Ah l’Islande… rien que de prononcer le mot, on revoit la nature à l’état sauvage, la pureté des paysages, l’esprit quasi extraterrestre qui règne ici, quel endroit…

Aller en Islande, c’est se rapprocher du cercle polaire, c’est arriver sur une ile où la nature est reine et où les 300 000 habitants vivent dans un respect et une proximité avec celle-ci tout à fait étonnante pour un parisien habitué au bitume et aux pics de pollution. Et ces conditions naturelles s’ajoutent à des conditions sociétales elles aussi particulières : l’Islande n’a pas d’armée, une police quasi inexistante, plusieurs années où aucun meurtre n’est commis…des faits étonnants qui nous montrent l’immense écart entre leur appréhension de la réalité et la notre et nous permettent d’essayer de comprendre le climat si paisible dans lequel vivent les islandais.

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Côté nature Le Routard nous avait prévenu, on ne fait pas 10 kilomètres en voiture sans s’émerveiller de paysages somptueux et on peut vous dire qu’ils ne nous ont pas menti ! L’ile est située sur la dorsale médio-océanique entre l’Europe et l’Amérique (une partie du pays est sur la plaque européenne, l’autre sur la plaque américaine), situation qui entraine une activité volcanique et géothermale importante avec de nombreuses manifestations comme les volcans (une multitude dont 130 sont actifs), les sources ou encore les geysers. Vous l’aurez compris, le pays de 100 000 km2 renferme ainsi des paysages complètement dingues, des sols volcaniques aux plages de sables noirs, des adorables fjords du nord aux majestueux glaciers du sud. Les éléments se mélangent, l’eau rejoint les volcans qui se perdent dans les nuages au milieu des roches volcaniques, c’est grandiose, époustouflant, absolument renversant !

On a le souvenir d’une virée en voiture de nuit à travers l’ouest islandais entouré de glace éclairée par la pleine lune et l’impression d’avoir quitté la planète Terre pour naviguer sur une mer chimérique d’une beauté rare. La lumière et les étoiles sont époustouflantes et c’est sans compter les aurores boréales… Ah les aurores boréales…si vous avez la chance d’en voir, le spectacle ne vous décevra pas, observer ses trainées vertes avancer dans le ciel comme si elles dansaient de manière si poétique et complètement irréelle est une expérience qui marque, soyez en surs !

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Et parce que l’Islande a mille douceurs à nous offrir, on découvre avec joie que Reykjavík est une ville très agréable, moderne et jeune aux antipodes des clichés qu’on peut entretenir sur le sujet. La vie n’est déjà pas aussi chère que ce que l’on nous avait raconté (elle est moins chère qu’à Paris) et surtout, on s’y sent bien, entre les petits coffee shops tranquilles, les bons restau et les bars où les islandais font ardument la fête à la nuit tombée. La population est jeune et vivante et la culture nordique très attirante que ce soit dans son gout pour l’épure et la simplicité ou bien dans la tranquillité de vie qu’elle distille. Reykjavík est une ville où règne en outre un fort bouillonnement artistique dans les nombreuses galeries et les rues qui recèlent de graffiti et autre street art mais aussi dans les musées comme le splendide Hafnarhus, musée d’art contemporain situé sur le port dans un ancien entrepôt de stockage du fret composé de grands espaces très bruts où s’allient béton et verre pour une résultat impressionnant.

Graff Reykjvik

On a aussi trouvé deux, trois boutiques de vinyles très sympathiques à l’image de Lucky Records, un grand espace détente où est réunie une sélection de vinyles éclectiques axée sur les musiques noires américaines dans une ambiance de graffiti et de gros fauteuils très agréable. On mentionnera aussi 12 Tonar, disquaire mondialement réputé pour sa sélection de musique islandaise et situé dans une petite maison adorable du centre de la ville.

IMG_5175Lucky Records

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SONAR REYKJAVIK : 

Très honnêtement on ne vous encouragera pas à y aller. Si jamais vous décidez de partir en Islande durant l’hiver, il peut être sympathique de faire coïncider les dates (surtout que le format est sur trois jours de 20h à 2h donc pas très fatiguant) mais on n’a vraiment pas compris pas les hordes de jeunes gens expliquant être venu « spécialement pour le Sonar » pour repartir à la hâte dès le dimanche matin alors qu’on se trouve dans un des pays les plus beaux et naturels au monde…

