Il est de ces artistes qui ne travaillent pas pour la notoriété et la reconnaissance du tout public.

 

On pense tout particulièrement au meneur de Running Back Gerd Janson, introuvable sur la blogosphère et pourtant si présent dans le petit monde de la musique électronique. Homme charismatique et jouisseur jamais rassasié, il avait presque fait oublier la présence de Christopher Rau au Rex en décembre dernier, ayant la lourde tâche de succéder au ténor mais finalement renversant les rôles en faisant exploser le nightclub parisien de joie et l’emmenant pendant deux heures dans un autre monde.

 

Mais c’est bien de cet autre ténor,  Christopher Rau, qu’il est question aujourd’hui. Signé chez les plus grands, il sillonne les clubs et encanaille nos sens avec des tracks toujours plus abouties. Que cela soit chez Smallville, Running Back, Pampa Records, ou encore Aim Records, les EP sont de qualité et font parler d’eux.

 

Alors, quand on voit un tel « palmarès », on peine à comprendre ces décisions qui font des artistes des personnes à part, loin des préoccupations concrètes de nous autres matérialistes de la première heure. Ces décisions qui vous font sortir des productions quasi incognito, dans un seul record store (celui de Smallville en l’occurrence), ces décisions qui font finalement le plus plaisir à nos oreilles quand on les découvre.

 

C’est totalement par hasard que j’ai découvert ce Vol. 4 de Dérive, en procrastinant tendrement en attendant le skype d’un ami. Il s’en est fallu de peu pour que Facebook ne me retire ce post de mon fil d’actualité, et à la vue de la qualité des trois tracks je ne peux que me réjouir de la politique propagandiste du géant bleu.

 

Dérive, c’est le projet de trois amis vivant à Hambourg, « a small house and techno label ». En 2008, Christopher Rau, Björnski & Maximilian lancent donc cette petite maison de production tout en douceur, avec comme objectif de se laisser partir à la dérivemusicalement, de ne pas suivre une ligne directrice de label mais de laisser libre court à ses envies.

 

« We are all into the deep varieties of Techno and House, but within that broad framework of music we feel free to drift ».

 

Après, si ce n’était pas Rauaux commandes, c’est évident qu’on serait moins tenté, mais bon, après tout pourquoi pas !

 

Avec quatre volumes en cinq ans, ce projet se révèle alternatif mais loin d’être dénué d’intérêt. On y retrouve par exemple dans « dérive 001 » la superbe « Ne travaillez jamais » de Christopher Rau, ou dans « dérive 003 » cette track d’Achim Maerz « Haters Gonna Hate » qui mêle samples redondants et basses rebondissantes.

 

Trois productions sortent pour chaque nouveau volume, de quoi remplir un vinyle, et un style qui bien que non institutionnalisé révèle sa patte au fil des écoutes. On sent que Christopher Rau  est leader charisma du projet, les sorties du label ressemblant toutes peu ou prou à la signature musicale de l’allemand.

 

Facile donc d’apprécier dérive, notre oreille se laissant emporter dans l’univers de la petite maison hambourgeoise.

 

Et encore pus facile d’être charmé par ce Vol. 4, totalement produit de la main de Christopher Rau.

 

Sans doute la track qui m’a le plus touché, je ne me lasse pas de l’écouter et de la réécouter. Un fond junglesque, une ligne de basse inconstante, un sample de crécelles et on est séduit. Arrive ensuite un vocal en fond qui donne une belle consistance à « Simple Setup », un vocal qu’on avait pu apprécier avec le reste de la track dans le dernier podcast Beat In Space #629 signé Rau.

dérive nous dit « that this fine tune could have to capability of becoming a true « summer hit » – unfortunately we will release it not until september 2013 ». Un mal pour un bien finalement, cela donne à cette rentrée un rayon de soleil supplémentaire qui sait se faire apprécier.

 

Du classique Rau somme toute, mais bon, on en redemande.

 

On peut enfin mettre un label sur cette track ovni sortie il y a une grosse année sur les réseaux sociaux. 6 minutes de ballades romantiques – ou « mélancoliques » selon le label, mêlées à une constance dans le sample font de cette face B une belle production à écouter sur son canapé, une bière à la main et le soleil couchant entrant par la fenêtre mal fermée.

 

Face B2. Athens.

 

Impossible de trouver en ligne cette Face B2, sinon en pré-écoute ici. Mais du peu qu’on en entend et de par les conseils de dérive d’écouter « Athens » sur un « good sound system to enjoy its profund sub bass », je ne peux m’enquérir d’attendre la sortie numérique (pas encore de record store à KL obviously).

 


A écouter sans retenue, ou à acheter en vinyle ici.
La page facebook de dérive pour rester à l’affut.
Et la notre, pour diffuser la bonne parole.

Amaury.

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