Manche c’était ajouter sans le vouloir du piment à l’aventure, se sentir Guillaume le Conquérant ou Jules César, soit les deux derniers bestiaux ayant réussi à envahir cette mystérieuse île.
Trop facile d’user le tunnel, on est un guerrier ou alors on ne l’est pas.
Après avoir levé le campement suite à un brumeux réveil en pleine grisaille anglaise, il ne restait que quelques mètres – mais plusieurs heures – avant d’atteindre le but.
Arrivée au festival : l’exutoire commence
Les Anglais sont de joyeux fêtards, il ne suffit que de rares instants pour le comprendre.
S’emmêlent looksimprobables, monuments de packs de bières, hurlements festifs, shorts en jeans aux plis des fesses et matériel de camping dans une joyeuse scène d’attente.
Les enceintes n’ont pas craché un décibel que le sourire est omniprésent et que la danse s’impatiente.
La découverte des installations est impressionnante, avec les innombrables stands en tout genres répartis entre bouffe, shopping inutile, auto-tamponneuses ou toboggan en spirale, et surtout les scènes qui rivalisent d’ingéniosité et d’inventivité.
Le main stage est un chapiteau gigantesque prêt à accueillir une masse transpirante.
Son petit frère orienté plus underground par son line-up se nomme le Substation et ne se trouve pas loin.
Le Switchyard est une sorte d’open air délimité par un kapla de containers et une cabine DJ qui ressemble à un laboratoire de savant fou.
L’Igloo ne mérite aucune autre description que son nom !
L’Electric City ressemble à un bidonville en bois agrémenté de quelques toiles blanches abritant la musique et deux scènes différentes. 
Le toboggan
Patriotisme anglo-saxon oblige, Huxley ouvre le bal en bon sujet de Sa Majesté.
Il est 15H au milieu du set et alors que le festival n’a commencé que depuis une heure la tension monte progressivement, le main stage se remplit sûrement.
L’heure de balancer Box Clever dont les British reprenne en cœur le vocal suave, et moi de reconnaître béatement le premier son du week-end.
Une source proche nous indique fermement qu’une première régurgitation a eu lieu aux toilettes du camping : c’est bon, on y est et voilà une savoureuse mise en bouche d’un week-end endiablé.
Jonglant entre house bien old school et d’autres sons plus modernes, comme ses productions, Huxley ouvre à la perfection 40 heures de son.
C’était désormais l’heure d’enchaîner pour le duo britannique Bicep que le crew High Five n’attendait décidément que pour crier avec amour leur quasi-hymne Vision Of Love.
La non-surprise fut d’autant plus belle que le main stage entier répondait à cet appel, et que le duo fut plus que performant pendant deux heures.
La sauce monte et le, paraît-il excellent, Deetron enchaîne sur le main stage, mais un génie des temps modernes nous appelle au Substation en la personne de Theo Parrish.
BAM – la première claque monumentale du festival.
Une effusion de beats lents et funky, une présence époustouflante dans un style vestimentaire sorti tout droit de Spoof Movie et une gestion du rythme à couper le souffle.
L’américain étale sa science musicale à la perfection et sublime la house en la ramenant à ses racines afro-américaines soul et jazz, et à un tempo de valse.
Simplement, Theo Parrish dégage l’impression d’être un style musical à lui seul, et n’est-ce pas là l’unique preuve d’un grand ?
 