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Le principal atout du Festival est le lieu puisque les organisateurs ont eu la brillante idée de l’organiser dans l’Harpa Center de Reykjavík, ce qui permet de profiter de ce bâtiment incroyable pendant de longues heures. L’Harpa est sans doute l’une des plus belles créations architecturales dans laquelle il nous aura été donné de rentrer et l’œuvre de l’architecte danois Henning Larsen qui s’est associé à Ólafur Eliasson, un artiste contemporain d’origine islandaise connu pour travailler sur la surface et la lumière dans son génialissime atelier berlinois (dont on peut suivre les actualités sur la page Facebook ici). L’artiste qui commence par faire de la photographie en Islande intègre l’Académie des beaux-arts du Danemark dont il est diplômé en 1995 puis acquiert un petit studio d’architecte à Berlin qui va très rapidement devenir un emblème de l’art contemporain et du travail qu’il est possible d’effectuer sur la lumière et ses effets. Le studio déménage dans un grand entrepôt désaffecté quelques années plus tard et Ólafur Eliasson s’entoure d’une équipe pluridisciplinaire (historien, architecte etc) pour toujours aller plus loin dans ses recherches (« Un artiste est impliqué dans la vie, dans la réalité du monde, dans l’idée du progrès. Mon studio est construit sur cet engagement. ») et propose même à de prestigieux invités de le rejoindre le temps d’un projet à l’image du philosophe Paul Virilio ou du sociologue Bruno Latour.

Harpa

Sur l’Harpa, Ólafur Eliasson a réalisé toute la façade principale en quadrilatère de verre qui s’allument à la nuit tombée ainsi que la coloration de certaines parties des autres façades pour un résultat époustouflant lorsque les rayons du soleil viennent à passer à travers. Les espaces sont très ouverts du rez-de-chaussée au 4ème étage, ce qui donne une impression de majestuosité qui se retrouve dans la vue quasi permanente qu’on a sur l’extérieur et particulièrement sur le côté donnant face à la baie. Les éléments sont bruts, béton, verre et matières sobres constituent cet endroit où l’impression d’infini donné par le plafond composé de dizaines de petits miroirs est vraiment incroyable. Le Harpa, qui a été inauguré en 2011, dispose de plusieurs salles à l’acoustique excellente et autant de bars en plus d’un restaurant et de quelques boutiques dont une antenne de 12 Tonar. Pour un festival, l’endroit est donc parfait, les lieux sont pratiques, on n’attend jamais et c’est sans aucun doute l’un des plus beaux endroits au monde dans lequel il nous sera donné de faire la fête.

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Niveau programmation, on ne vous cache pas qu’on a été vraiment déçu, les scènes manquaient de réelle cohérence artistique (passer d’un live électronique planant à une espèce de pop sucrée n’est pas la meilleure des idées) et on ne partage par l’idée de privilégier quelques têtes d’affiches à la Kalkbrenner (qui d’ailleurs n’est pas venu) au détriment d’une sélection plus pointue sur toute la durée du festival. Car un autre atout du Festival était justement de proposer un grand nombre d’artistes islandais mais il aurait été intéressant d’aller jusqu’au bout de cette démarche et de leur laisser la part belle jusqu’au bout de la nuit, pas simplement en warm up pour la plupart.

On retiendra néanmoins quelques très bonnes découvertes qu’on voulait partager avec vous pour nous avoir laisser un souvenir mémorable à commencer par l’incroyable performance du musicien japonais classique Ryūichi Sakamoto avec l’américain Taylor Deupree, photographe et musicien électronique. Les deux nous ont concocté un live brillant, minéral et perché où chaque note cristalline et tranquille apporte une sensation particulière, une envie de prendre son temps, de découvrir le cosmos et de s’abandonner à la rêverie.

On a aussi beaucoup apprécié Kiasmos, un duo composé du pianiste classique Ólafur Arnalds et de Janus Rasmussen, leader du groupe islandais de pop électronique Bloodgroup. On était déjà fan d’Ólafur avant (qu’on avait déjà évoqué ici), en tant qu’artiste et pour son excellent label Erased Tapes Records (la page Facebook ici) qui recèle de trésors, il ajoute ici une autre corde à son arc avec un projet plus électronique et dansant où le piano garde une place prépondérante pour notre plus grand plaisir.

On citera aussi le DJ Viktor Birgiss auteur d’un live de début de soirée fort agréable et patron du label Lagaffe Tales, petit label islandais de deep house tout aussi agréable. Enfin, Natalie G. Gunnarsdóttir alias DJ Yamaho nous a offert un set oscillant entre house de Chicago et techno de Detroit au beau milieu du parking, un des moments les plus plaisants de ce festival…

Vous l’aurez compris, ce n’est pas la peine d’aller aussi loin juste pour le Sonar par contre, on ne peut que vous encourager vivement à aller visiter l’Islande, ce pays incroyable qui vous laissera, c’est certain, un souvenir impérissable.

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Alia.