Qui dit été dit festivals à foison. Entre les Distortion, Dekmantel, et autres boats partys en Croatie ou en Sicile, il y a de quoi faire pour s’en prendre plein les oreilles. Mais pas besoin de casser sa tirelire pour profiter du bon son les pieds dans le sable. Le festival Cabourg Mon Amour nous démontre qu’un festival réussi peut aussi se trouver à 2h de Paris, du moment qu’on ait la bonne recette.

C’est sympa l’été à Paris. Les quais se remplissent, les open air pullulent, les tournois de pétanque durent jusqu’à pas d’heure, parfois même sous l’orage, et il y a même un carré de plage pour ceux qui voudraient ressentir cette douce sensation du sable entre les doigts de pieds – même si le nuage de pollution n’est jamais loin. Mais il n’empêche qu’un petit week-end à la mer n’est pas de refus, surtout en plein milieu de ces deux mois de canicule parisienne. Et d’autant plus lorsqu’on allie plaisir des sens aux jolies découvertes musicales. C’est le programme que nous propose depuis 3 ans le festival Cabourg Mon Amour. Vous l’aurez compris, cette fois-ci on vous emmène dans cette fameuse station balnéaire de Normandie, entre plateaux de fruits de mers et dj set au coucher de soleil.

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Agua Roja © Jean Lim

 

Qu’il est bon de pouvoir s’échapper de la torpeur parisienne pour profiter des bonnes effluves de la Manche! Après une grosse semaine de travail (et oui, il y en a qui bosse, même durant les vacances d’été), on cours au travers des longs couloirs des métros pour réussir à ne pas louper notre covoit patiemment garé à l’une des portes de Paris. L’accueil se fait avenant, et c’est parti pour deux heures et demie de voiture, l’esprit déjà ailleurs. L’arrivée à Cabourg se fait en douceur, même si l’impatience est bien présente. Tellement présente qu’on se dépêche de récupérer les clés de notre air bnb, de prendre une douche et un petit verre de rosé et nous voilà déjà les pieds dans le sable.

Arrivant un peu trop tard pour le set de Bambounou, on profite quand même des énormes coussins posés sur le sable au son de Bon Entendeur, entre un Club Maté dans la main et le coucher du soleil qui joue à cache cache derrière les nuages. Juste le temps de jouer une partie de pétanque et de s’enfiler un burger du Réfectoire qu’on file sur la deuxième scène bétonnée du festival. Car oui, cette année, Cabourg mon Amour voit les choses en (un peu plus) grand. Cette fois-ci, les organisateurs nous ont gâté avec deux scènes, une sur la plage, et une autre, celle de La Dune, sur une partie bétonnée de la promenade. On plaint les voisins, mais le festival se finissant à minuit, c’est peut-être eux les mieux lotis. Surtout lorsqu’on voit les gros nuages noirs pointer le bout de leur nez. Les frites finies, on a juste le temps d’enfiler notre k-way avant que l’orage éclate. Mais ce n’est pas ces grosses gouttes chaudes qui nous empêcheront de danser !

Et justement, Isaac Delusion monte sur scène, bravant la pluie et le vent. Et quelle claque ! Première fois en live pour ma part, ça saute dans tous les coins, le public reprend en cœur leurs chansons,  c’est une bonne grosse dose d’énergie qui se dégage du groupe. Suffisamment pour s’amuser à éviter les parapluies qui se distillent dans le public et sautiller à contre vent jusqu’au bar pour épancher notre soif.  Isaac Delusion finit sur un magnifique Pandora’s Box accompagné d’un djembé en folie qui ravivera plus d’un festivalier.

S’en suivra un live de Torb, où leurs machines analogiques nous emporteront dans leur techno froide et légèrement industrielle, faisant ressentir leurs influences du krautrock et de Détroit. Quel plaisir de finir cette journée sur une découverte pareille !

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 Torb © Peglar Photographie

Mais Cabourg Mon Amour ne nous laissera pas sur notre faim comme ça. En effet, après les festivités de la plage, direction le Casino pour une after party qui s’annonce – sur le papier – plutôt appétissante. Nous y ferons un court passage, malgré la terrible envie d’aller danser sur les pépites sonores qu’Anthony Naples promet de nous passer, l’ambiance de cette after party ayant eu raison de notre motivation. Rendez-vous pris le lendemain, avec le soleil qui sera lui aussi de la partie.

On se réveille  en douceur, un café face à la mer, le soleil se montrant doucement. Les copains débarquent, et c’est parti pour la demie-heure de recherche de restaurants ouverts après 14h. Et oui, Cabourg est certes une station balnéaire fortement visitée durant l’été, il n’en reste qu’elle garde ses horaires annuelles ! Qu’importe, on finit par trouver un restaurant ouvert, dont on ne se plaindra pas grâce à sa terrasse nous faisant profiter pleinement de cette plage quasi déserte et de ce soleil qui commence à s’installer durablement. Un plateau de fruits de mer englouti et quelques bières au compteur, c’est l’esprit joyeux et avec les coups de soleil qui apparaissent que l’on descend sur la plage. La tentation est trop forte pour ne pas mettre les pieds dans l’eau, malgré les timides 20 degrés annoncés. Et d’ailleurs on ne sera pas les seuls à vouloir en profiter, certains  s’y plongeant carrément en maillot de bain. On s’avance donc heureux et déja un peu soûl dans cette arène de sable et sourires.

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© Peglar Photographie

Du deuxième jour, on retiendra principalement le set de Ron Morelli, ainsi que les concerts d’Agua Roja et de Curtis Harding, très belle découverte soul qui nous change un peu de ces festivals branchés techno. C’est aussi ça Cabourg, on passe de scène en scène sans réellement savoir ce que les programmateurs nous réservent comme surprise.

L’éclectisme est de mise pour un festival né il y a seulement 3 ans, sur un coup de tête d’une bande de potes. En effet, quoi de mieux qu’un festoche entre copains sur la plage où l’on passe nos vacances depuis l’enfance ? Romain Renou – fondateur du festival – engendre l’idée. En bossant à côté dans l’agence Premier Amour, le nom est trouvé et devient un joli clin d’œil à la ville qui l’accueille depuis tout petit. En accentuant sa programmation sur la découverte, sans se cantonner à un seul genre musical, Cabourg Mon amour fidélise un public doté d’une certaine curiosité. Certes les têtes d’affiche sont bien présentes, mais il faut un peu plus qu’un gros poisson pour appâter les curieux. Et cette année, la pêche aura été bonne ! En s’associant avec les agences Super et la BlogothèquePremier Amour nous prouve qu’un projet, même s’il est conçu autour de quelques bières, s’ancre dans la durée non seulement par sa bonne organisation, mais aussi grâce à ses partenaires de jeu qui savent capter et retransmettre l’esprit qui s’en dégage.

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Après cette deuxième journée, pas d’after party au Casino pour nous, qui préféreront rentrer tranquillement dans notre maison plutôt que de s’agglutiner dans une salle où la moquette est certes flamboyante, mais pas assez glissante pour une piste qui se veut dansante.

Le troisième jour, le temps normand aura eu raison de nous, la pluie et le vent étant de la partie on se dit que le petit dej au lit nous semble bien plus clément. Mais ça ne déstabilise pas le festival, qui faute de pouvoir se tenir sur la plage se déplacera dans le Casino. On loupe Jacques et Superpoze, mais qu’importe on reviendra l’année prochaine pour sur ! On peut le dire, définitivement Cabourg, mon amour !

Toutes les informations sur le site internet du festival juste ici ou sur leur page Facebook juste là 

Clemence

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