Certaines sorties méritent qu’on leur prête plus d’attention que d’autres, en particulier lorsqu’elles apportent véritablement quelque chose. C’est ici le cas de la première sortie de la série Lehultsub du label Lehult, où Liem et Lucky Charmz – deux des pères fondateurs du label, coexistent sur un disque white label et pressé à peu d’exemplaires.

On entend le plus souvent et à juste titre que la house tire ses racines dans la musique afro-américaine – qui a vécu une période faste dans les années 60, 70 et 80. Le disco, la soul et la funk ont vu passer les grands noms de la musique contemporaine, suscitant encore aujourd’hui l’admiration et provoquant parfois la nostalgie. La nostalgie d’une époque où la musique prenait le pas sur le business et les apparences. Les premières fêtes au Paradise Garage avec Larry LevanKool And The Gang et Loleatta Holloway se retrouvaient sur les flyers, ont vu l’arrivée des edits de disco, de soul et de funk.
La volonté de proposer un mix sans coupures et sans interruptions a poussé les artistes émergents de la nouvelle scène house et garage à proposer des versions revisitées des classiques du genre, de Dee Dee Bridgewater à Diana Ross en passant par Ashford & Simpson.
L’objectif était aussi d’impulser un dynamisme à la soirée, le club ayant besoin d’ajouter cette touche électronique à des morceaux où les percussions se limitaient à une simple batterie.

Cette période a vu l’avénement du sample, comme premier matériel de la musique électronique et plus particulièrement de tous les pans de la house. On part d’une partie d’une pièce de musique, qu’elle soit instrumentale ou vocale, pour en construire un tout nouveau morceau avec une direction et une tonalité différente. On se retrouve ainsi souvent aujourd’hui à découvrir en premier la réinterprétation d’un morceau de disco pour tomber par hasard un jour sur l’original, se rendant compte ici de l’ingéniosité du producteur.
Nombreux s’y sont essayés et en font encore le point central de leurs productions, on pense ici à Soundstream dont les différentes sorties se sont basées principalement sur le sampling.
Plus récemment et pour rester chauvin, avec Discomatin, concept lancé par plusieurs acteurs de la scène parisienne où l’on écoute du disco et de la funk au lever du soleil. Parallèlement le label du même nom sort des edits dans la lignée de ceux que l’on entendait durant l’âge d’or de la King Street.

La série Lehultsub est l’occasion pour le label allemand de sortir une musique différente de ce qu’il a pu produire précédemment, sans marquer une totale rupture.
Liem est originaire d’Hamburg et est pour la première fois seul à la production d’un morceau. «If Only» est une ode à la house garage, le kick lourd est supplanté d’une boucle de synthé qui dure et reste dans les oreilles. Efficace dans sa construction et simple dans l’assemblage, le morceau prend un virage soul avec l’arrivée d’une vocale samplée sur le «If Only I Could» de Fusion Groove Orchestra.
La deuxième face est l’oeuvre Lucky Charmz qui était présent sur la première sortie Lehult et qui lui s’essaye à l’edit disco d’un des morceaux phares de Sylvester, «Over and Over».
On a ici affaire à un exercice de sampling différent avec «Buy Yourself A Friend», où la MPC – sampler à pads – semble jouer un rôle important dans la construction du morceau.

Le vinyle est sold-out un peu partout et les dernières copies voient à peine la lumière du bac chez les disquaires.
Jeremy Underground l’apprécie tellement qu’il le joue parfois 2 fois par set, comme à la vielle époque où le disco et la soul étaient rois.

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