Cela faisait un certain temps que je voulais relancer cette chronique avec le très discret mais respecté Boo Williams. La sortie de son nouvel EP sur le label parisien Goldmin Music n’a fait que me conforter dans cette idée. Alors quitte à en parler autant combiner les deux.

Je n’ai pas encore eu la chance de le voir mais cela ne saurait trop tarder, au premier abord lorsqu’on le découvre dans sa Boiler Room il ne semble pas très communicatif, concentré certes mais très peu souriant. Imposant, dans un style assez proche du désormais House Gangster le controversé DJ Sneak, on le voit d’une toute autre manière dans ce set enregistré au Crib. Comment le décrire ? Il se lâche totalement et prend littéralement son pied. Et il faut dire que nous aussi, on a qu’une envie à la fin : le serrer dans nos bras et lui signifier à quel point il nous a transportés et régalés. Contrairement à l’image qu’on pourrait avoir de lui au départ, il délivre une énergie phénoménale et une dose d’amour qui vont suffiront pour la semaine.

De la House, de la vraie, il faut dire que le bonhomme a grandi avec les sonorités Jazz, Funk et Soul qui ont influencé et influencent toujours la musique originaire de Detroit et Chicago. A 14 ans le gamin commençait à travailler tout l’été pour savoir caler deux sons en même temps. Depuis on se doute bien qu’il a pris la main et que plus rien ne lui fait peur. Quand on sait qu’il peut citer Minnie Ripperton, Lil Louis, Larry Heard et Gil Scott Heron comme influences on saisit un peu plus la carrure de celui qui atteindra la cinquantaine dans 4 ans comme ses ainées Jus-Ed ou Jeff Mills avant lui. Car oui le cercle s’agrandit et quel plaisir de les voir toujours aussi présents sur la scène électronique. Ceux qui connaissent déjà Willie Griffin (de son vrai nom) auront peut-être déjà entendu l’histoire qui le relie à Glenn Underground l’autre petit génie lui aussi originaire de Chicago (oui ils sont nombreux). Certains font le chemin inverse mais Boo Williams n’a commencé à produire qu’au début des années 90 soit près de dix ans après ses débuts derrière les platines. Ils se croisaient souvent en soirée et ont fini par échanger beaucoup de choses, à commencer par les productions de Glenn Underground que Boo Williams se fit un plaisir de jouer dans ses sets. Le talentueux et jeune producteur lui rendit vite l’appareil en lui apprenant à manier le clavier, il y avait du génie chez les deux mais l’un en était en conscient et l’autre était en passe de le découvrir. Ils ont d’ailleurs formé le projet Strictly Jaz Music, le mix pour la Fabric vous donnera une idée de ce que ces deux monstres sont capables de balancer.

Alors le plus étonnant reste peut-être l’absence de vocals dans ses productions contrairement à la plupart de ses prestations vinyles et CDs en mains. On s’oriente plus vers une House aux accents Techno, très énergique où les synthés sont très présents. On voyage, on en prend plein les oreilles et ça n’est pas plus mal, c’est même un bonheur d’entendre un artiste pouvant toucher à tout. Les trois tracks suivantes sont assez représentatives de ce que Boo Williams produit, il a par ailleurs officié sous les noms Mandrake et Moon Man.

Boo Williams – Mortal Trance

Mandrake – Eternal Mind

Moon Man – Moon Patrol

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C’est donc la seconde sortie de Boo Williams sur ce jeune label basé à Paris après Summer Love disponible depuis maintenant 9 mois. Que dire ? Tout semble si facile, on retrouve bien évidemment la patte du producteur qui a bien évolué depuis ses débuts. Ce qui frappe c’est sans doute cette multitude de sonorités qui viennent garnir chaque morceau, le rythme reste inchangé et les percussions viennent accélérer le tout vers la fin.

Distant Land est une bombe à retardement, on prépare doucement le terrain avant de faire exploser un synthé spatial qui fait vibrer nos oreilles, le tout s’entrechoque dans une cohérence parfaite.

Dans un registre plus doux, où les tam-tams prennent le relais Living Waters donnera un sens à vos après-midis ensoleillées où le calme règne et où la musique est reine.

Enfin 7 Days vient apporter cette petite touche acide que l’on connait si bien dans ses productions, on voyage à une vitesse folle, l’énergie est impressionnante et je n’ose imaginer la puissance combinée de tous les éléments qui composent le morceau sur un système son de qualité. Ça y est l’envie de danser revient tout de suite, on y va ?

Thibault