Le daron
La nuit tombe et le hasard, ou la sottise, nous invitera à totalement rater Moderaten live au main stage.
On ne saura donc vous indiquer quoique ce soit, sinon notre déception !
J’aurais personnellement payé plus pour voir Apparat manier la guitare, imaginez la folie !
Il faut le dire, quand on commence à shaker son booty en début d’après-midi, la tombée de la nuit est plutôt piquante. La motivation est difficile à trouver après un voyage éprouvant, malgré Ben Ufo ou encore Dixon.
Seul un illustre inconnu à nos yeux, équipé d’un sac à dos, d’une casquette camouflant la moitié de son visage et mixant à l’aide d’un écouteur – et non d’un casque – nous régale totalement à l’Electric City.
Entre funk, beats bien trempés et solo de guitare hard rock, Maurice Fulton (après maintes recherches) fait plaisir aux happy fewprésents à la tombée de la nuit.
En véritable Apaisyl, Joy Orbison claque de la bonne grosse techno – cependant mélodieuse – et réveille les sens.
En quelques minutes le squelette s’active et le cerveau reprend les commandes sur un riff de steel-drum exceptionnel de Ninetoes– Finder.
Une envie soudaine de pratiquer la danse du feu en arborant une plume pour unique apparat s’empare de nous.
Que demander de plus avant le climax de la journée ?
La curiosité aurait pu nous pousser aller voir si Seth Troxler mixait également nu, ou vérifier si DJ Sneak était toujours aussi lipidineux (petit néologisme) et suintant.
Que nenni, le Kaiser nous attend, et le premier teuton du festival sort la Grosse Bertha de ses platines.
DJ Koze arrive dans l’Igloo, arborant sa moustache et sa tête de bon vivant.
VLAN – deuxième claque du festival (même si celle-ci on l’attendait en bon masochiste).
Koze fait dans l’homogène. Il claque quelques tubes house plus pop comme la dernière sortie de Dennis Ferrer Mind Ur Step avec son vocal à couper le souffle.
Il se permet de revisiter des vieux classiques comme 900 Degrees de Ian Pooley, avec une voix funk et vocodée scratchée de manière charmante par-dessus.
Il promeut ses poulains de Die Vögel avec The Chicken, sorti sur Pampa Records.
Il fait une private joke avec Joy Orbison en balançant à nouveau la fameuse steel-drum de Ninetoes !
Il nous rend complètement cinglés par sa maîtrise technique et sa sélection, l’ambiance de l’Igloo et ses visuels délirants.
Enfin, il me fait carrément jouir en distillant avec brio en pénultième position It’s Only, son remix d’Herbert.
Telle une groupie des années 60, sachant pourtant pertinemment qu’on l’entendrait, la folie s’empare de moi dans un grand n’importe quoi et pour mon plus grand bonheur.
En fait il lui suffisait d’appuyer sur play et j’eusse été heureux.
Deutsche Qualität vous dit-on.
Igloovision
C’est ensuite le moment où on est lessivé, le rythme du premier jour est encore celui de l’adaptation, et même le bienheureux Claude VonStroke ne saura faire son effet à l’open air du Switchyard, non plus le sumo Eats Everything (qui est cependant à féliciter en terme d’autodérision).
En dernière déception du 1er jour, on aurait apprécié pouvoir squatter la tente VIP où Mirko Loko mixait pour quelques chanceux.
Mais honte aux privilégiés, saloperie de libéralisme, High Five regagne ses tentes Quechua comme tout Anglais festivalier qui se respecte, slalomant entre capsules de gaz hilarant et pochetars de coke à moitié remplis, subissant les hurlements d’hurluberlus encore perchés – le tout sous le regard malicieux mais bienveillant des bobbys mobilisés pour l’occasion.
Quel beau pays.
Jour 2 : prise d’habitude et détermination en hausse
Qu’est-ce qu’on se sent bien le lendemain !
Physiquement, on est épuisés de la veille ainsi que du réveil brutal et infernal par la chaleur. Mais la douce sensation d’une journée passée à apprivoiser l’événement, alors qu’une dernière nous attend le lendemain, prend largement le pas.
On est toutefois surpris par le commencement matinal du caisson de basse du main stage.
En vérité, il est 14H et Miguel Campbell inaugure le 2e jour, quoi de plus normal.
Trop tôt, trop difficile, on aurait préféré d’ailleurs voir DJ Tennis à la même heure, ou un peu plus tard Clockwork.
Impossible, il faut se réserver pour une soirée totalement folle, à laquelle ont d’ailleurs répondus de nombreux autochtones venus seulement aujourd’hui.
Une affluence monstre se manifeste le Samedi et on a l’impression que toute la région est venue déserter les boîtes des villes pour teufer dans les champs.
Notre dévolu s’était jeté sur Roman Flügel, dont la mission fut de nous réveiller efficacement au seul moyen d’un crachat continu de décibels.
Mission entièrement réussie par le sorcier allemand. Avec son regard trouble derrière ses lunettes d’Harry Potter, sa longue tignasse grisonnante, ses gestes répétitifs et terriblement méticuleux, le gourou transforme l’Igloo en caféine instantanée.
Les jambes bougent toutes seules, les bras s’activent et au rythme incessant des Funktion 1 qui claquent de l’acid house maîtrisée à la perfection, on se laisse emporter.
Impossible d’en ressortir indemne, Roman Flügel m’a époustouflé.
Le sorcier allemand
 
