Gilbert Garcin est venu à la photographie sur le tard. Une fois retraité, Garcin se prend de passion pour la photographie. Il en fait son second métier. Il consacre tout son temps à cet art là. Il découvre ainsi la photographie lors d’un stage de photomontage aux Rencontres d’Arles. L’homme fait si bien son travail qu’il gagne rapidement le premier prix d’un concours photographique. Repéré par la Galerie des Filles du Calvaire, ses photographies plaisent immédiatement en France, puis à l’étranger. Impossible de ne pas sourire devant les mises en scènes de Garcin, de ne pas rire devant son trait d’esprit. Sa photographie si légère séduit immédiatement.

Le dessous des choses

Lors de son premier stage aux Rencontres d’Arles, un professeur intima l’ordre à ses élèves de poser leur appareil photo. Gilbert Garcin obéit. Médusés, quelque peu curieux, les élèves tronquèrent leurs objectifs contre du papier et des ciseaux. Un bout de carton contre un peu de colle, voilà ce qui suffit à motiver la création. La contrainte est la meilleure des stimulations artistiques. Garcin se distingua particulièrement des autres élèves dans cet exercice. Il adopta les matériaux qu’on lui proposa, avant d’en faire sa signature.
Dans ses photographies, Gilbert Garcin se met en scène dans des environnements crées de toute pièce. Il part d’une idée première, d’une petite phrase philosophique, d’une expression populaire et essaye de la réaliser photographiquement. La photographie «  ne pas tourner en rond » résume bien son projet. L’image parle d’elle même, elle frappe immédiatement le spectateur. Les titres des photographies lèvent le doute sur l’intention de l’artiste. « L’ombre », « faire de son mieux », « le dessous des choses », tous sont autant de concepts ou d’expressions qui se réalisent photographiquement avec Garcin. L’idée est simple mais géniale.
La vie
 
Idylle Nocturne
 
S’intéresser à la réalisation de ces photographies se révèle aussi fort instructif. Lorsque l’on se penche sur les photographies de Garcin, on se demande assez rapidement comment le photographe se met en scène. Comment construit-il le décor ? Comment réalise t-il ses photographie ? Existe t-il un trucage, numérique ou pas ?
Le photographe conçoit lui-même ses décors. Il n’a pas recours à un fond vert.  Rien n’est numérisé, aucune situation n’est truquée par le biais d’un logiciel. L’artiste conçoit ses décors en carton pâte dans son cabanon en bord de mer. Il n’à qu’un pas à faire pour chercher le sable de «  la vie ». Il s’insère ensuite, joue son jeu d’acteur et déclenche l’interrupteur. Dans son studio de poche en bord de mer, Garcinfabrique minutieusement ses décors, truque les ombres, offre des perspectives étonnantes. Ce procédé donne à ses photographies un air léger. On croirait entrer dans un univers fantastique, comme plongé dans un rêve épuré.

Faire de son mieux

 

Le bon compte
Garcin « fait de son mieux » pour représenter l’homme « de tous les jours » dans des situations familière. Il souhaite incarner le quidam, ce bonhomme qu’on croise tous les jours et qui nous semble si familier. Il entraine son personnage dans milles postures, il devient sitôt attachant. Ses photographies sont immédiatement évocatrices. Elle nous parle d’une petite philosophie, d’une sagesse amusée, jouant avec délectation sur les postures de notre temps. Ses photographies sont pleines de dérision, elles relèvent de l’absurdité de la condition de l’homme. Tout en humour.
La dernière ligne droite
 
Les récents clichés de Garcin ont introduit un autre personnage. Il fait entrer sa femme dans son cadre, elle découvre les lieux, et tous les deux s’amusent.  Il quitte son costume, il n’est plus ce quidam du quotidien. Il devient cet amant qui s’amuse avec sa belle. Comment alors ne pas sourire ? La paire reprend le concept de départ, pour y ajouter un peu d’amour, un amour que le temps n’a pas altéré.
La différence
 
Des Races.

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