Si en ce moment on parle sans arrêt du renouveau de Paris notamment aux vues des soirées et événements qui nous sont proposés chaque week-end et même désormais en semaine, on ne peut évidemment pas nier le rôle des nombreux collectifs qui ont vu le jour ces 4 ou 5 dernières années et le collectif D.KO qui a désormais son propre label éponyme D.KO Records n’y est évidemment pas étranger.

Leur premier EP Coeur d’artichaut qui s’était vu accompagné d’une Release Party originale et dantesque dans une ancienne imprimerie à Montreuil avait rapidement su conquérir le coeur de nombreux de diggers (pour ne citer que Mike Huckaby où les vidéos de lui pullulent sur internent où il balance à mainte reprises le morceau Quartier Sex, un concentré house de Chicago qui a su à chaque fois faire exploser une foule en délire). Alors depuis décembre il s’est tout de même passé pas mal de choses pour eux, du Camion  Bazar à une journée folle au 6B où une salle leur avait été spécialement réservé, Mad Rey et Flabaire nous distillant respectivement leur live déjà bien fignolé aux B2B sulfureux qui avaient provoqué l’euphorie. Les compères Micky P et Gabriel ont fait leur première au Rex il y a de ça de deux semaines, un warm-up de 2h30 (tout de même) qui avait mis le feu au poudre avant un live spatiale de Juju & Jordash.

La belle histoire ne pouvait s’arrêtait là et le collectif organisait son premier mini-festival étalé sur deux jours quelques jours plus tard. Au programme une plage ensoleillée comme jamais au GlazartRalph & Larry Houl en live pour la 2ème fois à Paris (ils seront d’ailleurs les invités d’un plateau d’exception aux côtés de Cuthead, Jacob Korn et Session Victim à Berlin fin novembre) démontrait tout leur talent, s’en suivait un set de Cuthead et un B2B entre Johanes Albert et Dynamodyse (qu’on avait interviewé il y a de ça 2 ans) qui respirait la bonne humeur. La soirée se poursuivait dans le club avec Leonid, Johanes Volk et les gars de Taapion Records, on y était pas mais les retours furent bons, la chaleur et l’intensité étaient de mises !

Le lendemain fut une démonstration de bout en bout et le line-up donnait l’eau à la bouche, Romain Play qui remplaçait au pied levée Tin Man retournait comme à son habitude la piste de danse avant que Genius of Time dans un live bien différent de leur dernière Boiler Room ou de leur dernier passage à la machine orienté Techno dans un premier temps puis House en avait impressionné plus d’un. La suite n’en était pas moins renversante, Max Graef prodige et futur crack venait pour l’une des ses premières dates en France régaler l’auditoire dans un set aux sonorités Jazz/Hip-hop, ça change et ça fait du bien. Le temps de voir Oskar Offerman aka Jesus ou Space Dimension Controler, Mezigue venait clore le mini-festival de son collectif avec un final hyper actif, on en redemandait encore à la fin. Une réussite qui comptera à coup sûr à l’avenir, l’exercice 2014-2015 s’annonce déjà florissant pour le collectif.

Pour en revenir au label, la deuxième sortie se faisait donc attendre après l’aperçu qu’avait pu nous donner Mad Rey avec son morceau sur le premier EP, symboliquement Quartier Sex EP venait donc faire sa place en tant que deuxième sortie du label. Si le producteur en tant que tel tire principalement ses racines dans le Hip-hop (et cela se voit tout de suite, son alias L Rey peut en témoigner), il s’oriente vers des productions qui rappellent la French Touch des années 90, la belle époque comme dirait certains. Maitre du sample et du beatmaking il s’affaire à un exercice difficile mais réussi.

Tribute To Roy Ayers est le morceau d’introduction par excellence, on imagine bon nombre de Djs commencer leur set par cet hommage à un homme que l’on présente plus qui aura marqué l’histoire du sample. Mad Rey impressionne par sa rigueur technique et sa faculté à assembler les percussions et sonorités, le piano qui arrive en fin de morceau est le point d’orgue du titre ajoutant cette touche jazzy si particulière et qui change tout.

L’inspiration French touch se fait notamment ressentir avec Double Jeu et Royal Bar, dans la lignée du Knight Club (et aussi des premières prods de Thomas Bangalter), l’utilisation des mediums et du filtre apporte une touche supplémentaire à des tracks qui seraient parfaites pour relancer un dancefloor en perdition, d’une intensité folle, la rythmique y est pour quelque chose, rapide et efficace. La vocale de Royal Bar vient donner un énième coup de massue, elle raisonne et s’accorde parfaitement avec le tout. On en prend plein la gueule tant le bpm n’est pas de tout repos mais quelle claque.

Quartier Sex EP impressionne par sa diversité, à la fois doté d’un groove indéniable, on est pris à la gorge et pourtant un morceau vient calmer le jeu de la plus belle des manières, Real Shit est une ode à la désorganisation, aux productions de Detroit où la rythmique part dans tout le sens mais reste en apparence complexe et sensée. La qualité du morceau est volontairement saccadée pour apporter un brin de folie caractéristique, tout est travaillé de la vocale au beat en passant par les percussions.

Un D.KO 003 semblerait voir le jour en septembre, sur leur lancée D.KO records n’en a pas fini avec nous et vous, Flabaire aux commandes ?

La Page Facebook D.KO Records

Retrouvez les au Camion Bazar en compagnie de Flabaire et Gabriel ce week-end

L’EP sur Clone, Decks

 

Thibault

 

Articles similaires