Au main stage, les choses sérieuses commencent en terme de line-up délirant, et Maceo Plex ouvre le bal à 20H.
Rien de très convaincant, et plutôt banal à mon goût, le type semble prendre son pied à balancer du « poum-tchak » alors qu’on pouvait espérer de belles vocals travaillées.
Les Anglais sont surdéfoncés et ont l’air d’apprécier au moment dit.
Un choix s’imposait ensuite.
Au main stage, Hot Natured prenait le relais en live, j’aurais aimé voir un peu ce que donnait la bande à Jamie Jones, alors que Âme enflammait apparemment les foules.
Nous, on voulait (re)voir Ellen Allien.
L’Allemande jongle entre les styles, entre puissante techno et hymnes house archi-connus, elle rythme rapidement ses transitions et danse d’une façon envoutante.
Installée dans un Switchyard bondé, on oublie presque être à l’air libre, elle fête l’arrivée de la Lune.
Un nauséabond et vicieux remix de KiNK tourne en boucle à notre arrivée, et telle une éclaircie survient le vocal d’Equation« I’ll Say a Prayer For Youuuuu ».
Si l’on pouvait résumer l’esprit d’Ellen Allien, bien que cela soit parfaitement impossible et prétentieux, on le ferait ainsi.
Dans cet alliage puissant de nouveautés et de vieilleries, nous voilà fins prêts pour affronter les ténèbres.
Le Switchyard
Retour au main stage, la sauce commence à monter sérieusement.
Le duo italien Tale Of Us passe aux commandes, et on ne peut que saliver après la Boiler Room extraordinaire des Nuits Sonores de Lyon.
Dans le même registre, ils prennent un malin plaisir à frustrer le public, gérant les montées avec une précision chirurgicale. Le set de Tale Of Usest un crescendo permanent, malgré quelques chutes de tension, le volume sonore, l’intensité et la puissance augmente de façon générale.
Les clichés nationaux sont aisés, mais Tale Of Us apporte son romantisme italien à la techno allemande qu’ils ont adoptés. Les basses sont plus soyeuses, le psychédélisme est de mise et la tension monte tragiquement.
Un petit Another Earth fait son effet, histoire de bien comprendre que leur notoriété grimpe sûrement et assurément.
Il fallait être patient pour apprécier ces 2 heures mais la récompense était belle.

Tale Of Us
Ensuite, on avait l’embarras du choix : certains iront se délecter d’une Boiler Room en compagnie de Subb-An, d’autres apprécieront l’excellente Magda ou apparemment le somptueux set de Sasha.
L’Igloo et son système son délirant nous appellent à nouveau, et là on passe du charcutier italien en tranches fines à la boucherie de gros, à l’abattoir Chris Liebing.
Les enceintes s’époumonent et claquent sec, très sec. Les nuances sont fines, à peine la grosse caisse change de note, le brouhaha est constant mais animal, sauvage.
Un son tribal et violent s’empare de l’Igloo mais la bonne humeur opère comme leitmotiv avec le sourire jovial du pilote de la soirée Chris Liebing.
Pêle-mêle communient dans ce tintamarre industriel et mécanique une vieille femme échappée du club du 3eâge, un handicapé muni de son vélo, une cancéreuse clairement en fin de carrière (ou ayant ingéré beaucoup trop de drogues), de jeunes anglais trippant peut-être pour la première fois, et observant avec peur ladite cancéreuse de leurs pupilles dilatées.
Un vrai carnaval, une scène de comédie à lui seul, ce set fut remarquable de bout en bout, par son public et par son DJ évidemment.
Notons-le, c’est le 3e succès de rang de l’Igloo, de loin la meilleure scène.
 
