Jack Hamil est une personne fascinante. Originaire de Belfast, l’homme aux écarteurs d’oreilles est un héros des temps modernes.
Attachant, l’énergumène pourrait assurément vendre de nombreux exemplaires de sa biographe tant elle décrit un personnage original et qui croque la vie à pleine dents.
Avec son physique très british et sa barbe soigneusement taillée, Space Dimension Controller n’a que 24 ans et a encore tout l’avenir devant lui. On l’imagine facilement dans les pubs la bière à la main tout en discutant avec son voisin de comptoir avec une aisance et un humour bien particulier.

Un avenir qui s’est éclairci dès le plus jeune âge, approchant la vingtaine il sort à la fois son premier EP The Love Quadrant dont le titre éponyme est un premier chef d’oeuvre, difficile de faire mieux et déjà la barre est placée haute ainsi qu’un album d’IDM intitulé Unidentified Flying Oscillator. Dans le même temps un album d’ambiant venait se greffer, déjà à seulement 19 ans.
Vous l’aurez compris Jack Hamil vit résolument dans un univers geek entre science-fiction et couleurs vives, comme en témoigneront les différents artworks de sa discographie.
J’évoque un chef d’oeuvre car c’est sans doute ce qui définit ce tout premier morceau, à l’âge où certains sortent du bac et commencent leurs études, lui compose et se forge son identité de producteur. Mêlant une voix robotique à des sonorités aquatiques avec un solo de guitare qui caractérisera plusieurs de ses productions, The Love Quadrant est à la fois kitsch dans son approche et terriblement envoutant.

SDC se crée rapidement sa patte qui se concrétise avec rigueur par la suite, Temporary Thrillz un condensé électronique entre ballades et morceaux plus rythmiques. On retrouve toujours cette petite touche électrique et robotisée.
Lui qui dans ses jeunes années s’adonnait à des heures de jeu sur World Of Warcraft tout en écoutant du Aphex Twin et Boards Of Canada. Il baignait dans un univers pour le moins fantastique qui l’a en quelque sorte poussé vers une manière de voir et de faire les choses notamment en terme de production.
C’est d’ailleurs dans ce même esprit qu’il mettra ses morceaux au point comme dans un film, chaque titre correspond à une scène.
Il fonctionne ainsi d’une manière complètement unique, à savoir d’abord trouver un titre accrocheur pour chaque morceau puis imaginer la scène pour enfin produire la track correspondante.
Un schéma que Jack Hamil respectera à chaque fois et qu’il mettra en oeuvre pour son premier LP intitulé The Pathway To Tiraquon6 qui est en réalité un «prequel» de l’album Welcome To Mikrosector-50 qui sortira 2 ans plus tard.
Max Tiraquon étant un des protagonistes phares de son univers de science-fiction.

On a ainsi un titre d’ouverture «Feature Presentation» et un titre de fermeture «Closing Titles», au milieu on retrouve des intitulés assez explicites qui marquent une progression. En entrant dans l’univers de Space Dimension Controler, on se prend à rêver et à imaginer comme il a pu le faire pendant l’élaboration de ses productions.
La multitude des genres est remarquable, de la techno agressive à l’ambiant en passant par une funk électrisée, de quoi rythmer un beau scénario de science-fiction et lui donner les grandes lignes.
Il cite par ailleurs la B.O de GTA Vice City dans ses influences, pour les connaisseurs vous comprendrez que l’homme construit sa légende petit à petit avec tous ces détails infimes mais significatifs.
Welcome To Mikrosector-50 est l’album qui démarre un nouveau film, on retrouve les titres d’ouverture et de fermeture ainsi qu’un artwork futuriste version manga stylisée.
A nouveau Space  Dimenson Controller démontre tout son talent et sa vista, Quadraskank Interlude est un morceau funk à souhait qui pourrait couvrir une scène de détente générale après une bataille sirotant quelque chose l’esprit reposé.
Inversement Back Through Time With A Mission Of Groove tout en gardant ce groove implacable irait chercher la scène de victoire avec un rythme des plus entrainants.
L’imagination est de mise et on est le scénariste-réalisateur-metteur en scène de son propre film où seul la bande originale nous est imposée, à partir de ça on peut tout faire.

Au-delà de la production, Space Dimension Controler s’est lancée bien que difficilement dans l’exercice du Djing avec de nombreux ratés au commencement, il commence depuis quelques années à trouver ses marques et à faire voyager l’auditoire.
Allant chercher des inspirations pop des années 80, on retrouve cette patte kitsch et dansante.
Pour sa première au Panorama Bar il a introduit son set avec In The Air Tonight de Phil Collins, il a réédité l’expérience notamment au Dimensions 2013 devant une boat-party remplie d’anglais plus ou moins alcoolisés qui reprirent en coeur un hymne qu’il chérit particulièrement.
Alors oui Jack Hamil ne cherche pas à faire des morceaux créés pour le club, quand il joue il ne soumet pas à aux souhaits du public ni à leurs attentes et quand au dernier Dekmantel il s’amuse à enchainer une version disco de Cantina Band dans Star Wars avec le fameux morceau de trance Lizard de Mauro Picotto on finit alors le sourire aux lèvres.
Une fois le défi relevé ou tout simplement une envie comme les autres Space Dimension Controller est forcément au dessus des autres. A méditer..

 

Thibault

 

 

 

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