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IMG_1077Les amants du pont neuf

A l’aveugle et les jambes aux pas d’un va-nu-pieds,
Elle s’en va, clopinant, à la pointe de l’île
De la cité, courir et se cacher épier
Les derniers rayons verts allumer une idylle ;

Sur un échafaudage de larges dalles blanches
– Douze alcôves de pierres et des bancs en ardoise,
Il crache des flammes ivre d’amour et s’épanche
En vidant un flacon sous un bec de gaz.

Puis la nuit, en fuyant les loges en demi-lunes
– Bardées de mascarons aux bouilles de diables !
Ils glissent sur la Seine comme sur les dunes
Ainsi qu’un bras de mer épouse un banc de sable

Au loin, la Manche, hélas ! Au large un pêle-mêle
De mailles de soie de mer, cache-coeur et bas de laine,
La gaine de la nuque jusque en bas de l’aine
Et gonfle en ondulant alors qu’elle bat de l’aile.

 

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Illustrations : Les Cahiers du Cinéma – Numéro Spécial M1089 – 9110 H