Chris Liebing
 
Vient alors la seconde tête d’affiche du festival, et celle tant attendue par un grand nombre, Richie Hawtin prend place au main stage.
Trépignant honnêtement d’impatience, gardant un bon souvenir d’Ibiza et vu sa super Boiler Room à Amsterdam, la déception fut grande.
Ennuyeux de bout en bout, beaucoup trop répétitif, ne jouant que sur des montées agressives, Hawtin avait, semble-t-il, abandonné sa technique et prit le pari du bourrinage idiot.
Dans ce méli-mélo de grosses caisse, caisses claires et charleston, impossible de distinguer la moindre mélodie, et mauvais signe que de se retrouver planté au milieu d’un public enragé sans désirer bouger le moindre centimètre de son corps.
Cependant, cette déception n’avait pas l’air partagée par le main stage, plein comme un œuf !
La fuite était donc la meilleure solution, et elle se dirigea, au hasard, vers le Substation.
Damian Lazarus y opérait en tout tranquillité et nous fournit une bonne demi-heure de pur bonheur pour finir cette soirée : de la place pour danser, une musique entraînante et une danse du feu entre amis mémorable. On eut même le droit à un petit côté mystique avec le Falling Angel de Dinky remixé par Matthew Styles.
On pouvait sereinement regagner nos tentes, malgré une certaine énergie encore palpable.
La house pour stimulant : le coup de grâce
Le troisième réveil s’avère encore plus difficile, et ni la chaleur, ni la lumière ne stoppent prématurément un repos mérité.
Les hostilités reprennent à 14H mais s’achèveront à 22H afin de reposer nos membres harassés et nos oreilles au bord de l’explosion.
Les Eastern ont décidé de clôturer le festival avec de la grosse légende, mais le début de la journée sonne roumain avec Raresh – aussi connu lorsqu’il traîne avec ses compatriotes du RPR Soundsystem(Petre Inspirescu et Rhadoo).
Avec ses mimiques timides et désarticulées, il nous réveille sympathiquement à l’Electric City : ça claque gentiment, le Roumain donne dans le répétitif agréable et travaillé, avec des rythmiques ultra-entraînantes.
Il se permet un clin d’œil à la suite du programme en lâchant une piste de Kerri Chandler, mais sûrement pas la plus douce, Cobal (Version 1).
Electric City
 
Ensuite, l’Igloo accueillait Tama Sumo, et le main stage commençait son extraordinaire trilogie avec MK alors que le Switchyard laissait Chez Damier aux commandes.
Il y avait un choix à faire, et après un bref passage dans un Switchyard vide, la fatigue me laisse impatient et me dirige vers le grand chapiteau.
Semble-t-il, MK ne mixe que depuis quelques temps, et on ne peut être que curieux en connaissant ses productions alléchantes des années 90.
Serait-il toutefois passé du côté obscur en produisant Pitbull ?
Malgré quelques passages de bravoure, MK semblait avoir choisi la playlist du Top 50 de Beatport.com pour le plus grand plaisir des Anglais ! L’ambiance s’avère festive, légère et très chaleureuse, le public reprend en chœur les nombreuses vocals du mix – même une stewardpostée entre la scène et la fosse.
L’Américain avait l’air de passer un super bon moment, et cette bonhommie ambiante camouflait avec succès le peu d’intérêt d’un set sans relief.
Vox Marotoff
A la décharge de Marc Kinchen, le seigneur censé prendre sa relève à 18H se pointe tranquillement à 18H40 et vérifie minutieusement l’installation son du main stage.
En bon ingé son qui se respecte Kerri Chandler aime la précision technique – mais pas horaire.
Ses dents du bonheur affichées en dessous de sa moustache, l’originaire du New Jersey est pardonné.
Au Switchyard, au même instant Chez Damier clôt selon certains un set de folie, notre chien renifleur Vox Marotoff vous en parlera prochainement.
La joie de MK
Commence alors une hystérie collective tant le son est de qualité, Kerri tape dans du classique mais l’exécute à la perfection, nous gratifiant même de quelques perles inattendues.
Pêle-mêle on citera Revolution 909 de Daft Punk ou un petit Chic (I Want Your Love) perdu par ici, avant de claquer un O Mi Shango plus qu’efficace et ô combien jouissif.
Une pure folie où la joie et l’allégresse emplissent le main stage, mais malheureusement de trop courte durée.
En Angleterre, les horaires sont respectées, et punition collective, Kerri Chandlertermine à l’heure prévue malgré son retard – et une certaine flexibilité dans l’organisation aperçue ce dernier jour.
Déjà, précisons qu’on a cru un cours instant à un B2B magistral avec la dernière tête d’affiche Masters At Work, imaginez la chose.

