James Turrell est un artiste visionnaire qui n’en finit pas de nous émerveiller.

Turrell est un scientifique à part entière, qui se sert de ce savoir pour magnifier la nature et travailler ce qu’il affectionne plus : la lumière. Qu’elle soit artificielle ou naturelle, il l’étudie inlassablement pour offrir à l’oeil humain des havres de paix visuels qui évoquent des sensations particulières

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James Turrell

Né en Californie en 1943, Turrell obtient sa licence d’avion à l’âge de 16 ans puis un diplôme en psychologie de la perception. Il étudie ensuite les mathématiques, la géologie et l’astronomie mais va se voir arrêté et emprisonné durant un an, en 1966, pour avoir aidé des jeunes hommes à éviter d’être enrôlés dans la Guerre du Vietnam. Il obtient ensuite un master dans le domaine de l’art et se concentre sur la lumière et l’espace à travers plusieurs sortes d’oeuvres, toutes aussi sublimes et spectaculaires les unes que les autres.

Il débute ainsi dans les années 1970 sa série Skyspace qui consiste en des oeuvres architecturales conçues à chaque fois de la même manière : une pièce close relativement petite (pouvant accueillir 10 à 15 personnes) dans des couleurs neutres et dont le plafond est complètement ou partiellement ouvert afin d’observer le ciel. Il travaille également sur plusieurs bâtiments comme le musée Guggenheim à New-York dont il investit le hall en 2013 à l’occasion d’une grande rétrospective qui lui est dédiée. 

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Skyspace

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Skyspace à la Rice University, Houston

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Musée Guggenheim, New York City, 2013

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Twilight Epiphany, 2012

Parallèlement, il continue d’étudier la lumière artificielle et notamment les effets que celle ci peut avoir sur notre perception, comme par exemple avec les hologrammes et autres créations visuelles qui interrogent et explorent les capacités de notre cerveau et de notre vision. Il est notamment le créateur de tunnels et projections lumineuses dont les formes semblent posséder une masse, en réalité fictives puisque créées uniquement à partir de la lumière.

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Key Lime, 1994

 

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Afrum I, 1967 : “If the color is in the paint on the wall, then in making a structure and allowing light to enter it, the color will tend to ride on the walls. But if the color of the wall is white, which in one way is noncolor, the the light is allowed to enter the space riding on the light, and that color has the possibility of inhabiting the space and holding that volume rather than being on the wall.”

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Afrum, 2007

En plus de regarder, James Turrell nous invite aussi à nous immerger en créant aussi des pièces baignées de couleur, des « environnements perceptuels » dans lesquels le visiteur pénètre et doit rester un certain nombre de minutes avant de voir sa vision profondément modifiée, expérience que nous vous recommandons vivement si vous êtes un jour amené à croiser la route d’une des oeuvres de Turrell (“Light itself is becoming the revelation” selon Turrell lui même). Il est tout à fait étonnant de sentir sa vision se modifier (un peu comme si on voyait en 3d sans les lunettes) par le simple fait d’être plongée dans un univers coloré et encore plus encore, de ne plus pouvoir distinguer les murs autour, avec l’impossibilité de dire si ces derniers se situent à 3cm ou à 4 kilomètres.

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Inside

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Bridget’s Bardo, 2008

Enfin, pour parfaire ce travail sur la lumière, Turrell décide d’acquérir un cratère, oui oui vous avez bien lu, un cratère ! Il passe plusieurs années à sillonner le désert américain avant d’acheter le Roden Crater en 1979 et d’y construire un observatoire astronomique à l’oeil nu où l’on peut contempler les phénomènes célestes, sorte d’aboutissement d’une vie passée à travailler la lumière et l’espace… une vie rêvée en somme !

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Plan de James Turrell du Roden Carter

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Roden Crater, Flagstaff, Arizona

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Aile est du cratère vue de l’intérieur (skyspace)

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Roden Crater’ Eye

“…if you go to the Rocky Mountains, to a high altitude where it is cold, you see sky that is such a crisp blue you feel that you could cut it and put it in cubes! That is the kind of sky I want, and I have been able to get it by selecting the altitude. There are gradations near the horizon where the blue is lighter, and then gradually, toward the zenith, it gets deep. With Roden Crater I have taken out the first fifteen degrees of height by aiming the tunnel sight lines above that level. At that point you see thirty degrees less than one hundred eighty degrees. That is how you get that incredible color – by eliminating all of the white at the horizon.”

Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site de James Turrell ici

Toutes les citations sont tirées de l’article « Light Matters: Seeing the Light with James Turrell » de ArchDaily (http://www.archdaily.com/380911/light-matters-seeing-the-light-with-james-turrell/)

Alia.

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