Report de la soirée « Dance Detroit Record Pool Reunion » au musée d’art contemporain de Détroit qui avait lieu le 20 juin, en marge du festival Tec Troit dont High Five vous parlait la semaine dernière. La soirée rend hommage au premier record pool de la ville avec un line up spécial « back in the days ».

On s’est éclipsé samedi soir du festival pour assister à une très bonne soirée qui avait lieu dans le Musée d’Art Contemporain (MOCAD) de Détroit, plus précisément dans une petite maison entourée d’un grand jardin derrière le musée. Cette maison est une œuvre d’art de l’artiste américain Mike Kelley qui a travers ce mobile home a voulu créer de l’art participatif, de l’art qui génère d’autres formes d’arts et de pratiques sociales en abritant par exemple des réunions d’activisme politique ou des soirées (en savoir plus sur The Mobile Homestead ici).

19066189570_c53dee81b8_cMike Kelley mobile homestead

Le Detroit Sound Conservancy (dont on vous parlait ici) s’est donc emparé du garage du mobile home samedi soir dernier pour organiser la soirée « Dance Detroit Record Pool Reunion » dans le cadre de la Allied Media Conference à laquelle nous consacrerons un article très prochainement. La soirée rend donc hommage à « Dance Detroit », le premier record pool de la ville fondé en 1977, le record pool désignant la réunion de plusieurs DJs (souvent amis) qui mettaient en commun leurs ressources, c’est-à-dire leurs vinyles. Créé entre autre par Steve Nader, un des pionniers du DJing (en savoir plus ici), le record pool Dance Detroit a réunit les disques de plusieurs DJs, et pas des moindres, de l’incroyable Ken Collier, pilier du disco à Détroit, à Juan Atkins, fondateur de la techno.

C’est donc un line up purement Detroit Dance que le Detroit Sound Conservancy avait concocté pour cette soirée particulière, tout d’abord avec Scott Gordon, un des premiers DJs de Détroit qui officiait lorsque Juan portait encore des couches culottes et à qui l’on doit notamment le lancement de la carrière de Plastikman. Il explique à propos du record pool dans l’article sur Steve Nader :

« Le record pool était la seule manière d’avoir les versions les plus cool des disques […]. Il nous permettait d’avoir la meilleure musique, les meilleurs ragots et les insides de la scène de la dance music. Les pools étaient un secret de DJ à cette époque. Peu de gens connaissaient leur existence, et beaucoup de DJs n’étaient pas inclus non plus, avoir des secrets de DJ était inestimable ».

Scott Gordon sort spécialement de sa retraite de DJ (il n’a pas mixé depuis deux ans) pour cet événement et on se sent chanceux de pouvoir assister à son set, quintessence de la house originelle tendance électro (par électro on entend bien sur le genre de musique électronique influencée par l’utilisation d’une boîte à rythme TR-808 et de quelques samples dérivés du funk – et non le sens actuel que revêt malheureusement l’électro), hip-hop et autre booty music.

19257557961_e26d183b0c_cScott Gordon dans le Mobile Homestead

A ses côtés, Stacey Hotwaxx Hale, jolie découverte dont on vous parlait dans notre précédent report (ici), et qui rejoignit le pool en 1976 aux côtés de Ken Collier, pour jouer devant une foule a majorité black et gay (Nader était connu pour l’organisation de ses soirées sexuellement et racialement libres). Pour l’occasion Stacey nous livre un mix un peu moins soulful que pendant le festival et là aussi complètement old school, réminiscence de sa première décennie en tant que DJ.

Un peu après qu’elle ait commencé, Stacey est rejoint par John Collins aux platines pour un b2b improvisé, qui suit la tendance early days de la soirée. Comme l’explique le fondateur du Detroit Sound Conservancy, Carleton Gholz dans son article sur Steve Nader :

« Stacey Hale et John Collins bénéficièrent tous les deux des conseils de Steve Nader pendant cette période. Pour Hale, c’était l’écoute d’un mix de « Rock with you » de Michael Jackson mixé avec un autre morceau instrumental : « c’était plus lent que ce qu’on avait l’habitude de jouer. Ca a joué un rôle majeur dans ma façon de penser le DJing, ça m’a ouvert des portes, il était excellent. » John Collins développe des propos similaires : « Il a été une grande influence pour moi en tant que DJ. La première fois que j’ai entendu quelqu’un jouer deux morceaux ensemble, c’était Steve à The Gas Station. The Gas Station était un club en sous-sol qui accueillait aussi le Club Heaven au croisement de 7th Mile et Woodward. Le morceau était « Good Times », de Chic ».

Dance Detroit Record Pool Reunion fut une excellente soirée, une de celle dont on se souviendra longtemps, autant pour la musique qui remontait aux sources de la house music, que pour le cadre surréaliste de cette petite maison avec jardin en plein coeur de Détroit.

Le set de Stacey Hale et John Collins :

Le set de Scott Gordon :

L’article de Carleton Gholz sur Steve Nader et le record pool Dance Detroit disponible en cliquant ici.

Crédits photo (featured image Stacey Hale) : Detroit Sound Conservancy

Alia.

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