La dernière sortie de la jeune écurie D.KO redonne les pleins pouvoirs à Mad Rey – l’esthète qui avait marqué son monde avec le morceau Quartier Sex premier du nom et dont les performances lives n’ont laissé personne indifférent. Retour sur une sortie entre raw house et samples déguisés.  

Le chemin parcouru depuis l’EP Coeur D’artichaut – qui symbolisait la naissance du label D.KO Records – semble déjà long et ponctué de succès. Portant ses projets à droite à gauche, l’entité parisienne tente et réussit beaucoup. A l’image d’une label night au Batofar où seuls les artistes du-dit label garnissaient la scène, la capacité d’attraction semble infinie tant le public hexagonal et étranger reste encore à conquérir et à toucher.
Une réussite qu’ils ne doivent qu’à eux-mêmes, portée par des sorties pressées avec tempérance et ingéniosité. Mad Rey symbolise à lui-seul l’impact et le poids du label sur le microcosme parisien.
Sa tête vous est peut-être familière, l’année 2015 fut prolifique pour lui, des extra-muros 75021 à La Ferme du Bonheur, de la Machine Du Moulin Rouge au Macki Music Festival en passant par le Rex Club. La boucle ne pouvait être que bouclée avec sa présence au Weather Winter entre Kenny Dope – moitié de Masters At Work – et le vétéran Lil Louis dans un peu plus d’une semaine, signe d’un pas de géant et d’une reconnaissance non négligeable de la scène.

Quentin Leroy de son vrai nom n’est pas en reste concernant ses autres projets. Autodidacte confirmé, il est à la tête du label de musique mais aussi maison d’édition Red Lebanese fondé avec ses comparses et qui promeut la culture hip-hop mais pas que, à travers la sortie de tapes ainsi que d’ouvrages artistiques, le tout en séries limitées.
Egalement membre des Babylon Rockers, que l’on a pu voir à l’oeuvre à la Rotonde Stalingrad et sur les ondes du Mellotron, bref un bagage déjà conséquent pour un personnage qui se démarque de la jeune scène house avec un son spécifique.

Eduqué au beatmaking, Mad Rey puise ses inspirations dans son ancrage hip-hop qui trouve dans sa construction un schéma qui se rapproche de la house. Tous les genres s’entrecoupent et il use avec brio de ces similitudes pour créer ses morceaux.
Comme tout bon beatmaker, le sample tient un rôle central dans sa manière de produire et d’assembler chaque pièce du puzzle.
Toute comparaison avec Mr. G ne serait pas anodine, eux deux qui personnifient presque religieusement la MPC – ce sampler pour les adeptes de «l’échantillonnage».

Les deux faces de ce 7ème opus sont extrêmement bien équilibrées. L’une froide et l’autre chaude. L’opposition prend sens à l’écoute des mélodies utilisées et la façon dont elles sont orientées. «La Chapelle (Dub Mix)» présente une boucle grinçante où s’organise un jeu de cymbales qui s’intensifie volontairement et de manière crescendo. Agressif comme l’indique littéralement «Hard Ferailleurs», avec un clin d’oeil à ses débuts  – les premières secondes «Quartier Sex» sont reprises en boucle autour de laquelle est construit un tout nouveau morceau. On vient ici nous couper l’herbe directement sous le pied, dur à l’aspect et fort à l’impact.

La verso de Salon de Thé se focalise sur la mélodie directrice. «MSW (Dub Mix)» s’ouvre avec une ligne basse qui sonne étonnamment peu juste. Volontairement, car couplé aux nappes qui arrivent ensuite et à une sorte de xylophone détourné, le tout prend de la consistance et se révèle excitant. Mad Rey se permet de faire redescendre l’atmosphère au milieu du morceau, usant du filtre avec malice avant que la boucle ne reprenne un second souffle.
«Impuissance (Dub Mix)» gravite autour du sample, telle une ballade édulcorée et langoureuse. Il en ressort ainsi les influences du producteur dans chacune des pièces de musique utilisées et assemblées de manière brillante.
Si le sampling constitue le point central, la logique dans la construction des morceaux est remarquable et souligne ce besoin de sans cesse surprendre.

 

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