High Five presse donc ses citrons pour l’été, et d’en retirer une pulpe musicale riche en bonheur.

Qui ne rythme pas ses saisons au doux son de la musique ? Alors que certaines gammes vous donneront envie de se blottir sous une couette en position fœtale, d’autres donnent l’envie du départ sur les routes de France et de Navarre.

Or l’été est d’une douceur aigre, tant on en connaît ses étapes répétées indéfiniment, et pourtant on en redemande, encore et encore !

Tel un rite sacré, l’été se divise dans nos mémoires en périodes, puis chaque été se fractionne à son tour en segments distincts.

Et au tour de la musique d’accompagner ces souvenirs, qu’ils soient vagues ou précis, afin de les rendre inestimables.

On se rappelle tous du sentiment de puissance mêlé d’inconnu à l’arrivée d’une nouvelle destination estivale, et l’on court alors jusqu’à l’épuisement.

L’excitation est à son comble, et vite on file vers les vélos !

Un peu de Jam pour soutenir votre rythme cardiaque en cet instant saint.

Mais quelle fut fatigante cette première journée sur la plage, harassé du voyage et déjà rouge d’ultraviolets, on se laisse alors porter doucement par les écumes et l’iode.

Moomin n’en dirait pas autant, mais n’en évoque pas moins.

Reposés, nourris, requinqués, la fée des soirées sans lendemain prend le relais au rythme d’un disco time endiablé.

Toujours infestés d’une énergie incroyable, on se pète le crâne alors allègrement en s’éclatant les cordes vocales.

Accompagnés des Spinners, est-il possible d’aller mieux ?

Enfin, on allait oublier l’amour. Pourtant quoi de plus torride et rafraîchissant qu’un été empli d’une telle essence.

Lucio Battisti nous réveille, on se prélasse, on peut faire ce que les autres font – ou pas, et on profite, à deux.

Puis quoi, on s’extraie patiemment des nimbes de Morphée, avant de faire rouler ses corps bronzés les uns face à l’autre.

Le réveil s’en suit de la danse, celle du temps infini où aucun chronomètre calibré et infernal ne s’enclenche à la sortie du lit.

On s’amuse et on rigole avec Serge Gainsbourg.

Ajoutons un sel de reggae, ou encore quelques flûtes et sons soul. Oui, pensez à tous ces moments passés à jouer aux cartes, à débattre de la suite du programme, ou encore des courses à faire.

Finalement, rien de plus parfait et de plus simple. Et toujours un fonds sonore agréable, continuons avec l’ami Gainsbourg, ou encore Gil Scott-Héron et Brian Jackson.

La mélancolie s’invite alors peu à peu, certaines têtes disparaissent et rappellent une grisaille à laquelle on n’ose encore penser.

On pense à ceux-là qui repartent, et se rend compte du temps déjà écoulé, qui nous glisse entre les doigts !

On suivrait bien le soleil, n’est-ce pas messieurs les Beatles ?

Et pas de répit, la dernière soirée doit être la plus belle, on s’échauffe gentiment alors la trachée et les guiboles.

Années 60 et soleil d’été riment inévitablement, et une petite séance de twist avec les Beach Boys ne fera de mal à personne.

Et lorsque le ciel s’emplit définitivement d’étoiles, arrivés au bout du voyage, que les moins téméraires abandonnent, que l’indicible rangement approche lentement ; seuls les souvenirs restent.

Mais quels bons souvenirs ! Laissez vous porter par les magnifiques chœurs des Commodores.

Le brutal retour à la réalité se décline alors comme un énième départ.

Les plus chanceux partent vers d’autres horizons, s’accrochant à de futurs souvenirs aussi passionnants.

Les moins chanceux rentrent alors chez eux, s’accrochant à de futurs étés plus lointains.

Contemplez le paysage défiler sous vos yeux, en avalant le goudron ou les rails, et écoutez les Rolling Stones.

 

Quoi de plus motivant que cet itinéraire intemporel de l’été, celui qu’on emprunte à chaque fois, et qui ne nous lassera jamais !

Matthieu