Le Djoon accueille l’artiste américain Jamie 3:26 vendredi 12 mai 2017 pour une première date en tant que résident du club, avant d’autres à venir. 

Connu pour ses nombreuses releases, et son style house, mélange de ses racines chicagoanes et d’influences européennes, Jamie 3:26 est un producteur natif de Chicago, et actif depuis la toute fin des années 1980 aux Etats-Unis. Il vient en Europe pour sa première date en 2002, mais c’est en 2013 qu’il gagne réellement en popularité en Europe, après la sortie remarquée de son morceau “Hit It N Quit It” sur le label du Dj Marcel Vogel, Lumberjacks in Hell. Sur la manière dont il est venu à la house et son nom de scène, il explique à Dure Vie en 2015 : “Je fais partie du label ParteHardy Records, géré par Ron Hardy le neveu de Bill Hardy… 3:26 est un hommage à l’esprit de Ron Hardy et des soirées au Music BoxC’est un mélange entre le tristement célèbre 326 de l’avenue Michigan, et la zone du tunnel Wacker. Je n’essaye pas de recréer ce qui a été fait mais cet endroit a influencé de nombreuses générations de Chicago, la mienne y compris”. 

Le DJ, qui passe beaucoup de temps en Europe dernièrement, n’en oublie pas pour autant sa ville natale, à laquelle il reste attaché et sur laquelle il pose un regard critique et honnête. Lorsque Jamie 3:26 est interrogé en 2013 par le magazine 5Chicago sur les divisons qui existent dans la ville entre le Nord et le Sud, et le fait qu’il joue partout dans Chicago, il explique:

“Peu importe ce que les gens en disent, Chicago est très ségrégué et cela joue un rôle sur beaucoup d’éléments, pas seulement la race. Roosevelt Street est une ligne Mason-Dixon imaginaire [depuis la fin de la guerre d’indépendance des États-Unis, la ligne Mason-Dixon était la ligne de démarcation entre les États abolitionnistes du Nord et les États esclavagistes du Sud]. Pour certaines personnes, ils n’iront pas plus au sud de Roosevelt Street, pour d’autres ils n’iront pas plus au nord. Et cela est dû à beaucoup de stéréotypes. Je vais être très honnête, il y a deux scènes house à Chicago, deux mondes. Il y a le monde de la house noir, et celui blanc. Je pense que j’ai été amené à faire partie des deux parce que je suis très divers dans ma musique, certaines personnes ne savent pas comment s’adapter musicalement, vous pouvez m’appeler le Rosa Parks de la house music (rires). Il y a beaucoup de DJs du South Side qui ne sont pas capables de jouer dans le North side à cause de stéréotypes, ils pensent que si tu es noir et que tu viens du South Side, tu vas jouer du disco et des musiques plus anciennes. Ils ne savent pas que nous avons en fait les mêmes gouts que quelqu’un du North Side par exemple. Tout le monde dans le South Side n’est pas intéressé uniquement par les vieux classiques, c’est un stéréotype que je me suis efforcé de casser. Certains m’ont même demandé, étonnées, “tu es un DJ du South Side?”, qu’est-ce que ça veut dire ? Je suis juste un DJ, ça n’importe pas d’où je viens. Certains m’ont même dit “Wow, je ne savais pas qu’un DJ du South Side pouvait jouer ça”… Vraiment ? La musique ne devrait pas avoir de barrières, mais Chicago a beaucoup de barrières imaginaires. Ca en est à un point où nous sommes habitués à la ségrégation, nous nous comportons comme si ce n’était rien. Tu ne te rends pas vraiment compte à quel point cette ville est ségréguée jusqu’à ce que tu ailles dans une autre grande ville.”

Jamie 3:26 est un artiste hybride, dans sa propre ville comme sur la scène européenne, où il joue un son bien à lui sans se soucier des différentes barrières qu’on peut lui imposer. Son répertoire est impressionnant, et l’on imagine que sa résidence au Djoon le sera tout autant. RDV vendredi pour en découvrir la première partie.

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Alia.