Un vent de fraicheur était arrivé à point nommé l’année dernière lorsque les collectifs Cracki et La Mamie’s s’associaient et ne faisaient qu’un, donnant naissance au Macki Music Festival. Fort d’une programmation originale, à l’exact opposé des supers productions françaises ou étrangères, le rendez-vous de Carrières-sur-Seine est vite devenu un incontournable. Retour en mots sur la dernière édition, afin de nous projeter sur la suivante.

Étalé sur deux jours dans un format 12h-22h – que La Mamie’s avait étrenné lors des fameuses Ferme du Bonheur dont ils sont désormais liés ou Cracki Records avec leurs Open Air – le Macki Music Festival avait des airs de grande fête loin des codes habituels que l’on trouve dans les festivals. Daniel Wang va dans ce sens et confirme : «Il manquait les grands noms et logos des « sponsors » des grandes sociétés de vodka et « energy drinks », on avait plutôt l’impression d’assister à un piquenique, et ce jardin à côté du fleuve contribuait aussi à la bonne ambiance. Je suis reconnaissant d’avoir pu en faire partie».

Les organisateurs avaient travaillé étroitement avec la mairie de Carrières-sur-Seine, les riverains avaient accès gratuitement au festival, si bien que l’on pouvait croiser des familles, des jeunes, des vieux, des bambins au détour d’une ligne de basse ou de synthé. L’ambiance familiale était de mise, et le cadre y était pour beaucoup : il fallait traverser un chemin en bordure d’une rivière pour rallier les deux scènes. « J’ai eu une impression très sympa de l’après-midi que j’ai passée au Macki Music Festival. Surtout que c’était très jeune, idéaliste, presque estudiantin … Et c’est tant mieux ! », explique Daniel Wang. Idéaliste, sans doute, comme si l’on jouissait d’une certaine liberté, par la grandeur du cadre et l’absence de réelles barrières.

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© Raphaël Pincas

La programmation a été pour la première édition audacieuse, sans rien à envier aux autres festivals, qui privilégiaient une direction artistique attendue et, donc, moins originale. L’association de La Mamie’s, dont les connaissances en matière de musique électronique n’étaient plus à prouver, et de Cracki, plus axé Indé et old-school, a fait des merveilles. Les décisions prises ensemble et de vive voix ont donné lieu à un line-up des plus éclectiques, où Détroit, Disco, Rock, Funk, Hip-Hop se sont mélangés avec brio. On pouvait passer d’une scène à l’autre sans encombre et dans la plus parfaite cohérence.

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Et c’est sans aucun doute la réceptivité des personnes présentes ce jour là qui apporta une autre dimension, non pas pour critiquer le public habituel des festivals mais plus pour souligner l’atmosphère spéciale qui y régnait comme le rapporte Antal – boss du label Rush Hour. « Je n’ai qu’un mot à dire : FANTASTIQUE ! C’était un jour de pluie ce qui était assez nul. Je me baladais pour aller écouter quelques groupes comme Fatima, mais au moment de commencer mon set, la scène n’était pas vraiment pleine. J’avais juste en tête de faire la fête peu importe le nombre de personnes qui dansaient, et puis d’un coup la place commença à se remplir de plus en plus et c’est devenu fou jusqu’à ce que quelques personnes ôtent leurs vêtements et commencent à courir partout avec la sécurité qui les pourchassait. J’ai adoré », explique celui qui a clos le Dj Stage le dernier jour (voir la vidéo ici).

Le mauvais temps ne fut en aucun cas un frein pour les festivaliers qui n’attendaient qu’une chose : poser à nouveau le pied sur le site le deuxième jour. La bonne humeur et les sourires sur les lèvres ont eu l’effet d’une danse de la pluie ; le soleil arriva en messie pour parfaire une journée riche en rebondissements.

La seconde édition du Mack Music Festival se déroulera cette fois-ci fin septembre – un choix intelligent, se plaçant après les gros festivals de l’été pour clore une saison déjà bien remplie. Dans le même esprit que l’édition précédente, on retrouve une programmation originale, et surtout, le même lieu qui avait l’an passé marqué les esprits.

L’opening logiquement orienté club aura lieu à la Machine Du Moulin Rouge, où l’allemand Moomin de Smallville Records présentera son nouveau live aux côtés d’un plateau 100% français composé de Bambounou, D.K et Eliott Litrowski.

Puis, le premier jour verra se bousculer sur scène la disco spatiale de Bon Voyage Organisation, Ménage à Trois de Cracki Records, la jeune garde hip-hop avec Chester Watson et le beatmaker ShunGu ou encore la pop à la manière de Tame Impala de Moodoïd. Floating Points viendra étaler sa collection de disques tandis que Tony Allen ne fera qu’un avec sa batterie. Sans oublier Silk Rhodes et ses envolées Soul.

Le second jour, que l’on espère aussi palpitant que l’année dernière, donnera les clés à Archipel et sa folk langoureuse, Caandides signé également sur Cracki Records, Syracuse d’Antinote, le label de Zaltan. Le britannique Nightmare On Wax représentera la musique électronique – mais pas que – aux côtés de Jeremy Underground, digger invétéré et créateur du très respecté label My Love Is Underground, et Romare. Onyx, qui a remplacé au pied levé GZA, viendra aussi montrer tout son talent. Enfin, Trio Combo Brazil complète la programmation.

A noter que pendant les deux jours le Camion Bazar viendra amener sa magie habituelle accompagné de guests dont Mad Rey de D.KO Records et son live énergique. A n’en pas douter, le rendez-vous est déjà pris pour beaucoup, venez participer à la fête.


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A huge thanks to Daniel Wang and Antal for their words

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