Kerri Chandler
Enfin, peut-on réellement parler de punition ?
Lorsque les Portoricains Louie Vega et Kenny Dope débarquent, le chapiteau est fébrile et sait qu’il va s’en prendre une belle.
Ca sera la dernière claque du festival, et de loin la plus grande.
Un déchaînement de house dansante et ultra-maitrisée, de salsa, de bongas, congos et autres percussions, on pourra se surprendre à reprendre en chœurs toutes les tracks envoyées par le duo.
En bel hommage, MAW commence par un efficace Bar A Thym de Kerri Chandler.
Ensuite, on distinguera Days Like This (DJSpinna & Ticklah Remix), Chez Damier revisité par MK avec CanYou Feel It (New York Dub) ou encore l’hymne Follow Me de Aly-Us.
MAW sort son plus beau saxophone avec Who Dares To Believe In Me ?ou revisite encore une légende avec Jaguar de DJ Rolando : un voyage stratosphérique entre les genres.
Alors que les deux maîtres sont simplement immobiles, stoïques, presque blasés sur scène et ne s’observent jamais – plusieurs mètres les séparant – quelques sourires et regards complices les trahissent de temps à autre.
Masters At Work communiquent un plaisir fou à chaque sonorité envoyée.
La boucle est bouclée, après la première claque de DJ Koze, on entend à nouveau Mind Ur Step, c’est comme si on tendait l’autre joue pour ce dernier set.
Et que dire de la dernière track à part surréalisme, frissons et pleurs : Lone – Airglow Fires

Masters At Work
C’était beau, dira-t-on, c’était spectaculaire, c’était aussi un premier festival pour nous ; mais de l’avis général des Saxons les plus aguerris, celui-ci était mémorable.
Un grand succès pour les Eastern Electrics.
Et surtout, une énorme envie de traverser la Manche plus souvent dorénavant !
Matthieu
Ricardo Villalobos et un fan (Villalobos and one of his fan)  
English version
 
Main stage

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From the madness of men born memorable events, Eastern Electrics’ festival was a madness of its organisers and will stay memorable for its members.
Through a grandiose electronic line-up, a summery atmosphere and an unpronounceable place but a welcoming one, the gamble is admirably successful.
The grass burnt by the sunshine – too rare in those lands – of Knebworth Park has held up thousand of crazy dancer’s feet never satisfy in twirling and deafening beats.
Take a huge field, concoct a strict making with a measure of british extravagance, put some of the most talented DJs around the globe – from house to techno – and invite the type’s connoisseurs to shake their booty during three days ; you might get a successful festival.
An event like this is never won in advance and you can only go there with some doubt.
Will the music be up to it ? Will the atmosphere be festal ?
Will the pitch be suitable such an outlet ?
What about the sound system ? People ?
A lot of questions in whom Eastern Electrics’s crew couldn’t answer, but we can confess that they had gathered a max of positive chances on their side – from the beginning of the race.
Let’s talk music. With a team of such a violence, even imagining failure of many leaders, quality was certainly there.
Mixing musical styles of « electronic music », Eastern Electrics casts your nets.
We can show that with the three headline acts of the festival : Moderat, Richie Hawtin and Masters At Work.
We have known worst in eclectism.
 
