Christopher Rau est le plus souvent affilié aux labels Smallville Records et Aim mais il avait surpris son monde avec un premier EP en 2013 sur le très jeune Dérive Schallplatten. Le morceau «Simple Setup» avait été un moment phare de sa discographie, cette nouvelle sortie ne fait pas exception.

Le natif d’Hambourg au sourire indélébile est sans doute le producteur le plus éclectique de la bande Smallville, en témoigne les artworks colorés qui ont orné ses deux LP sur ce dernier. On retrouve de tout dans ses compositions aussi bien dans les sonorités que dans la rythmique. A l’image de ses sets oscillants entre tous les styles, Christopher Rau ne fixe pas de limite aux mélanges parfois osés mais novateurs.
Si l’adage habituel sépare les productions de la collection de disque, pour en faire deux notions bien distinctes, Rau tend à les rapprocher pour à l’arrivée piocher dans chacune.
Son alias méconnu Rhythmus Günther vient explorer les frontières de la techno qu’il utilise à bon escient dans ses sets tout autant qu’un morceau obscur de disco.

Dérive Shallplatten lui permet ainsi d’explorer de nouveaux horizons et ainsi se détacher un temps de ce qu’il peut faire habituellement sur les autres labels dont il fait parti.
Le «Vol.4» avait suivi un morceau du bonhomme sur la première sortie Dérive aux côtés d’autres artistes sur un Various. Souvent désigné comme la track de 2013, «Simple Setup» avait élargi à nouveau le panel de Christopher Rau, proposant une sorte de nimbe hypnotique qui avait beaucoup séduit.

La face A s’oppose intelligemment à la face B. Les morceaux n’ont sans doute pas été choisis au hasard. Quand l’un débute dans une quiétude reposante l’autre se voit coiffer d’un kick agressif et lourd.
On reconnait à la première seconde le sample «Set It Out» de Midway datant de 1984 – également utilisé par Omar-S. «People Sea» vient déjà faire exception, l’utilisation de vocales dans les productions de Christopher Rau se fait très rare et on les compte sur les doigts de la main.
Le démarrage est volontairement lent, le synthé prend la part belle et résonne.
Les percussions s’accélèrent mais la majorité du morceau évolue sans basse, la note poussée par l’arpégiateur couplé aux synthés rend l’atmosphère spéciale. Un temps mort est marqué avant que le morceau ne reprenne la structure du début et finisse par partir.
Privilégier une construction lente de plus de cinq minutes autour de la mélodie est un choix intelligent, se démarquant des productions qui choisissent un démarrage forcé.

Sekt É Ron est l’exact opposé et vient illustrer l’éclectisme du producteur tout autant que son ouverture d’esprit.

Sekt É Ron means nothing. It’s a made up name… But it could also be a drink like sparkling wine with rum 

La face B démarre donc par un kick lourd, peu accueillant. Elle vire rapidement dans une techno dub avec deux notes où le reverb est appuyé avant que les percussions viennent changer la physionomie du morceau. On retrouve ainsi un peu de Rick Wade et de Scott Grooves, tout devient entrainant voire hypnotique dans la répétition des notes. Le travail en fond crispe et tout semble s’accélérer. De nouvelles vocales presque inaudibles viennent se rajouter aux éléments déjà présents.
Dérive Vol. 5 vient explorer un nouveau terrain de jeu avec un Christopher Rau qui semble se renouveler à chaque sortie.

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