L’anonymat semble être devenu un mode de vie pour le trio allemand Italojohnson, peu d’informations sont disponibles à leur sujet. Dans la continuitié, leurs sorties sur le label du même nom sont toutes nommées Untitled. De quoi cultiver un peu plus cette image mystérieuse voire presque mystique. La dernière en date ne fait pas exception.

Dans une incompréhension générale sur les différents réseaux de distribution de disques, Italojohnson a décidé de ne presser cette neuvième sortie qu’à 103 exemplaires. A l’instar de Perlon, ce choix a le plus souvent des répercussions négatives quant à l’augmentation significative de la valeur du disque.
Souvent critiquée, la spéculation – qui n’existe donc pas que sur les marchés de l’art ou financier – amène certaines personnes dénuées de tous sentiments à vendre des vinyles à un prix exorbitant avant même leur sortie.

Alors comment s’éprendre d’un trio d’artistes qui ne laissent rien filtrer, pas même leur ville de résidence actuelle ? Et ne vous fiez à leur patronyme, oubliez rapidement l‘italo-disco car elle n’a rien à faire ici. À la production depuis 2010 et comptant déjà une discographie imposante avec environ deux releases par an, Italojohnson qui n’est ni un label comme les autres, ni un groupe comme les autres se dit dépendant de l’analogue – qui comprend aussi bien les vinyles que les machines dédiées à la production.

On retrouve dans chacun des EPs une rigueur musicale qu’il est difficile de critiquer. N’ayant à faire qu’à eux-mêmes et ne sortant que leur propre musique, Italojohnson jouit d’une certaine liberté pour visiter les différents pans de la house. Parfois plus rugueuse et énergique tantôt plus travaillée et lente.

Dans la pure tradition Italojohnsonienne, la première face est réservée au morceau phare de la sortie et encore une fois, ils ne se sont pas trompés.
La qualité de la structure du morceau est remarquable, le travail effectué au niveau des percussions avec les boites à rythmes qui ressortent avec instance, est sans égratignures. Une house orientée dans l’esprit des grandes heures de Chicago et Détroit, où la vocale résonne dans une mélodie aigüe rappelant certaines productions de Ron Trent.

La «B1» peut se targuer d’une bassline incroyablement efficace, la 808 claque et les claps prennent à la gorge. On a comme le sentiment de retourner dans les années 90’s, les ajouts acid donnent un peu plus de relief tandis que la vocale grave et agressive donne ce côté dirty à l’ensemble. Enfin, le dernier morceau vient légèrement casser le rythme, allant explorer de nouveaux horizons où les synthés cohabitent ensemble pour un cheminement acidulé.

Italojohnson confirme à nouveau ses grandes qualités de production, toujours tournés vers l’analogique et qui n’ont rien à envier à la vieille garde.

Thibault

 

 

 

 

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