A l’occasion de la rétrospective de Brassaï qui a lieu à l’Hôtel de Ville de Paris, retour sur la vie et l’œuvre de cet oiseau de nuit.

Brassaï, de son vrai nom Gyula Halasz, naît le 9 septembre 1899 en Transylvanie (la Hongrie d’aujourd’hui). Après avoir suivi les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Budapest ainsi que ceux de l’Académie des Beaux-Arts de Berlin-Charlottenburg, il arrive à Paris en 1924, au prémisse de ce qu’allait être la grande époque du surréalisme. Il travailla d’abord pour quelques magazines hongrois et allemands, avant de faire la connaissance du photographe André Kertész, qu’il accompagnera dans nombres de ses reportages. Mais ce n’est qu’à partir de 1929 que Brassaï réalisera ses premières images, après qu’une amie lui ai prêté un appareil. A la suite de ces essais, il décide d’acquérir un Voigtländer Bergheil et commence son apprentissage en photographiant les objets qui l’entourent à grande échelle, afin d’en détourner leur sens premier.

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                                                                                             Pont Neuf ©Brassaï

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                                                                                           Rue de Lappe ©Brassaï

Après s’être adonné au dessin et à la peinture durant ses études, l’artiste se consacre alors à la photographie et choisit d’agir la nuit, déambulant dans les rues de Paris. La nuit, douce complice du photographe, lui permettra de jouer avec les masses, les ombres et les formes que lui offre le ballet incessant des lumières artificielles des lampadaires.

Et c’est grâce à ses virées nocturnes que Brassaï rencontrera le Tout-Paris artistique des années folles, allant de Léger, Desnos, Le Corbusier ou encore les frères Prévert, à Picasso (en 1932). Avec ce dernier, il liera une longue amitié, et il en tirera un livre, « Conversations avec Picasso », reprenant leurs longues discussions et permettant au lecteur de mieux comprendre la complexité de l’esprit et l’œuvre de l’artiste. Picasso, subjugué par les clichés de Brassaï, lui demandera de photographier ses sculptures jusqu’alors inconnues, photos qui paraîtront par la suite dans le premier numéro de la revue « Le Minotaure« , référence à l’époque de tout ce qui se faisait en matière de surréalisme.

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                       Picasso et une de ses sculptures ©Brassaï

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                                                    Brassaï et Picasso

En plus de magnifier la ville, l’artiste réussit le pari d’apporter un autre regard sur ces choses qui, à force de faire parties du quotidien, en deviennent banales. Sa perception de Paris et de ses détails lui permet de sortir le réel de son contexte, lui donnant un je-ne-sais-quoi fantasmagorique.

Brassaï se prit aussi de passion pour les graffitis, gravés dans les murs de la ville, les reproduisant dans des petits carnets, en n’oubliant pas de noter leurs emplacements. Et même à travers ces photographies, qui relèvent plus du reportage que de la photo d’art, on ressent le talent de l’artiste, réussissant à rendre compte de leurs reliefs. Il en fit même un recueil, « Graffiti« , accompagnant ses images de textes sur sa vision de la vie, la mort ou  l’amour.

L’exposition démontre à quel point Paris n’a cessé d’être une source d’inspiration pour Brassaï. On pourrait reprocher les petits formats des tirages mais on se ballade avec plaisir entre des clichés de la ville endormie, et ceux de la vie populaire parisienne représentant les ouvriers du quartier des Halles, les danseurs du bal de la mi-Carême ou encore l’allégresse des fêtes des bars de quartiers.

L’Hôtel de Ville de Paris propose donc cette rétrospective jusqu’au 8 mars 2014, et c’est gratuit alors aucune raison de ne pas en profiter !

Clemence

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