L’été est bien là.  » Enfin ! dirait-on !  » Ah quoi ! Le voilà… ce temps sec et chaud, la chaleur lourde. On peut enfin rôtir ! La peau rouge, le nez violacé pour certains, le désespoir des peaux blanches et le refuge d’un parasol pour d’autres. C’est indéniablement une saison vulgaire : entre les jeunes pousses du printemps et les feuilles fatiguées de l’automne, on y gonfle ses muscles, on étire sa ficelle… On va même jusqu’à s’assaisonner de citron le cuir chevelu, comme on arroserait un espadon. Ça rend plus joli, parait-il.  On attend toujours l’été. L’été par-ci, par là…

Qu’importent le cuir, les couches de Biafine viendront lustrer tout l’artifice. On se pavane avec joie; l’illusion d’une peau bronzée, à jeter des oeillades aux alentours, fier comme un coq. Parfois, l’animal ébauche une tactique. Pour séduire sa poularde, il lui faudrait l’accessoire ultime, le coup de grâce. Le salut viendra par la musique. Qui n’a jamais compilé les morceaux de bossa nova, les râles des crooners, les petits sons de zoulettes, dans l’espoir qu’un jour, elle craquera pour ses illustres gouts musicaux.

 Loin de nous l’idée d’avancer une telle affirmation : tous les gouts sont dans la nature, on s’en rend compte bien trop facilement. Mais pourquoi ne pas vous donner un coup d’oeil, mon fier coq ?
Ah certes, les playlists estivales, ça ne manque pas sur la toile. On en trouve des milliers. On s’y perdrait… Et pourtant, ça reste amusant à faire. Mes amis, voici le début de nos playlists estivales. Chacun de nous vous délivrera une tripotée de petits morceaux, tous plus sympathiques les uns les autres.

 

 

Mesdames (ou messieurs), posons le cadre. Il y a ce beau garçon, tout près de vous. D’habitude, vous laissez venir, vous vous dites, bien sur(e) de vous, que le bougre fera le premier pas. Mais voilà que celui-ci joue aux mystères. Il délaisse vos oeillades, bien plus intéressé par sa lecture. The Last Holiday de Gil Scott-Heron. Avec votre roman de gare (on taira le nom), vous ne faites pas le poids. Qu’à cela ne tienne, vous dégotez votre premier atout.

 

À me relire, ce récit pourrait bien vite prendre la tournure d’une édition  » spéciale drague  » du magazine Elle. ou bien  » Mincir en deux semaines « . Certes, les  » c’est mon histoire «  de ce magazine sont charmantes. J’admire le/la stagiaire qui invente chaque semaine ces récits brulants, mêlant adultère et liberté. Brillant. Allez, on dégaine un classique.

 

Probablement un des meilleurs morceaux pour faire l’amour. Ou s’endormir. Ou les deux.

 

Je me suis rendu compte il y a peu que Matthew Herbert avait composé ce morceau. Un gars a même écrit une thèse sur ce producteur. Un génie quoi. Le titre est évocateur, le début encore plus. On y entend un garçon de café, on s’imagine aisément dans ce Paris vide et quelque peu triste du mois d’Aout. Mais enfin, Paris, vide, sans personne, sans agitation. C’est une aubaine, un trésor rare.

Efficace comme jamais.

Une chanson niaise à souhait, mais si mignonne.

Celle-ci aussi. Ma préférée de loin. Terriblement mignonne.

Imaginez la scène. Vous rentrez très fortement alcoolisé.  » Comme ma faim est grande… Oh ce buffet, ce repas gargantuesque, à moi les poulardes, les piperades en verrines, le gaspacho de melon, les lasagnes aux légumes et ricotta, le cuissot de chevreuil sauce grand veneur, la burata finement tranché sur un lit d’huile d’olive vierge, et mille patisseries… » Oh le goinfre, qui d’une bouchée avale mille mets. Imaginez un peu le festin, avec cette musique en fond.

Finissons ainsi. Demain l’automne.

Dayras. 

© Photographie par Afl Jagnell.  » Hvar, Jelsa in Croatia« .