Nos impressions sur l’exposition « The Starts were aligned for a century of new beginnings » de l’artiste égyptien Basim Magdy qui se tient du 10 décembre au 19 mars au fameux musée d’art contemporain de Chicago. C’est la première exposition d’envergure de l’artiste dans un musée américain. 

Basim Magdy aime jouer sur plusieurs tableaux. D’abord éduqué à la peinture, l’artiste né en 1977 en Egypte, s’essaie ensuite au papier et canvas comme support idéal pour ses œuvres colorées aux accents surréalistes. Il se dirige ensuite vers la photographie et le cinéma, bouclant ainsi sa boucle artistique et se dévoilant sous différents aspects selon le medium choisi. Mais plus que l’individuel, le travail de Basim Magdy aborde des thèmes contemporains et universels. Son oeuvre explore depuis une quinzaine d’années l’imaginaire collectif du public, particulièrement celui qui a trait au futur, faisant de son travail une critique de notre société, pour mieux évoquer un avenir meilleur. Côté technique, outre la peinture, Basim Magdy se tourne vers des techniques particulières comme celle d’appliquer des colorants et produits chimiques artisanaux sur ses photographies et ses films. Il en ressort un côté résolument pop, avec des couleurs vives et magnifiques, et des œuvres poétiques, auxquelles l’artiste donne souvent des titres réfléchis et décalés.

16144007_10154097538806466_446106516_nUn mur de l’exposition “The Stars were aligned for a century of new beginnings” au MCA de Chicago, janvier 2017

Le musée d’art contemporain de Chicago (MCA) prend en compte les multiples aspects de l’artiste et livre une exposition riche qui constitue une parfaite introduction au travail de Basim Magdy. De nombreuses œuvres audiovisuelles sont exposées, ainsi que des œuvres sur papiers et tableaux choisis pour leur couleur, leur aspect pop qui pour le MCA « parle à notre ambition collective d’un futur utopique, et de l’échec inhérent à toute aspiration humaine ». They Endorsed Collective Failure as the Dawn of a New Renaissance, The Bitterness of What Could Have Happened et What Ended Up Happening ou The Dent, sont autant de travaux qui illustrent bien la pensée critique et colorée de Basim Madgy, le tout dans un espace du MCA lui même gorgé de couleur que le musée a réalisé à l’intention des oeuvres de l’artiste. L’artiste présente également An Island Recalls the Tangled Details of Its Past Life as a Poem of Solitude and Unrecorded Events, une œuvre spécialement commanditée par le MCA à l’occasion de cette exposition et qui s’intéresse aux obsessions de l’humanité à travers des d’îles aux apparences mythologiques.

They Endorsed Collective Failure as the Dawn of a New Renaissance,They Endorsed Collective Failure as the Dawn of a New Renaissance, 2013.

Une autre exposition de Basim Madgy qui se tenait au Jeu de Paume vient tout juste de se terminer. L’artiste y présentait No Shooting Stars, un film et une réflexion autour de l’inconnu, des limites du savoir et du mystère qui vient ensuite. Comme l’explique le Jeu de Paume :

« Certains des films de Basim Madgy sont comme des essais visuels empreints de surréalisme, qui captent l’espace où s’engouffrent désirs vains et désillusions. Ce sont des réflexions pleines d’humour et de scepticisme sur les utopies, qui mettent en question les faits scientifiques et nos espoirs de contre-utopies. Le récit, dans ces films, prend souvent place à l’instant qui précède la révélation que notre vision idéalisée de l’avenir tourne court. The Dent (2014), par exemple, décrit l’effervescence qui s’empare d’un petit village à la perspective d’être sélectionné pour les Jeux Olympiques. Lorsque les habitants, qui n’ont pas ménagé leur peine, comprennent que l’échec est inévitable, ils changent de stratégie et immobilisent un cirque […].

Le point de vue adopté par Madgy est celui de l’observateur extérieur, qui interroge ce qui pousse les hommes à vouloir fabriquer des mythes collectifs. Ses films exposent les aspirations et idéologies qui guident les actions mises en œuvre par l’homme afin de construire la cohésion du groupe, soit en exagérant l’importance du mythe fondateur, soit à l’inverse en faisant accroitre l’idée d’un avenir glorieux […]. Dans les récits de Magdy, la mise en œuvre d’un but élevé est presque toujours sujette à désillusion dès lors que les grands desseins se voient confrontés à la réalité et les individus contraints de se résigner à la banalité du quotidien ».

Que ce soit à Chicago ou à Paris, Basim Madgy insuffle sa vision surréaliste de notre société à travers des oeuvres colorées et vivantes qui sont autant de réflexions qui nous amènent à penser un futur meilleur.

Basim Magdy, The Dent, 2014. Super 16 mm film transferred to Full HD video, 19 minutes, 2 secondsThe Dent, 2014. Super 16 mm film transferred to Full HD video, 19 minutes, 2 seconds.

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PageImage-509975-5151871-image002Shots in the volcanic and arid landscape of Lanzarote, the slide projection presents a sequence of post-apocalyptic landscape images that propose the phantom existence of a record for a possible future memory, 2013.

The Universe Stopped to Gaze at our Footprints (no. 1), 2014, lightbox, 110 x 110 cm.The Universe Stopped to Gaze at our Footprints (no. 1), 2014.

PageImage-509975-3455596-ba50c8153bBringing the Sun Back to Earth on a Blue Day, 2011.

2d496cfd7a104fed-Scan0029copyAn Apology to a Love Story that Crashed into a Whale, 2016.

 

Crédit photos Basim Madgy. Visitez son site internet ici.
Oeuvre de couverture “Fate Brought Us to the Shores of a Lava Lake at Dawn” (no. 1),
2014.

Alia.