Cela fait un petit bout de temps que l’on entend plus parler de Henrik Schwarz, depuis quelques mois et sa dernière sortie sur son label Sunday Music pour faire dans le précis. Pas d’inquiétude pour autant, l’allemand fait son bonhomme de chemin entre Boiler Room extraordinaire il y a un an tout juste et autres remix qui chatouillent l’ouïe. Petit focus sur l’artiste.

Henrik Schwarz a fait ses gammes chez Mood Music (Alexandre Maier, Kiki) où il sort son premier EP Supravision. A cheval entre graphisme et musique, Schwarz se découvre un talent avec Chicago et se tourne définitivement vers l’électronique au début des années 2OOO. Et depuis, c’est l’explosion : Watergate Records, Innervisions, Ostgut Ton, ils lui font tous des yeux doux et lui devient peu à peu un ténor de la deep-house allemande. Il multiplie les sorties sur ces géants de l’électro tout en vivant sa vie avec son label Sunday Music.

(hd fortement recommandé pour de la qualité sonore)

Sa musique est caractéristique de l’homme, alliant différents genres et surprenante dès la première écoute. On y trouve des percussions, des vocals africains, du synthé, de la trompette, du piano, bref le mec est très complet. Et l’artiste d’ajouter sa voix à ses productions – « Once again » ci-dessus est le fruit d’une collaboration époustouflante entre la voix d’Henrik Schwarz, son talent à la machine, et autres batterie et guitare. Seconde particularité notable, il ne joue qu’en live – et amène deci delà ses collaborateurs à l’image de la petite sauterie organisée par le Watergate sur les bords de la Spree dans la première vidéo. On s’assure donc de la marchandise en achetant ses préventes, qui sont par ailleurs très (trop) prisées : le berlinois se classe dans le top 5 RA des meilleurs live acts de l’année depuis 2009. Une récompense et un bel encouragement pour Henrik Schwarz à continuer dans cette voie qui lui réussit si bien.

L’art du remix. Car c’est un art musical que de reprendre avec tant de génie des tracks déjà fumantes. Henrik Schwarz s’amuse, va piocher dans des genres aussi hétéroclites que surprenants, et nous sort des petites merveilles. On parlera ici de reprises de Detroit Experiment – projet électro-jazz mené par Carl Craig, d’Amadou et Mariam, de James Brown. Du jazz à la world music en passant par du blues, le portofolio de reprises du musicien est incroyablement étendu, pour un plaisir d’autant plus incroyable à l’écoute.

Et quand son talent s’associe avec celui de ses congénères, c’est l’extase. Pour notre plus grand plaisir, il prend un malin plaisir à collaborer avec d’autres ténors du milieu, particulièrement ceux de chez Innervisions. On trouve ainsi des prestations d’un étonnant Schwarzmann, duo plus facilement reconaissable si l’on sait qu’il est la réunion de Schwarz et de Franck Wiedemann. Ou encore des reprises par Schwarz reprises elles-mêmes par des Dixon et autres Âme – la version finale ci-dessous du « code 718 » d’equinox est un modèle du genre, impressionnante.

Pour aller plus loin, on ira aussi voir du côté du Grandfather Paradox, projet rétro-musical sorti en 2009 par le duo Âme, Henrik Schwarz et Dixon. Une belle compilation de 50 de musique électronique par les trois larrons de Innervisions. On passe de Steve Reich à Richie Hawtin, de Robert Hood à Arthur Russel.

Enfin, continuité finalement naturelle de son hétéroclisme, le producteur allemand se révèle aussi amoureux de musique classique. Ou plutôt d’adaptation classique de ses morceaux. Il s’inscrit dans l’héritage des plus grands, Jeff Mills avec l’orchestre philarmonique de Montpellier en 2006 et Laurent Garnier salle Pleyel plus récemment. Peu peuvent aujourd’hui se vanter d’allier des musiques aussi différentes, et surtout avec un tel talent.

« If you are listening to electronic music, then you are anyway open to listen to new things. In a way, I think it is every musicians’ dream to have your musoc played by an orchestra. »

Et evidemment, on conclue en beauté avec sa Boiler Room. Clap clap.

 

Amaury.

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