Dover
Journey to the promised land
The preliminary excitement is no doubt a part of the final pleasure or misfortune.
It was absolutely at the appointment.
The trip happened to be a long trek of many hours, whereas it is possible to execute it in a short time.
Take a day to go to North London coming from Paris, this is a real pre-game, a brilliant night before combat.
We gauge each other, we talk, we suppose, we tire, we complain and we convince ourself sleeping to keep it ; even stucked between a countryside’s police station and a highway.
The more excited one can even not take a bath to ease, what a hell !
Thinking about it, have smellt and sniffed the Channel crossing was adding some spice to the adventure.
It was feeling like William the Conqueror or Caesar.
It was too easy to use the tunnel : you are warrior or you are not.
After leaving the squat following a foggy waking up in a british greyish sky, there was only few meters – but some hours – to reach the goal.
Arrival to the festival : the release begins
British people are happy night hawks, rare seconds are enough to understand it.
Unlikely clothes, monument of beers ‘ packs, festals screams, jeans’ shorts above cheek’s line and camping gear get tangled in a waiting scene of joy.
Speakers did not spit a decibel but smile is ubiquitous and dance is losing patience.
The discovering of putting up is impressive, with countless stands spread between junk food, useless shopping, bumper cars or helter skelter, and especially the stages which compete of ingenuity and inventiveness.
The main stage is a gigantic circus tent ready to welcome a sweating mass.
His little brother – more underground by his line-up – is called the Substation and is close.
The Switchyard is like an open air delimited by a muddle of containers and with a DJ booth looking like a mad wise man’s lab.
The Igloo deserves none description – except his own name.
The Electric city looks like a woody slum enlivened with some white tents to shelter music and two different scenes.
Helter Skelter
Because of an anglo-saxon patriotism, Huxley is opening the dance like a good subject of Her Majesty.
It is 3PM in the middle of his set, and the strain is growing up gradually.
The main stage is filling slowly.
Time to throw out Box Clever and all the stage takes back the smooth vocal, and it is my turn to recognise blissfully my first sound of the festival.
A close source indicates us that a first regurgitation took place in the camping’s toilets : it is OK, here we go and there is a delicious appetizer of a wild week-end.
Juggling between old school house and other more modern sounds, like his own productions, Huxley had perfectly opened fourty hours of sound.
From now it is Bicep’s turn to follow on.
High Five’s crew was waiting for them simply to scream with love the quasi-anthem Vision Of Love.
Non-surprise was more beautiful because of the answer of the whole main stage and of a nice performance during two hours.
Hot things up and Deetron, apparently excellent follows on the main stage.
But a genius of modern times was calling us at the Substation : Theo Parrish.
BAM – first imposing slap of the festival.
A profusion of slow and funky beats, a mind-blowing presence with a clothing Spoof Movie’s style and a breathtaking rhythm’s management.
The American man was spreading his musical science perfectly and made sublime house music bringing it back to its afro-americain roots of soul and jazz, and to a waltz tempo.
Quite simply, Theo Parrish reached to be himself a musical style, and is it not the unique proof of a major figure ?
Dad Theo
The night falls and the fate, or stupidity, invited us to totally miss Moderat live at the main stage.
We are not able to tell you something about this, except our disappointment !
I would have personaly paid more to see Apparat playing the guitar, what a madness !
We have to say it, when you started shaking your booty in early afternoon, the night falling is rather prickly.
Motivation is hard to find after a punishing travel, despite of Ben Ufo or Dixon.
Only a famous unknown for our eyes, equipped with a rucksack, a cap hiding the half of his face and mixing with a earphone – not a headphone – relished us at Electric City.
Between funk, well soaked beats and hard rock guitarsolo, Maurice Fulton gave pleasure to the happy few whereas night was falling.
Like a cream, Joy Orbison chattered good techno but melodious and woke up the senses.
In a few minutes, skeleton activated and brain was back to the commandship upon an exceptional riff of steel-drum (Ninestoes – Finder).
A suddenly desire of fire dance was taking us, just like a Sioux.
What more could we ask before the climax ?
Curiosity could have pushing us to see if Seth Troxlerwas also mixing naked, or checking if DJ Sneak was always music-weeping and groovy.
Que nenni, the Kaiser was waiting for us, and the first Teuton of the festival got out the Big Bertha of his turn table.
