Ah l’été parisien.. Cette chaleur écrasante qui chauffe le bitume et ce soleil de plomb qui nous fait languir de plage et de mer froide.. Heureusement, certains lieux nous offrent un rafraîchissement bien mérité, tout en régalant notre curiostié culturelle. C’est le cas de la Maison Européenne de Photographie, qui nous propose de découvrir le travail du photographe français Jacques Henri Lartigue.

La vie en couleurs. C’est ainsi que la MEP a nommé la rétrospective du travail de Lartigue. Et on n’aurait pas pu trouver meilleur titre à une exposition qui traduit autant la joie de vivre du photographe. En couleurs, le souligner est important, car cette partie de l’oeuvre de Lartigue fut très peu exhibée. En effet, c’est grâce à ses clichés en noir et blanc, exposés en premier lieu au Museum of Art Modern à New-York, puis dans le Life qui annonça la mort de Kennedy (en 1963), que l’oeuvre Jacques Henri Lartigue fut propulsée internationalement.

Mais cet artiste, né en 1894, n’a pas attendu la reconnaissance mondiale pour explorer son talent. Dès son plus jeune âge, l’appareil photographique ne le quitte pas. C’est son père qui, dès 1900, l’initie à la pratique, et lui offrira, à ses 8 ans, son premier appareil. L’œil curieux de l’enfance et cette insatiable envie de vouloir tout garder en images l’amène à prendre des photographies de tout, tout le temps. Les voyages en auto, les vacances en famille, les inventions farfelues de son grand frère, tout est prétexte à faire retentir le clic de l’appareil.

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© Jacques Henri Lartigue

Lartigue fut d’abord peintre, avant d’être photographe. En commençant la peinture en 1915, c’est d’abord par cet art qu’il se fera connaître, exposant dans divers salons à Paris et dans le Sud de la France. Le mélange des arts pour un artiste n’est jamais anodin, et cela se ressent fortement lorsque l’on se retrouve face à l’oeuvre photographie que l’artiste. L’utilisation de la lumière et la façon dont elle a de sublimer le sujet laisse sous-entendre une maîtrise parfaite de la couleur, preuve d’une modernité qui frôle le contemporain.

Connu pour ses clichés en noir et blanc de la Belle époque et des années folles, c’est pourtant sa façon d’aborder la vie quotidienne qui fascine. Peut-être est-ce dû à sa rencontre avec Doisneau en 1975, les deux s’influençant réciproquement. Son oeuvre est joyeuse, à croire que durant ces 80 ans, Jacques Henri Lartigue n’a jamais cessé de regarder le monde qui l’entourait avec des yeux d’enfant. L’humour aussi est bien présent. Comme l’écrit si bien René Barjavel en 1972, “Lartigue n’a pas vieilli d’une heure depuis sa première photo”.

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© Jacques Henri Lartigue

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© Jacques Henri Lartigue

La Maison Européenne de Photographie met donc l’accent sur cette oeuvre quelque peu méconnue de l’artiste. En séparant l’exposition en deux parties (« de 1912 à 1927 : les autochromes » et « à partir de 1949 : le film couleur »), la MEP nous offre un regard  sur le travail de toute une vie. Malgré 20 ans en noir et blanc, la couleur chez Lartigue est ce qui représente le mieux sa façon de traduire son quotidien. Ses femmes, ses voyages, les saisons qui passent et la beauté qui se traduit par la sensualité et la joie qui l’entoure. Dès ses 18 ans, le photographe a su capturer toutes ces petites choses, tout en retraçant et en documentant au fur et à mesure sa vie dans ses fameux carnets.

Je suis empailleur des choses que la vie m’offre en passant

Et ce qui frappe dans son travail, c’est cette spontanéité qui s’en dégage. Rien n’est calculé, rien n’est retouché, tout est une question de l’instant présent. C’est surement pour cela que Lartigue est une figure aussi importante de la photographie du XXe siècle. C’est donc une très belle exposition à aller voir, canicule ou non,  pour profiter de cet émerveillement enfantin qui nous manque parfois.

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© Jacques Henri Lartigue

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© Jacques Henri Lartigue

Informations pratiques :

La Maison Européenne de Photographie

5/7 Rue de Fourcy – 75004 Paris

Ouvert au public du mercredi au dimanche, de 11h à 19h45.

 

Photographie de couverture : © Jacques Henri Lartigue

 

 

Clemence

 

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