Demain samedi 4 octobre se tient la Nuit Blanche à Paris. High Five a sélectionné trois plans où aller, programme bien sûr exhaustif tant la diversité culturelle éclabousse la capitale française ce samedi soir. La météo s’annonce clémente et le programme chargé, la vie culturelle de Paris est définitivement un passage obligé de ce week end.

 

William Daniels sur le Quai du Marché Neuf (75004)

Pour cette nuit culturelle, l’ONG « Action contre la faim » collabore avec William Daniels, lauréat 2014 du Visa d’Or humanitaire de la Croix Rouge. Primé pour un reportage photo en République centrafricaine, il exposera ces photos sur les quais de Seine toute la nuit (19h – 07h).

Daniels a été cinq fois en Centrafrique, où il a rencontré l’ONG française. Une collaboration a vite été pensée, pour montrer la réalité du terrain. « En affichant ce projet pendant la Nuit Blanche, nous allons pouvoir interpeller un public qui ne cherche pas à savoir ce qui se passe dans le monde. Cette fresque est le moyen de rappeler que la situation en Centrafrique est toujours alarmante.”[i]

La fresque murale s’accompagnera de 20h à 21h d’une performance sonore de Mr Nô.

WDA01722CAR© William Daniels /  Between Bossemtpele & Zawa 

 

 

WDA01716CAR © William Daniels /  Boali. 

Conseils pratiques :

On ne sait pas ce que la combinaison avec Mr Nô va donner, néanmoins les photos méritent d’être vues et revues. Vous pouvez retrouver l’ensemble de ce reportage en Centrafrique sur le site de l’agence Panos.

 

Jeff Mills au Parc André Citröen (75015)

Après la quatrième édition de la Time Tunnel à la Machine du Moulin Rouge il y a deux semaines, Jeff Mills revient à Paris pour la Nuit blanche. Au parc André Citroën, il animera un « bal populaire » sur le même modèle que ses récentes prestations : on voyagera avec le génie de Detroit du Moyen-Âge aux années disco en quatre heures de set.

Reconnu comme l’un des pionniers de la Techno de Detroit, aux côtés de Derrick May, Carl Craig, Kevin Saunderson ou encore Juan Atkins, Jeff Mills est une véritable légende de la musique contemporaine. Il débute sa carrière en tant que DJ dans les années 80, après avoir officié sous le nom de The Wizard dans des émissions musicales pour les radios locales WDRQ et WJLB. En 1988, il crée le duo Final Cut avec Anthony Srock, puis, en 1990, il crée Underground Resistance avec Mad Mike. Jeff Mills s’éloigne peu à peu du collectif et rejoint New York, où il crée son label Axis Records.

Connu comme étant l’un des DJ/Producteurs les plus innovants et les plus doués techniquement, il a notamment révolutionné le DJing en mixant avec 3 platines. Ancien étudiant en architecture et passionné de cinéma, sa sensibilité pour les Arts visuels et son implication artistique sont des composantes essentielles de son univers.  Dans les années 2000, il révolutionne une fois de plus le monde du DJing, mais aussi du VJing, en mixant en même temps son et image grâce à une nouvelle platine CD et DVD. En 2004, il sort le DVD “Exhibitionist”, qui présente plusieurs sets de DJ filmés sous différents angles.

Depuis, le maître de Detroit enchaîne les performances artistiques et les incursions dans le milieu du Cinéma : bande son du film “Metropolis”, sculpture-installation dédiée à “2001: l’Odyssée de l’espace”, bande son pour “Les Trois Ages” commandée par MK2 … On ne l’arrête plus. Il installe sa résidence Time Tunnel à la Machine du Moulin Rouge en 2012 qui explore ses réflexions sur l’avenir de la musique en la mettant en perspective avec son passé et son présent.

 

Conseils pratiques.

L’événement facebook rassemble déjà 2.500 personnes : Paris se lève pour Jeff Mills. Arriver tôt du coup, le site ouvre à 20h et le bal commence à 21h.

 

Parc André-Citröen, 6 rue de la Montagne-de-la-Farge, 75015.

Métro : Balard – Lourmel – Pont de Garigliano.

 

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Le street art à l’honneur dans le 13e

De la gare d’Austerlitz à la gare Masséna, le 13e arrondissement devient un musée à ciel ouvert, où près d’une vingtaine d’œuvres s’impliqueront dans le décor parisien.

On commence avec le peintre Jacques Villeglé dans la Cour Seine de la Gare d’Austerlitz, qui expose un immense graffiti noir en résonnance à son travail. Exposé au Centre Pompidou en 2008, figure incontournable des Nouveaux Réalistes, l’artiste de Quimper s’est démarqué par ses affiches iconographiques lacérées. En flanant ici et là des bouts d’affiches, Villeglé en crée des nouvelles – plus de 3.500 à ce jour. Une belle introduction au street art.

Sur les quais, on s’étonne avec Hicham Berrada, artiste marocain ancien des Beaux Arts de Paris, qui expose son « Arche ». L’installation est une énorme citerne de 4.500l d’eau, installée sur le Quai du Port d’Austerlitz (au niveau du pont Charles de Gaulle), dans laquelle la vie se libère et amuse. Par des réactions chimiques et des éléments extérieurs perturbants ces cycles, l’artiste nous montre ce qu’il appelle « l’infinie diversité du vivant ».

Quelques mètres plus loin, l’artiste iranien Imran Qureshi éclabousse le quai de peinture acrylique rouge – le sang – dans une représentation abstraite de l’art islamique ancien. Primé artiste de l’année 2013 par la Deutsche Bank, Qureshi effectue demain soir sa première intervention en France, après être passé notamment par le toit du Metropolitan Museum of Art de New York.

Enfin, si on pourrait s’attarder sur les œuvres de Jan Vormann, d’Esther Stocker, on se penchera dernièrement avec attention sur l’installation de Jef Aérosol. La star française du street art, reconnue mondialement avec pour ses pochoirs incroyables comme son « Sitting kid » sur la muraille de Chine, est invité par la Mairie de Paris avec une carte blanche sur son installation. Qu’à cela ne tienne, il invite ses amis et investit les alcôves extérieures de la Halle Freyssinet, métro Chevaleret. En résulte une belle rétrospective des écritures graphiques, avec des artistes éclectiques des années 80 à nos jours.

 

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© Jef Aérosol / « Sitting Kid » à Buenos Aires (Argentine)

Conseils pratiques :

Une belle occasion de se balader dans le 13e, par une soirée douce d’automne. Les artistes exposés valent définitivement le coup d’une escale à vélo, avant de filer dans Paris Sud voir Jeff.

Plan précis des installations ici.