DJ Koze arrived in the Igloo, wearing his moustache and his bon vivant visage.
VLAN – second sloap of the festival (even if we were waiting for this one as a great masochist).
Kozo did it consistent. He put some house hits more pop like the last Dennis Ferrer Mind Ur Stepwith a breathtaking vocal.
He permitted himself to revisit old classics like Ian Pooley’s 900 Degrees with a funky vocoder voice scratched delightfully on it.
He promoted his foals Die Vögel with The Chicken,out on Pampa Records.
He did a private joke with Joy Orbison putting again the now famous Ninetoes steel-drum !
He made us totally loony with his technical mastery and his selection, Igloo’s atmosphere and its exuberant castings.
Then he enjoyed me spreading in penultimate position his Herbert’s It’s Only remix.
Like a groupie from the sixties, even if i knew that we would be able to hear it, madness seized me in the biggest nonsense but for my joy.
Actually he just had to put the play button and i would be happy !
Deutsche Qualität.
Inside the Igloo
Here is the time when you are wearing out, the first day’s rythm is still adaptation one, and even the joyful Claude VonStrokedidn’t enough at the Switchyard’s open air, even the sumo Eats Everything (to congratulate in self-mockery)
Last disillusion : we would have like to squat VIP’s tent where Mirko Loko was for some lucky one.
But shame on the privileged one, fucking liberalism, High Five went back to the Quechua’s tents like a respectful british festival-goer, slaloming between laughing gas’ capsules and half-full cocaine’s giffy, suffering the screaming of cranks still high sitting – under the impish but kindly look of the bobbys out there.
What a beautiful country !
Day 2 : habit and upgrade determination
What a good feeling the next day !
You are physically exhausted because of the day before, and the vicious and hellish wake up due to the heat.
But the great sensation of a passed day but of a remaining one supplants everything.
The early beginning of the main stage’s phones surprises us.
In truth, it is 2PM and Miguel Campbell launches Day 2, normal thing.
Too early, too hard, we would have prefered by the way to see DJ Tennis at the same time, or later Clockwork.
Impossible because we have to save forces for a totally insane evening.
Number of natives came only on Saturday looking for the night’s line-up.
A monster crowd assaults the festival and we believe all the land deserted cities’ nightclubs for the fields.
We had set Roman Flügel’s heart on : his mission was to wake up us efficiently by means of an unbroken flob of decibels.
Mission accomplished by the german wizard.
With his vague look behind Harry Potter’s glasses, his long grizzled shock of hair, his repetitives and terribly meticulous gesture, the guru transformed Igloovision in immediate caffeine.
Legs are moving alone, arms are activating to the unremitting rhythm of Funktion 1 slamming a perfectly controlled acid house, you got flushed out.
Impossible to get out unharmed, Roman Flügel boggled me.
The German sorcerer
At the main stage serious things started in term of delirious line-up, Maceo Plex was opening at 8PM.
Nothing conclusive, and common to my taste, while we could hope nice worked vocals, only a bad « poum-tchak ».
English crackheads seemed to appreciate at this moment.
A choice was required then.
At the main stage, Hot Natured took over live, i’d like to see what Jamie Jones’ band gave, when Âme was apparently burning the crowd.
But we wanted to see (again) Ellen Allien.
The German girl juggles between styles, powerful technoand well-known house anthems, she rythms quickly her transitions and dances in a captivating way.
Installed in a boiler Switchyard (you almost forgot to be in the open air), she celebrated the moonlight.
A putrid and vicious KiNK’s remix was looping when we arrived, and then like a hiatus arised Equation’svocal « I’ll Say a Prayer For Youuuuu »
If we could resume Ellen Allien’s spirit it would be like this, but it is impossible and pretentious to do it.
In a powerful alloy of novelties and old-fashioned things, we are ready to face darkness.
The Switchyard
Back to the main stage, tension grew up seriously.
Italian duo Tale Of Us is taking control and we could only drool over after the unbelievable Boiler Room at the Nuits Sonores in Lyon.
In a similar register, they took a smart pleasure to frustrate the crowd, handling rises with a surgical precision.
Tale Of Us’ set was a constant crescendo, even with volunteer voltage’s drop, the sonor volume, intensity and power raised generally.
National clichés are easy, but Tale Of Us brings his italian romanticism to the german technothey adopted.
Bass are silk, psychedelism is here and tension grows up tragically.
A little Another Earth did its effet, to understand that their reputation is climbing surely.
You had to be patient to like those 2 hours but the reward was beautiful.

