Figure emblématique de la scène house de Chicago, Glenn Underground est porté en modèle par bon nombre de producteurs actuels. Jamais au cours de ses 25 années de carrière, il n’aura cessé de créer de la musique, toujours juste et qualitative.

Ce n’est pas le plus bavard, ni le plus facile d’accès. Mais son nom revient régulièrement pour évoquer les légendes de la house, entre Larry Heard, Ron Trent et autre Boo Williams. Plus précisément, celle de Chicago, sa ville. Glenn Underground en a fait son identité, sa marque de fabrique. Pour lui, ça ne fait aucun doute, la house est née dans la Windy City. Les avis divergent sur la question mais une chose est sûre, Chicago a grandement participé à l’éclosion d’une musique inspirée de la Black Music.

Glenn Crocker, de son vrai nom, n’a pas choisi son pseudonyme par hasard. Peu présent dans les médias, Glenn Underground a construit toute sa carrière autour de ce presque anonymat motivé par une capacité hors-norme de production. Né dans les années 70, Glenn Crocker a grandit dans la South Side de Chicago, où il a très vite baigné dans le jazz, qui revient régulièrement dans ses morceaux sous la forme de samples divers, entrecoupés et retravaillés.

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Atmosfear – Glenn Underground (1996)

Hyperproducteur

Glenn Underground fait partie de ce groupe de producteurs américains très prolifiques. Mais à la différence d’un Rick Wade, qui régulièrement privilégie la quantité à la qualité, Glenn Underground sort du lot. Sa discographie semble illimitée. A cela, s’ajoutent plusieurs alias et remixs, dont certains majeurs. Et pourtant, presque chacune de ses productions présente une structure semblable. Il explique d’ailleurs toujours commencer un morceau avec une base de percussions très vite suivie par une ligne de basse. La suite ? Beaucoup d’improvisations.
Il confie à Traxsource qu’il ne lit pas la musique mais qu’il est capable de jouer les notes et les sonorités qui lui passent par la tête.

Alors d’où vient cette proportion à sortir 6 EPs par an ? Et plus d’une douzaine d’albums sur les vingts dernières années ? La musique qu’il a accumulée pendant toute sa carrière. Glenn Undeground cite facilement Herbie Hancock et Stevie Wonder, tous deux originaires de Chicago. L’amour de sa ville n’a pas de limites. Comme un symbole, son premier disque sort sur le label Jesse Saunders, Dance Mania, en 1992. Son style n’est pas encore affirmé mais laisse entrevoir des qualités indéniables, que Glenn Underground adapte tout de suite à l’esthétique du label.

Labels de prestige

Des labels, Glenn Underground en a connus beaucoup, une nouvelle fois à Chicago. L’un des premiers, Cajual Records, création de Green Velvet et Cajmere, lui a permis de construire son identité aussi bien sous Glenn Underground que son alias C.V.O. L’EP GU essentials, paru en 1995, résume à lui seul l’orientation qu’il compte prendre pour les vingts prochaines années. L’année suivante, Glenn Underground s’exporte au Royaume-Uni et intègre l’écurie Peacefrog Records qui a vu passer tous les genres, de Luke Slater à Paul Johnson en passant pas Gemini. Son second album Atmosfear reste l’un des plus aboutis à ce jour. Difficile de ne pas le citer quand il faut évoquer le travail de Glenn Underground.

Dans la foulée, il lance avec son partenaire Boo Williams le label Strictly Jaz Unit qui leur servira de support pour leurs propres sorties, souvent en commun. Ils sortent désormais rarement sans leur teeshirt fétiche. Strictly Jaz Unit s’exporte partout.
Glenn Underground se fait rare en Europe. Et de son Chicago natale, il observe les transformations de la scène électronique du coin de l’oeil. Un OVNI de la production qui n’a pourtant jamais capitalisé sur le succès de ses sorties. Sauf peut-être dernièrement, où certains de ses classiques ressortent, profitant d’un engouement certain pour le vinyle. Et ça, pour le plus grand bonheur de tous.

Retrouvez Glenn Underground vendredi 13 à Concrete sur le Woodfloor
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Crédits Photos Deejay Booking

 

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