Le mec est infatigable, un activiste de la première heure, depuis maintenant plus de 15 longues années il produit, arpente les scènes et va délivrer son énergie un peu partout. Si l’on jette à coup d’oeil à sa discographie on peut même se dire qu’il en fait  parfois un peu trop (les cardiaques s’abstenir) ou qu’il est simplement hyperactif, vu le nombre de productions à son actif par année il doit y avoir des personnes qui se posent de sérieuses questions sur leurs capacités à créer et balancer des nouveautés quand ils se comparent au bonhomme. Avec au minimum trois sorties par an et une année 2013 plus que prolifique Colin McBean est plus que présent sur la scène électronique notamment avec un album Retrospective qui est comme son nom l’indique une compilation de certaines de ses productions depuis ses débuts. Si vous ne le connaissez pas, commencez d’abord par là. Le personnage a une conception assez particulière de la musique et il se démarque avec une facilité déconcertante des autres. Le morceau Daily Prayer résume parfaitement son état d’esprit à la fois génial et unique, pour ma part il n’y a rien de mieux, sensualité, percussions, justesse tout  y est.

« When you hear a track and the bass and keys don’t match, sometimes it just works. You just feel it. It’s not about where it should be; it’s about where I hear it and where I feel it. The rest doesn’t matter »

Et niveau performance live il n’a rien à envier à personne, le classement RA ne lui donne pas raison mais on sait tous au fond de nous qu’il y a sa place. Ceux qui ne sont pas convaincus allez voir par là on en transpire presque autant que lui. Sinon à relever parmi les nombreuses sorties de cette année qui touche bientôt à sa fin, l’EP sorti sur le label Bass Culture du bien aimé D’Julz intitulé J’s Credt. Et encore une fois la qualité est là. Trois tracks travaillées et qui gardent en haleine jusqu’à la fin.

La première Let Down ne laisse pas une seconde de répit, parfait pour faire repartir un set, les notes de synthés sont simples et ne varient pas, c’est la basse langoureuse mais juste qui fait le morceau. Le tout est d’une clarté extrême, tout est propre, les percussions au départ formées par un beat lourd se voit agrémentées de crissements forçant la voyage et l’imagination. S’ajoute alors au milieu cette voix de femme qui laisse rêveuse, vient alors ce moment de calme avant que tout reparte, la construction est parfaite on ne pourrait presque rien ajouter de plus.

La particularité de cette EP est l’ouverture, les trois morceaux ne ressemblent en rien. En témoigne Toi Toi qui démarre avec un tam-tam énergique et des synthés qui jouent avec nos émotions, trois notes pour le premier, une pour le deuxième avec un arpégiateur qui fait monter en intensité. Quelle énergie ! On a envie de l’entendre en boîte raisonnant sur les enceintes, prêtes à nous enlever un tympan, ça viendra mais on a hâte. Le rythme est rapide et la vocal « Come on » ajoute un brin de folie avec ses différentes intonations.

Dans un registre plus sommaire, le dernier morceau Tony’s Taxi (Lol Lindy) qui contrairement aux deux autres qui s’axaient sur des sonorités House vient ici sur les terrains d’une Techno lourde et noire, la percu aigue qui s’ajoute au beat accélère d’un coup le morceau et la ligne de basse s’entend parfaitement dirigeant à elle seule le morceau. On a un panel imprésionnant des capacités de Mr. G à manier la musique et à en faire une expérience unique. Encore une fois les voix assez effrayantes au final viennent ajoutent un peu plus de noirceur, on danse, on danse et notre coeur bat vite, tout y est…

 

 

Thibault

 

 

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