Tale Of Us

 

 

Then you had choice’s difficulty : some would be regaled a Boiler Room with Subb-An, others would like the impressive Magda or apparently the splendid set of Sasha.
Igloo and its sound system was calling us back.
Then you get from the italian pork butcher in fine slices to the real big butcher, to the slaughterhouse Chris Liebing.
Phones were belting out and slamming dry, very dry. Shades are fine, barely the big drum’s tone changes, the hubbub is constant but animal, wild.
A tribal and violent sound took possession of Igloo but a good mood was the leitmotiv with the joyful smile of the night’s pilote Chris Liebing.
Pell-mell an old woman slipped from the third age club, a disabled on his cycle, a cancerous woman (or somebody having ingested too much drugs), young mens tripping maybe for the first time and observing the aforesaid woman with fear and dilated pupils were in communion with this industrial and mechanical racket.
Such a carnaval, a comedy itself, this set was remarkable from beginning to end, by its crowd and its DJ needless to say.
Take note : this is the third Igloo’s success, best scene so far.
Chris Liebing
Come then the second headline act, the one so waited by a great number : Richie Hawtin at the main stage.
Honestly stamping, keeping a good memory from Ibiza and looking his great Amsterdam’s Boiler Room, disappointment was big.
Boring from start to finish, too repetitive, playing only on agressive ascents, Hawtin seemed to avoid his technic and take the bet of the idiot horse.
It was hard to distinguish a melody in a hotchpotch of big drums, snare drums and charleston.
It was a bad sign to find yourself hammering in a enraged crowd without desire to move the lower centimeter of your body.
Nevertheless this disappointment seemed to be not shared with the chock-a-block main stage.
Escape was the best solution there. The chance guided us to the Substation.
Damian Lazarus was working there quietly and gave us a great half-hour of pure happiness to end this party : space to dance, lively music and an unforgettable fire-dance among friends.
We could add a mystical side with Dinky’s Falling Angel revisited by Matthew Styles.
We could calmly go back to the tents, despite of an assured and palpable enery.
House as a stimulant : the coup de grâce
The third wake up proved to be harder again, and neither heat nor light stopped prematurely a deserved rest.
Hostilities took back at 2PM but would end at 10PM in order to rest our exhausted members and exploded ears.
Eastern Electrics decided to enclose the festival with big legends but the beginning of the day sounded Romanian with Raresh – also known when he drags on with his compatriots from the RPR Soundsystem (Petre Inspirescu and Rhadoo).
With his shy and dislocated gesture, he woke up us sympathically at Electric City : it slams kindly, the Romanian gives in the enjoyable and worked repetitiveness with ultra-rousing rythmics.
He allowed himself to do a wink to the following programm with a Kerri Chandler’s track, but surely not the more sweetie one : Cobal(Version 1)
Electric City
Then Igloo welcomed Tama Sumo and the main stage began his extraordinary trilogy with MK.
The Switchyard let Chez Damier to take charge.
There was again a choice to do, and after a brief passing in an empty Switchyard, fatigue made me eager and switched me to the big circus tent.
It seemed that MK is only mixing for few times, and we can only be curious knowing his attractive productions from the nineties.
But had he passed to the dark side producing Pitbull ?
In spite of some great movements, MK seemed to have chosen Beatport.com’s Top 50 for the enjoyment of British people here ! Atmosphere was festal, light and very warm, crowd was taking back in chorus the numerous vocals of the mix – even a steward posted between the scene and the audience.
Our mysterious friend Vox Marotoff
The American appeared to have a very great time and this ambient warmth concealed successfully a set without relief.
In his defence, the lord supposed to follow him at 6PM arrived quietly at 6PM40 and checked carefully the sound system.
As a real sound engineer Kerri Chandler likes technical precision – but not hours.
His gap in front teeth published under his moustache, the New Jersey one is forgive.
At the Switchyard in the same time Chez Damier ended, according to some people, a crazy set.
Our sniffer-dog Vox Marotoff will talk about this shortly.
MK’s joy
A community hysteria began because of the quality of the music.
Kerri put classic shit but executed it perfectly, furnishing us some unexpected treasures.
We can talk about Revolution909 by Daft Punk or a little Chic (I Want Your Love) lost here, before a O Mi Shango more than efficient and enjoyable.
A pure madness where joy and enthusiasm filled the main stage, but sadly too short.
In England, hours are respected and as a general punishment, Kerri Chandler ended as scheduled in spite of his delay.
We can say to you that we had believe a short instant to a masterful B2B with Masters At Work.
Just imagine the thing.
 

Kerri Chandler
But can we say punishment ?
When the Portoricans Louie Vega and Kenny Dope landed, the circus was excited and knew that he would have a great one.
This would be the last of the festival, and so far the biggest.
A fury of dancingand ultra-controled house, salsa, bongas, congos and other percussions.
Like a tribute MAW began with an efficient Kerri Chandler’s Bar A Thym.
Then we had DaysLike This (DJ Spinna & Ticklah Remix), Chez Damier revisited by MKwith Can You Feel It (New York Dub) or the anthem Follow Me by Aly-Us.
MAW got his most beautiful saxophone with Who Dares To Believe In Me ? or revisited again a legend with Jaguar by DJ Rolando : a stratospheric journey between housestyles.
The two masters are simply motionless, impassive, almost blasé on stage and never looking each other – some meters separate them.
But some conniving smiles and glances betrayed them sometimes.
Masters At Work communicated a mad pleasure at each sound.
The circle is complete after the first DJ Koze’s slam we had again Mind Ur Step – just like if you were holding out the other jaw.
What about the last track instead of surrealism, shivers and tears : Lone – Airglow Fires

Masters At Work
That was beautiful, spectacular and that was a first real festival for us ; but from the general advice of hardened Saxons, that one was memorable for them too.
A great success for the Eastern Electrics.
Especially a big desire to cross over the Channel more often now !
Matthieu

 

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