Alors que certains s’agacent du magnétisme que Detroit produit, on ne peut néanmoins que s’étonner de découvrir, encore et encore, les talents méconnus qu’elle couve. Big Strick est un pur produit de la Motor City : en voici un léger portrait.

On aime toujours les histoires de famille, les liens de sang étant de ceux qu’on ne choisit pas, et le travail familial réussi nous ravit en conséquenc. Big Strick est le cousin d’Omar-S, qui l’aide à décoller en 2009 en sortant son premier EP sur son label FXHE. Grosse vibe house de Detroit, des boîtes à rythmes parfois très sales et autres discours contestataires sur fond de downtempo : le résultat est d’emblée réussi sur « 7 Days« .

On peut parler de la dernière track – reprenant la célébrissime expression « Whatup Doe ! » – dont les synthétiseurs rebondissent inlassablement sur une rythmique efficace. Impossible de passer également à côté du massif « Buckle-Up!« , dont l’implacable construction rattrape une ligne mélodique sans cesse à contretemps.

En 2010, Big Strick sort un deuxième EP sur le label de son cousin – « 100% Hustler » – et confirme ses prédispositions musicales. Le titre éponyme sort du carcan fixé par le précédent opus, affichant une stylistique nettement plus froide et réfléchie avec une grosse section rythmique. Une ligne de basse nauséabonde grimpe lentement, et vous obtenez votre bombe pour faire danser les foules. En réel amateur de houblon, vous vous attarderez sur le clin d’œil du titre « Old E 800« , qui dénote ici franchement avec les productions précédentes.

Il était ensuite temps pour lui de lancer son propre label – 7 Days Ent. – sur lequel paraît en 2011 un premier album de son cru : « Detroit Heat« . L’anxiogène « State Of Emergency » ouvre le bal, on vous le déconseille au réveil, sauf si vous appréciez les sensations fortes. La ligne mélodique et le beau piano de « Yllabian Dogfight » adoucissent légèrement le ton, ou encore le missile house « Maybe 1 Day » accompagné de Tony Coates.

Une compilation sort en 2011 sur ce même label, on y retrouve un vétéran de Detroit – « Reckless » Ron Cook – mais également un autre membre de la famille – Generation Next – à peine âgé de 16 ans. Le morceau à remarquer est ici la collaboration entre Big Strick et Omar-S aux claviers sur « Family Affair« . Un petit régal.

Ceci nous permet de nous attarder un peu plus sur ce duo formé avec le jeune Generation Next. Deux EPs viennent sceller la cousinade, on peut citer les morceaux-titres « Alpha & Omega » et « Like Father, Like Son » aux tonalités et sensibilités diamétralement opposées.

Sa dernière sorte date de 2015 et s’intitule « Simple Pleasures« . On relèvera la pépite « 48 Hours« , parfaite pour se relaxer gentiment, ou encore « Ghetto Man« , qui nous prouvent une réelle évolution dans le style de Big Strick. La production est plus léchée, et les sonorités plus funky. Creusez encore sa discographie, et veillez sur les sorties de ce beau talent. Le jeu en vaut la chandelle.

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