Il est une énigme à lui tout seul, un personnage qui a pratiquement créé un genre avec ses productions. J’aimerai avoir la possibilité de passer une journée à l’intérieur de sa boîte crânienne pour y découvrir ou non un univers délirant dépassant l’imagination. C’est un de mes souhaits les plus chers concernant aussi d’autres personnes mais Kassem Mosse présente un intérêt tout particulier. Gunnar Wendel est un porte-drapeau de choix pour le grandissime label Laid, sa musique définit parfaitement l’esprit ce dernier de par sa recherche d’un nouvel horizon, d’une nouvelle façon de voir les choses. Rien d’étonnant à voir des gars comme Lawrence ou John Roberts côtoyer Kassem Mosse dans sa quête de l’inconnu. A côté de ça ses sorties les plus remarquées tournent autour de trois labels Workshop, NonPlus Records et Mikrodisco Recordings.

Kareem Moser – OS2009

Et puis on ne va pas se mentir sa musique est l’allégorie de la démence, on ne cherche d’ailleurs jamais la signification de telle ou telle décision dans le déroulement du morceau. C’est ce qui le démarque du reste de la scène électronique, quand d’autres choisissent la facilité avec un rythme vu et revu, avec des basses sans âmes et des percussions sans personnalité, lui va aller chercher ce que l’on a jamais encore entendu, pousser les limites du raisonnable au possible et nous délivrer une pièce d’art, un morceau qui puise dans des sonorités toujours nouvelles et ambitieuses. Cet homme là est un génie, beaucoup ne comprendront pas mon point de vue et d’autres acquiesceront sans sourciller. C’est un homme fait pour le  live, il dit pourtant apprécier les Dj sets en effectuant quelques gigs de temps en temps mais tout son talent se révèle sur scène, derrière les machines qu’il a calibré à son gout, à son humeur. Des machines qui lui répondent comme si il les avait créées, comme si elles voulaient aller dans son sens, dans sa propre folie.

Kassem Mosse – Untitled

Un live de Kassem Mosse c’est une expérience à vivre et à analyser, sa Boiler Room en est un exemple parfait. Concise, cohérente, sa folie n’en est pas moins grande mais c’est une folie positive qui pousse l’auditeur à entrer dans son monde et à tenter de le comprendre. Ce n’est pas forcément le genre de musique que l’on recommanderait en boîte tant le rythme est souvent lent. De là à se faire siffler comme Telefon Tel Aviv durant certaines de leurs performances il y a quelques années je ne pense pas mais il faut être averti et enclin à se régaler des melodies de l’allemand.

Kassem Mosse – Untitled B1 (Workshop 12)

Son dernier album Workshop 19 est un nouveau voyage qui ne plaira pas à tout le monde mais qui montre cette volonté de toujours rechercher de nouvelles sonorités, on semble parfois sortir tout droit de l’espace, on voyage sans cesse. L’écoute au casque ou sur un système son digne de ce nom est indispensable dans le cas inverse on perd pratiquement 50% du travail du bonhomme qui  est un perfectionniste, un scientifique qui produit méticuleusement. Je n’ai pas trouvé  d’indice sur son âge mais Kassem Mosse semble jeune et il a encore de belles années devant lui pour nous surprendre encore..

 

kassem-mosse-1

 

 

Thibault

 

 

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