Il ne me sera pas permi cette année de redécouvrir Arles. La ville dorée et grise me fuit une nouvelle fois. Il ne me reste plus alors qu’ internet pour satisfaire ma faim. Je me rabats avec molesse sur les nombreuses revues de presse. On y parle d’école française, celle de L’Ecole Nationale Supérieure de Photographie (ENSP). C’est elle qu’il faut chérir cette année. Pas de crise de la quarantaine. Professeurs, anciens élèves et actuels ont assailli la ville.

Alors avec tristesse je parcours le catalogue des Rencontres. Je m’entache d’un artiste, cherche dans son oeuvre, sur internet. On fait avec les miettes, voilà tout. La première marche revient à Géraldine Lay.
Diplomée de l’ENSP en 1997, elle travaille aussi aujourd’hui comme responsable de fabrication dans une librairie. Et pas des moindres. Actes Sud. Le coeur d’Arles dira t-on.

Sa photographie est riche en couleur mais simple en expression. Sans être vive, la couleur s’étale sur des fresques quotidiennes. On croit en l’illusion d’un vieux films aux couleurs Technicolor, on pense à des contrées pâlie par le temps. Les déserts nordiques ou le vieux charmes italiens.
Le regard s’immisce, capture des instants quotidiens, sans les bouleverser. Parfois avec humour, parfois avec tristesse. La photographie de Géraldine Lay donne à revivre des scènes de vie, des moments d’absence, de douleurs. Quelques pensées fugaces ici et là, qui sursautent. Cette photographie sacre l’illusion, l’illusion d’une beauté momentanée.

Son dernier livre s’intitule Les Failles Ordinaires et mélange portraits et paysages. Des coins de France aux pays nordiques, Géraldine Lay photographie des rencontres aux hasard, des scènes illusoires. Le réel hasarde avec l’imaginaire, et cela avec tendresse.

Le site de Géraldine Lay.
Les Failles Ordinaires est disponible chez Actes Sud (25e).
Les Rencontres d’Arles : jusqu’au 21 septembre.

Des Races.

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