Après des sorties très remarquées sur le prometteur Voyage Recordings ainsi que sur Echolvolt Records, Harvey Sutherland revient avec un EP à deux titres sur le label de Pablo Valentino et Motor City Drum Ensemble. Retour avec l’artiste sur un disque qui s’avère être une véritable palette de couleurs sonores.

Si la notion de live est aujourd’hui devenue sujette à débat – là où l’analogique et le digital jouent sur deux fronts différents, Harvey Sutherland repense le sien autour de ses productions et ne laisse aucunement place à la critique.
À le voir se déchainer sur son Juno-60 à la première D.KO Night au Rex Club il y a quelques semaines, cette notion prend une autre dimension et on assiste à un tout autre genre d’exercice où les improvisations sont les bienvenues.
On imagine alors chacune de ses compositions pensées pour le live, ce à quoi nous répond Harvey Sutherland.

The live set is definitely a starting point for a lot of my records. If I come up with a particularly interesting idea I’ll try and remember it or save the recording for later.

Avant de rajouter,

Rex Club was insane.

Et le premier mot qui ressort après la première écoute est sans doute « complet », aussi bien au niveau de la construction des morceaux, que de la justesse technique et des sonorités employées.
L’artiste australien qui avait déjà fait ses preuves auparavant dans un style qui pourrait s’apparenter à un mélange entre du disco et du jazzfunk futuriste, signe ici un EP de grande facture.
Originaire de Melbourne, le lien entre le personnage au nom de super-héros et le label MCDE Records co-géré par Danilo Plessow et le français Pablo Valentino n’est pas facile à établir au début, il nous éclaire par la suite.

Danilo played one of my old records (“Low Altitude” as Mike Kay) in a podcast, so I emailed him and we started talking. He’s a real inspiration as a selector and producer, so it’s great to have worked with him on this.

Il y a quelque chose de rafraichissant dans ce que nous propose Harvey Sutherland, loin des codes habituels dictés par la musique électronique.
Son univers semble refléter celui d’un adulte toujours bercé par ses rêves d’enfants, à l’image de l’une des vidéos qui est venue illustrer sa musique sur Voyage Recordings.
La face A vient rappeler les grandes heures du duo Air et ses envolées lyriques, intemporelles.
«Bermuda» est un fourmillement d’idées, là où l’ennuie n’a pas sa place. A chaque break, une nouvelle idée, une nouvelle sonorité vient s’ajouter à celles déjà nombreuses. Si on semble tout de même reconnaitre une patte particulière dans toutes ses productions, Harvey Sutherland s’en défend.

I tried not to make another record like the Voyage one, I’m interested in moving forward and trying to nail a particular sound – I’ve been listening to a lot of jazz funk and fusion stuff, so that’s certainly an inspiration. A halfway point between records like Quazar and nicely-mixed “FM” yacht rock.

C’est finalement le trait funk de l’EP qui ressort le plus, notamment dans le rythme et la construction des morceaux.
«New Paradise» vient assoir une note plus kitsch et véritablement réussie, les synthés en pagaille ravivent les sens. Toujours avec cet accent futuriste et moderne.
Harvey Sutherland donne un nouvel élan à la musique électronique, en s’inspirant des différents genres dont elle se réclame tout en les transformant.

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We deeply thank Harvey Sutherland for his answers
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