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persona

Persona

A l’heure où Lise s’évade et par le haut du jour,
Toujours et sans pitié, une silhouette opaque
S’agite alors en elle comme un vieil abat-jour
Allume dense et frêle, telles les lunes à Pâques,

Uns à uns, ses profils en suivant ses contours
Aux tours d’épaules, de hanches et de taille, une flaque
Insidieuse et lourde, donne corps, tour à tour
A son double et son double : l’un danse et l’autre plaque 

Au sol et sans ménage, sans âge et sans détours
Le fond de sa jeunesse sur la ride au tarmac
Faisant à son profil un odieux pourtour
Et sous ses traits d’argile le pli d’un épais masque.

C’est que la vie d’ailleurs, et l’audace, et l’amour
L’ont quitté pour la boue de cet être âpre et flasque ;
Ci-gît à la surface, sans relief, en retour
Son âme en négatif aux mercis des bourrasques 

 

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